Cessation LMNP 2026 : le guide fiscal complet après la réforme LF 2025
Cesser son activité LMNP en 2026 suit une procédure stricte : radiation INPI sous 30 jours, dépôt de la liasse 2031 de cessation sous 60 jours (art. 201 CGI), calcul de la plus-value avec réintégration des amortissements depuis le 15 février 2025 (art. 150 VB III CGI), sort des ARD, déclaration 2042-C-PRO en N+1. Selon LMNP.AI, un oubli ou une erreur de timing peut coûter 10 000 à 50 000 EUR d'impôt évitable.
Ce guide LMNP.AI vous accompagne pas à pas : procédure en 7 étapes, délais impératifs, calcul exact de la plus-value post-réforme, sort des ARD (amortissements réputés différés), stratégies LMP vs LMNP, arbre de décision, 4 cas pratiques chiffrés, 16 FAQ. Mis à jour le 8 septembre 2026 avec la réponse ministérielle n° 10097 (AN, 24 mars 2026), seule prise de position publiée à ce jour sur l'article 84 de la LF 2025.
Abréviations utilisées : ARD = amortissements réputés différés (fraction non déduite, reportable sans limite de durée, et imputable sans plafond sur le bénéfice de l'exercice où le bien cesse d'être loué, art. 39 C, II, 3 CGI) · CFE = Cotisation Foncière des Entreprises · TMI = Tranche Marginale d'Imposition · PS = Prélèvements Sociaux (18,6 % sur le résultat BIC, 17,2 % sur la plus-value immobilière) · VEFA = Vente en l'État Futur d'Achèvement · EDI-TDFC = canal de télétransmission fiscale · DMTO = Droits de Mutation à Titre Onéreux · Prorata temporis = au prorata du temps écoulé dans l'année.
Mis à jour le 8 septembre 2026 · Temps de lecture : 25 min
Fondateur de LMNP.AI et du cabinet Hagnéré Patrimoine, gestionnaire de patrimoine certifié CIF (n° ORIAS), COA (courtier en assurance) et COBSP (courtier en opérations de banque). Spécialiste de la fiscalité LMNP depuis plus de 10 ans, intervenant régulier sur les médias patrimoniaux.
Voir le profil complet →Alerte LF 2025 : depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits pendant la location sont réintégrés dans le calcul de la plus-value (art. 84 LF 2025, codifié au nouveau III de l'art. 150 VB CGI). Pour un bien amorti 80 000 € sur 10 ans, cela peut représenter un surcoût d'impôt de +22 000 à +28 000 € à la revente. Ce guide explique comment minimiser l'impact.
Références légales mobilisées dans ce guide
- Art. 201 CGI — déclaration de cessation sous 60 jours
- Art. 150 U, 150 VB (dont nouveau III issu LF 2025), 150 VC CGI — plus-value des particuliers, réintégration des amortissements, abattements durée détention
- Art. 1609 nonies G CGI — surtaxe progressive sur PV > 50 000 €
- Art. 39 C II, 156 I 1° ter CGI — amortissements réputés différés (ARD) et report du déficit BIC non pro sur 10 ans
- Art. 151 septies, 151 septies B, 41 CGI — exonérations PV professionnelle LMP et sursis d'imposition transmission
- Art. 155 IV CGI — critères LMP (23 000 EUR + recettes > autres revenus d'activité)
- Art. 257 bis CGI — dispense TVA en cas de transmission d'universalité
- Art. 207 III annexe II CGI — régularisation TVA par vingtièmes
- Art. 669, 779 CGI — barème démembrement, abattements succession / donation
- Art. 1728 CGI & L64 LPF — majorations 10/40/80 % et abus de droit
- Art. R.123-37 Code de commerce — délai de 30 jours radiation INPI (guichet unique)
- Art. L.631-12 et L.631-13 CCH — résidences étudiantes et seniors (exclusion légale)
- Art. 84 LF 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025) — instauration de la réintégration
- Aucun commentaire BOFiP au 8 septembre 2026 — ni instruction ni rescrit n'a été publié sur le III de l'art. 150 VB : seuls le texte de loi et la réponse ministérielle n° 10097 font foi
- Rép. min. n° 10097 AN (24 mars 2026) — portée temporelle et cas du micro-BIC
- Cons. const. 8 février 2018 n° 2017-689 QPC — censure de la condition d'inscription au RCS figurant au VII de l'art. 151 septies ; celle de l'art. 155 IV a été supprimée par la LF 2020
- CE 24 avril 2019 n° 419912 — amortissement de l'usufruit en BIC meublé
Sommaire
- Cessation totale ou simple interruption ? Les 6 cas qui déclenchent la cessation
- Comment cesser son LMNP : la procédure en 7 étapes
- Comment calculer la plus-value LMNP post-LF 2025 ?
- Le sort des ARD : le piège le plus méconnu
- LMP ou LMNP : lequel choisir avant la cession ?
- 4 cas pratiques chiffrés
- 5 stratégies légales pour minimiser l'impôt
- Quelles sont les 8 erreurs à ne surtout pas commettre ?
- Arbre de décision : quelle stratégie de sortie en 2026 ?
- Jurisprudence clé 2024-2026
1. Cessation totale ou simple interruption ? Les 6 cas qui déclenchent la cessation
Première question fondamentale : êtes-vous vraiment en cessation d'activité LMNP ? Parce que toutes les « pauses » ne se valent pas fiscalement. L'enjeu est énorme : une cessation formelle mal déclarée expose à une taxation d'office, une simple interruption tolérée ne déclenche aucune obligation.
Le Code général des impôts (art. 201 CGI) définit la cessation comme la fin définitive de l'activité imposable. Concrètement, voici les 6 situations qui déclenchent formellement une cessation LMNP :
| Situation | Cessation déclenchée ? | Conséquence principale |
|---|---|---|
| Revente du bien meublé | Oui, cessation totale | Plus-value + réintégration amortissements |
| Passage en résidence principale | Oui, cessation totale | Pas de plus-value immédiate, ARD perdus |
| Passage en location nue | Oui, cessation BIC puis revenus fonciers | Pas de PV, ARD perdus, changement catégorie fiscale |
| Décès du propriétaire | Oui, cessation automatique | Purge fiscale, nouvelle base pour héritiers |
| Donation du bien | Oui, cessation du donateur | Purge fiscale, droits de donation |
| Changement d'usage (commerce, bureaux) | Oui, cessation totale | Plus-value, bascule régime fiscal |
| Interruption temporaire < 12 mois | Non | Obligations déclaratives maintenues |
Concrètement, une simple interruption temporaire (bien vacant entre deux locataires, travaux prolongés, rénovation) n'est pas une cessation. Vous restez actif fiscalement, vous continuez à déposer votre 2031 chaque année (même à zéro, art. 170 CGI), la CFE reste due. L'activité est considérée « en sommeil » tant que vous avez l'intention de relouer.
Bon à savoir : l'administration tolère une mise en sommeil jusqu'à 12-24 mois pour des travaux ou une recherche de locataire. Au-delà, sans nouvelle location, elle peut requalifier en cessation de fait et appliquer rétroactivement les règles de cessation (avec majorations). Conservez toutes les preuves de votre intention de relouer : annonces, factures de travaux, mandats d'agence.
Cessation partielle vs totale : un point crucial pour les multi-biens
Si vous détenez plusieurs biens LMNP sous un même SIRET, la cession d'un seul bien n'est pas une cessation d'activité. Tant qu'un bien meublé continue à être loué, votre activité LMNP perdure : pas de 2031 de cessation, pas de radiation INPI, vos ARD sont préservés et continuent à s'imputer sur les bénéfices des autres biens.
Conséquence pratique : si vous anticipez des cessions multiples, conservez volontairement au moins un bien en location meublée active jusqu'à la dernière cession. Cela vous permet de consommer vos ARD accumulés et d'éviter leur perte définitive. Principe de consolidation BIC (BOI-BIC-BASE-10-20).
2. Comment cesser son LMNP : la procédure en 7 étapes chronologiques
La cessation LMNP n'est pas une formalité unique : c'est un enchaînement de 7 étapes avec des délais stricts. En manquer une, c'est prendre le risque d'une taxation d'office ou de majorations 10 à 40 %. Voici la feuille de route.
Étape 1 — Qualifier la cessation (jour J)
Avant tout formulaire, déterminez la date effective de cessation et sa nature. C'est cette date qui déclenche tous les délais. Pour une revente : date de l'acte authentique de vente. Pour un passage en résidence principale : date du départ du dernier locataire + emménagement. Pour un décès : date du décès. Pour une donation : date de l'acte notarié.
Cette date sert aussi à arrêter les comptes intermédiaires : la liasse 2031 de cessation couvrira la période du 1er janvier de l'année jusqu'à cette date. Les amortissements seront calculés prorata temporis sur cette période partielle.
Étape 2 — Radiation INPI sous 30 jours
Rendez-vous sur formalites.entreprises.gouv.fr (Guichet Unique INPI), rubrique « Cesser l'activité ». Remplissez le formulaire de cessation, téléversez votre pièce d'identité, signez électroniquement. La démarche est gratuite et traitée sous 5 à 10 jours.
Conséquences immédiates : votre SIRET LMNP est radié, vos obligations CFE prennent fin (avec prorata temporis). L'INSEE vous adresse une attestation de cessation. Conservez-la : elle sera utile pour l'URSSAF, la banque, et vos interlocuteurs professionnels.
Délai impératif : 30 jours à compter de la cessation effective (art. R.123-37 C. com.). Au-delà, amende de 4e classe 750 € (art. R.123-225 C. com.) et maintien artificiel de vos obligations (CFE notamment).
Étape 3 — Liasse 2031 de cessation sous 60 jours
C'est l'étape centrale. L'article 201 CGI impose le dépôt de la liasse 2031-SD de cessation dans les 60 jours suivant la cessation effective. Cette liasse spéciale couvre l'exercice écourté (du 1er janvier à la date de cessation).
Contenu : la 2031-SD principale + toutes les annexes 2033-A à 2033-G arrêtées à la date de cessation. Les amortissements sont calculés prorata temporis (par exemple, 6 mois sur 12 si cessation au 30 juin). Dépôt en EDI-TDFC via un partenaire habilité : la télétransmission de la déclaration de résultats et de ses annexes est obligatoire pour toutes les entreprises relevant d'un régime réel, quel que soit leur chiffre d'affaires (art. 1649 quater B quater CGI). Le dépôt papier n'est pas une option de repli.
Concrètement, la plupart des logiciels LMNP (dont LMNP.AI) génèrent automatiquement la liasse de cessation si vous paramétrez la date. Si vous êtes sans comptable, prévoyez 2-4 heures de travail ou faites-vous accompagner pour éviter les erreurs de déclaration du résultat final, souvent complexes (plus-value, ARD, réintégrations).
Étape 4 — Calcul de la plus-value
Si la cessation résulte d'une cession onéreuse (revente, échange), vous devez calculer et déclarer une plus-value. Le régime dépend de votre statut :
- LMNP : plus-value des particuliers (art. 150 U CGI) + réintégration des amortissements depuis LF 2025 (art. 150 VB III CGI). Détails en section 3.
- LMP : plus-value professionnelle (art. 39 duodecies CGI) + exonération possible art. 151 septies si recettes < 90 000 € HT et activité > 5 ans.
Si la cessation ne résulte pas d'une cession (passage en RP, location nue) : pas de plus-value immédiate. Elle sera calculée si et quand vous revendrez le bien plus tard.
Étape 5 — Sort des ARD
Point critique souvent oublié. Les amortissements réputés différés (art. 39 C II CGI), c'est-à-dire les amortissements que vous n'avez pas pu déduire lors des exercices déficitaires, s'imputent en principe sur les bénéfices ultérieurs sans limite de durée. Mais le 3 du II de l'article 39 C encadre précisément leur sort : lorsque le bien cesse d'être donné en location au cours d'un exercice, le stock non déduit s'impute sur le bénéfice de cet exercice sans le plafond annuel, et l'excédent se reporte sur les bénéfices des exercices suivants ; en cas de cession, il majore la valeur nette comptable retenue pour le calcul de la plus-value ou de la moins-value. Le vrai risque porte donc sur le seul solde que ce dernier exercice n'absorbe pas.
Cette perte peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros d'économie fiscale évaporés. Nous y revenons en détail en section 4.
Étape 6 — Déclaration N+1 sur 2042-C-PRO
L'année suivant la cessation (généralement en mai-juin), vous devez intégrer les résultats dans votre déclaration de revenus annuelle :
- 2042-C-PRO : report du résultat de l'exercice écourté. En LMNP au réel : 5NA en bénéfice, 5NY en déficit (au micro-BIC, ce sont les recettes brutes qui vont en 5NI, 5NG ou 5NH). En LMP : 5KC en bénéfice, 5KF en déficit.
- 2048-IMM : déclaration de la plus-value immobilière des particuliers (LMNP).
- 2031-SD et annexe 2033-C : plus-values et moins-values professionnelles du LMP, reportées ensuite en 2042-C-PRO. Le formulaire 2065-SD est la déclaration de résultats de l'impôt sur les sociétés : un loueur en meublé professionnel personne physique ne le dépose jamais.
L'impôt sur la plus-value est en principe réglé par le notaire au moment de la signature de l'acte (LMNP) ou par acompte (LMP). La déclaration N+1 confirme le calcul et déclenche éventuellement un solde ou un remboursement.
Étape 7 — CFE et obligations sociales
Deux derniers points à régler. CFE : l'année de cessation, vous devez la CFE prorata temporis (art. 1478 I CGI). Si vous cessez au 30 juin, vous payez 50 % de la CFE annuelle. Ce dégrèvement n'est pas automatique : il s'obtient par une réclamation adressée au service des impôts des entreprises (messagerie de l'espace professionnel ou courrier), accompagnée de l'avis de CFE, de la notification de radiation et de l'avis de situation Sirene, recevable dès la parution de l'avis et jusqu'au 31 décembre de l'année suivante. Le 1447-M-SD est une déclaration de CFE, ce n'est pas le véhicule d'une cessation. Réserve du texte : le prorata ne joue pas en cas de cession ou de transfert de l'activité exercée dans l'établissement (art. 1478, I, al. 2 CGI).
Obligations sociales (LMP uniquement) : depuis le 1er janvier 2023, il n'existe plus de démarche URSSAF distincte ni de liasse P4. La cessation déclarée au guichet unique (formalites.entreprises.gouv.fr) est transmise par celui-ci aux organismes sociaux et fiscaux, qui notifient ensuite la radiation. Les cotisations restent dues jusqu'à la date de cessation retenue, et la régularisation définitive intervient après déclaration du revenu professionnel de l'année de cessation.
3. Comment calculer la plus-value LMNP post-LF 2025 ?
C'est la grande nouveauté 2025, et probablement la raison pour laquelle vous lisez ce guide. La loi de finances 2025 (art. 84), applicable aux cessions à compter du 15 février 2025, impose désormais de réintégrer les amortissements déduits dans le calcul de la plus-value des particuliers pour les LMNP au réel (art. 150 VB III CGI).
Voici la méthode complète, étape par étape :
Prix de cession net
Prix de vente HT moins frais de cession (diagnostics, commission d'agence à charge du vendeur, mainlevée d'hypothèque).
Prix d'acquisition majoré
Prix d'achat + frais notaire (7,5 % forfait ou réel) + travaux d'amélioration justifiés (15 % forfait après 5 ans ou réel, art. 150 VB II CGI). Attention : le 4° du II écarte les dépenses « déjà prises en compte pour la détermination de l'impôt sur le revenu ». Les travaux qu'un LMNP au réel a déduits ou amortis lui sont donc fermés au réel, et seul le forfait de 15 % reste ouvert pour ceux-là.
Réintégration des amortissements (LF 2025)
Minorer le prix d'acquisition du cumul des amortissements déduits sur le bâti pendant la période de location meublée (art. 150 VB III CGI). Exceptions : résidences services (étudiantes, seniors, EHPAD), micro-BIC, transmissions gratuites.
Abattement pour durée de détention
Art. 150 VC CGI — exonération progressive de l'IR 22 ans et des PS 30 ans (voir tableau détaillé ci-dessous).
Imposition
IR 19 % + PS 17,2 % = 36,2 % + surtaxe progressive 2 à 6 % si PV nette > 50 000 € (art. 1609 nonies G CGI).
Tableau détaillé des abattements (art. 150 VC CGI)
| Durée détention | Abattement IR | Abattement PS | Imposition effective |
|---|---|---|---|
| 0-5 ans | 0 % | 0 % | 36,2 % |
| 6 ans | 6 % | 1,65 % | 34,8 % |
| 10 ans | 30 % | 8,25 % | 29,1 % |
| 15 ans | 60 % | 16,5 % | 21,9 % |
| 21 ans | 96 % | 26,4 % | 13,4 % |
| 22 ans | 100 % (exo IR) | 28 % | 12,4 % |
| 25 ans | Exonéré | 55 % | 7,7 % |
| 30 ans | Exonéré | 100 % (exo totale) | 0 % |
Surtaxe sur plus-values élevées (art. 1609 nonies G CGI)
Au-delà de 50 000 € de plus-value nette après abattement, une surtaxe progressive s'applique :
| Plus-value nette | Taux surtaxe |
|---|---|
| 50 000 à 100 000 € | 2 % |
| 100 000 à 150 000 € | 3 % |
| 150 000 à 200 000 € | 4 % |
| 200 000 à 250 000 € | 5 % |
| > 250 000 € | 6 % |
Concrètement, un bien amorti 80 000 €, revendu 280 000 € après 10 ans (acheté 200 000 €), subit une plus-value recalculée de 160 000 € au lieu de 80 000 € pré-réforme. Après abattement 10 ans (30 % IR, 8,25 % PS) : PV IR imposable 112 000 € × 19 % = 21 280 €, PV PS imposable 146 800 € × 17,2 % = 25 250 €. Surtaxe 3 % sur 112 000 € = 3 360 €. Total ~49 890 €, soit environ +27 000 € de surcoût lié à la réforme.
4. Le sort des ARD : le piège le plus méconnu
Voici un piège que même certains experts-comptables oublient. Pendant vos années de location, il est probable que vos amortissements aient dépassé votre résultat imposable certains exercices. Dans ce cas, l'article 39 C II CGI place la fraction non déduite en réserve : ce sont les amortissements réputés différés (ARD).
Tant que vous êtes actif, cette réserve est un trésor fiscal. Elle se reporte sans limite de durée sur les bénéfices ultérieurs. Dès qu'une année génère un résultat positif, les ARD viennent l'absorber. Pour comprendre ce mécanisme, consultez notre guide complet de l'amortissement LMNP.
Ce que dit le texte (art. 39 C, II, 3 CGI) : le stock d'ARD n'est pas anéanti par la cessation. L'exercice où le bien cesse d'être loué, il s'impute sur le bénéfice de cet exercice hors plafond annuel, l'excédent étant reporté sur les exercices suivants ; et en cas de cession, l'amortissement non déduit majore la valeur nette comptable servant au calcul de la plus-value, ce qui réduit directement la plus-value professionnelle d'un LMP. Le vrai piège est celui du solde : si le dernier exercice ne dégage pas assez de bénéfice et qu'aucun autre bien meublé ne prend le relais, l'excédent reste sans emploi. En LMNP, la plus-value relevant du régime des particuliers, ce solde ne réduit rien — mais il n'est pas non plus réintégré, le III de l'art. 150 VB ne visant que les amortissements « admis en déduction ». Le BOFiP n'a commenté ni ce point ni l'art. 150 VB III au 8 septembre 2026.
Concrètement, Paul a accumulé 40 000 € d'ARD sur 10 ans de location. Il revend son unique bien en 2026 et cesse son activité. Ces 40 000 € s'imputent d'abord, sans plafond, sur le bénéfice de l'exercice 2026 arrêté à la date de cessation (art. 39 C, II, 3 CGI) ; seul le solde que ce dernier exercice n'absorbe pas reste sans emploi, faute d'exercice ultérieur. Chaque euro laissé sans emploi représente 0,486 € d'économie fiscale évaporée (TMI 30 % + PS 18,6 %), soit jusqu'à 19 440 € si aucun bénéfice ne vient les absorber.
Stratégies pour sauver ses ARD
Il existe deux leviers légaux pour préserver votre stock d'ARD avant cessation :
5. LMP ou LMNP : lequel choisir avant la cession ?
Question stratégique fondamentale post-LF 2025 : faut-il rester LMNP ou basculer LMP avant de vendre ? La réponse dépend essentiellement de deux variables : votre durée de détention et votre niveau de recettes.
Rappel rapide des deux régimes à la cession :
| Critère | LMNP | LMP |
|---|---|---|
| Régime plus-value | Particuliers (art. 150 U) | Professionnelle (art. 39 duodecies) |
| Réintégration amortissements | Oui (LF 2025 art. 150 VB III) | Oui (principe PV pro) |
| Abattement durée détention | IR 22 ans / PS 30 ans | 10 %/an au-delà de la 5e, sur la seule fraction à long terme (art. 151 septies B) |
| Exonération totale | À 22 ans (IR) et 30 ans (PS) | Art. 151 septies : totale si recettes < 90 000 €, dégressive jusqu'à 126 000 €, activité professionnelle depuis au moins 5 ans. Recettes appréciées en moyenne sur les deux années civiles précédentes |
| Surtaxe PV > 50 000 € | 2 à 6 % | Non applicable |
| Contraintes en amont | Aucune | Cotisations SSI ~30 % pendant détention |
Concrètement, pour un investisseur avec des recettes inférieures à 90 000 € HT et plus de 5 ans d'activité, le LMP est massivement plus avantageux à la cession grâce à l'exonération art. 151 septies CGI. Mais il faut avoir basculé 5 ans avant la cession et assumé les cotisations SSI pendant ces 5 années.
Attention abus de droit : l'administration surveille les bascules LMP opportunistes 1-2 ans avant cession. Une requalification en abus de droit (art. L64 LPF) entraîne majoration 80 %. Un LMP doit résulter d'une situation économique objective (recettes, proportion vs autres revenus), pas d'un montage. Consultez un avocat fiscaliste avant toute bascule stratégique.
Stratégie bonus : l'art. 151 septies B CGI (abattement long terme)
L'article 151 septies B CGI offre un abattement de 10 % par année de détention au-delà de la 5e, d'où une exonération totale à 15 ans — mais sur la seule fraction de la plus-value à long terme. Or, sur un bien amorti, la plus-value est à court terme à hauteur des amortissements déduits (art. 39 duodecies CGI) : cette fraction, souvent la plus lourde, échappe à l'abattement. Le dispositif n'a certes aucun plafond de recettes, mais il suppose un immeuble affecté à l'exploitation, ce qui exclut le LMNP, dont les locaux sont des immeubles de placement (BOI-BIC-PVMV-20-40-30, § 210). Et avant d'y recourir, épuisez l'art. 151 septies : entre 90 000 et 126 000 € de recettes, l'exonération y est dégressive, au taux (126 000 − recettes) / 36 000.
Concrètement, un investisseur LMP avec 120 000 € de recettes qui détient son bien depuis 12 ans bénéficie d'un abattement de 70 % (7 années au-delà de la 5e × 10 %) sur la seule fraction à long terme de sa plus-value. Sur une plus-value de 100 000 € dont 60 000 € correspondent aux amortissements déduits, seuls les 40 000 € de long terme sont abattus : la base tombe à 12 000 €, tandis que les 60 000 € de court terme restent imposés au barème. À 120 000 € de recettes, il conserve en outre une exonération dégressive de (126 000 − 120 000) / 36 000 = 16,7 % au titre de l'art. 151 septies.
6. 4 cas pratiques chiffrés
Cas 1 — Jean, 58 ans, médecin, Lyon : revente 8 ans après acquisition
Jean a acheté un T3 à Lyon en 2018 pour 280 000 € (frais de notaire 21 000 € déjà inclus). Il l'a loué meublé au régime réel, avec un amortissement du bâti par composants de 9 200 €/an (gros œuvre 80 ans, toiture 35 ans, installations 15-30 ans) soit 73 600 € cumulés en 8 ans — le mobilier, amorti à part, n'entre pas dans la réintégration. Il vend en 2026 pour 360 000 € net vendeur. TMI 41 %.
| Étape calcul | Montant |
|---|---|
| Prix d'acquisition majoré | 280 000 € |
| Réintégration amortissements LF 2025 | −73 600 € |
| Prix acquisition corrigé | 206 400 € |
| Plus-value brute | 360 000 − 206 400 = 153 600 € |
| Abattement IR 8 ans (6 % × 3 = 18 %) | PV IR imposable 125 952 € |
| IR 19 % | 23 931 € |
| Abattement PS 8 ans (1,65 % × 3 = 4,95 %) | PV PS imposable 145 997 € |
| PS 17,2 % | 25 111 € |
| Surtaxe 3 % (PV 125 952 > 100 000 €) | 3 779 € |
| Total à payer | 52 821 € |
Avant LF 2025, la plus-value de Jean aurait été de 80 000 € au lieu de 153 600 € : IR sur 65 600 € à 19 % = 12 464 €, PS sur 76 040 € à 17,2 % = 13 079 €, surtaxe de 2 % sur 65 600 € = 1 312 €, soit 26 855 €. La réforme lui coûte donc +25 966 €. Les ARD éventuellement accumulés pendant la location seraient également perdus à la cessation totale.
Cas 2 — Martine, 68 ans, retraitée, Bordeaux : passage en résidence principale
Martine a acheté un studio à Bordeaux en 2010 pour 120 000 €. Amortissement cumulé : 48 000 € sur 16 ans + 15 000 € d'ARD non consommés. En 2026, elle décide d'y emménager comme résidence principale après son divorce.
Conséquences fiscales immédiates :
- Cessation d'activité LMNP déclarée sous 60 jours (art. 201 CGI).
- Pas de plus-value immédiate (pas de cession onéreuse).
- ARD : les 15 000 € accumulés s'imputent sans plafond sur le bénéfice de l'exercice 2026 arrêté à la date de cessation (art. 39 C, II, 3 CGI) ; le solde non absorbé reste ensuite sans emploi, faute d'activité meublée ultérieure.
- CFE prorata temporis sur l'année de cessation.
Conséquences fiscales différées : si Martine revend plus tard son bien devenu résidence principale, elle bénéficiera de l'exonération totale de plus-value de résidence principale (art. 150 U II 1 CGI). Elle doit simplement occuper le bien de manière effective comme résidence principale pendant 12-24 mois avant revente (pas de durée stricte mais une intention réelle).
Stratégie gagnante : passer en résidence principale permet à Martine d'échapper à la réintégration des amortissements. Si elle revend après 2 ans de RP à 180 000 €, sa plus-value est exonérée. Par rapport à une revente directe en LMNP — plus-value recalculée de 180 000 − (120 000 − 48 000) = 108 000 €, soit après 16 ans de détention 36 720 € × 19 % = 6 977 € d'IR et 88 398 € × 17,2 % = 15 205 € de PS — elle évite ainsi environ 22 200 € d'impôt.
Cas 3 — Philippe, 72 ans, retraité, Nice : LMP avec exo art. 151 septies
Philippe a investi en résidence étudiante à Orsay en 2015 pour 180 000 € HT (TVA récupérée 36 000 €). Amortissement sur 11 ans : 75 000 €. Recettes annuelles de ce lot 7 200 € HT ; avec ses autres locations meublées, le foyer encaisse 31 000 € de recettes, au-dessus du seuil de 23 000 € de l'art. 155 IV du CGI et très en deçà des 90 000 € de l'art. 151 septies. Sa pension de retraite étant inférieure à ces recettes, la seconde condition de l'art. 155 IV est également remplie : il relève du statut LMP depuis 2020 — un statut qui se constate, il ne s'opte pas. Il revend 220 000 € HT en 2026 (activité LMP depuis 6 ans).
| Étape calcul | Montant |
|---|---|
| Prix cession HT | 220 000 € |
| Plus-value pro (art. 39 duodecies) | 115 000 € (220 − 180 + 75 amort.) |
| Exonération art. 151 septies (recettes < 90 k et activité > 5 ans) | 0 € |
| Réversion TVA (9/20 × 36 000 €) | 16 200 € |
| Net encaissé | 203 800 € |
Démonstration du levier LMP : Philippe possède une résidence étudiante, expressément exclue de la réintégration des amortissements (art. 150 VB III al. 2 CGI). En LMNP, sa plus-value aurait été de 220 000 − 180 000 = 40 000 €, imposée sur deux bases distinctes après 11 ans de détention : IR sur 40 000 × 0,64 = 25 600 € à 19 %, soit 4 864 €, et PS sur 40 000 × 0,901 = 36 040 € à 17,2 %, soit 6 199 € — au total 11 063 € d'impôt. Grâce au LMP + art. 151 septies (recettes < 90 000 EUR, activité > 5 ans), il échappe entièrement à l'imposition sur la plus-value. Il reste 9 années sur 20 de régularisation TVA → reversement 9/20 × 36 000 = 16 200 € de TVA. Gain LMP vs LMNP : environ 11 100 € économisés sur l'impôt plus-value, dont il faut retrancher les six années de cotisations sociales de travailleur indépendant, dues même en l'absence de bénéfice.
Cas 4 — Sandra, 42 ans, architecte, Paris : donation à son fils
Sandra possède un appartement Paris 11 acheté 320 000 € en 2017 (frais inclus). Amortissements 54 000 € cumulés sur 9 ans. En 2026, elle donne à son fils de 25 ans pour soutenir son installation. Valeur déclarée de la donation : 410 000 € (valeur vénale au jour de l'acte).
Conséquences pour Sandra :
- Cessation d'activité LMNP dans 60 jours (art. 201 CGI).
- Pas de plus-value (donation ≠ cession onéreuse, BOI-RFPI-PVI-10-20-10 §40).
- ARD éventuels perdus.
Conséquences pour le fils :
- Droits de donation : abattement 100 000 € parent-enfant (art. 779 I CGI) → base taxable 310 000 €. Barème progressif art. 777 CGI : ~60 194 € de droits (tranches 5 à 20 %).
- Purge fiscale : la valeur vénale 410 000 € devient la nouvelle base d'amortissement. Le fils redémarre un nouveau LMNP sur cette base, pas sur les 320 000 € d'origine.
- Stratégie optimale : démembrement (Sandra garde l'usufruit, le fils reçoit la nue-propriété, art. 669 CGI réduit la base taxable).
Optimisation avancée : en démembrement à l'âge de Sandra (42 ans), la nue-propriété vaut 40 % et l'usufruit 60 % (tranche 41-50 ans, art. 669 CGI). Les droits de donation seraient calculés sur 164 000 € (40 % × 410 000) au lieu de 410 000 €, soit une base taxable après abattement 100 000 € de 64 000 € : économie de ~50 000 € de droits. Sandra continuerait à percevoir les loyers (usufruit) et céderait la nue-propriété à son fils.
7. 5 stratégies légales pour minimiser l'impôt
Détenir 22 ans minimum (exo IR totale)
À partir de 22 ans, l'abattement IR atteint 100 %, mais l'abattement de prélèvements sociaux n'est encore que de 28 % : 72 % de la plus-value recalculée après réintégration restent taxés à 17,2 %. La réintégration n'est donc neutralisée qu'à 30 ans, quand l'exonération devient totale (IR et PS). Stratégie utile pour les biens détenus depuis plus de 10 ans, à condition de chiffrer le reliquat de PS entre 22 et 30 ans.
Investir en résidences services (exclusion légale)
Résidences étudiantes, seniors (CCH L631-13), EHPAD : expressément exclues de la réintégration (art. 150 VB III al. 2 CGI). Double avantage : TVA récupérée 20 % à l'entrée + pas de réintégration à la sortie. Pour comprendre, voir notre comparatif neuf/ancien.
Transmettre par donation / succession
La donation et la succession emportent purge fiscale : pas de plus-value, valeur vénale devient la nouvelle base. Les droits de mutation sont à la charge du donataire/héritier mais bénéficient d'abattements (100 000 € par enfant, art. 779 CGI) renouvelables tous les 15 ans.
Précision juridique — Sursis d'imposition art. 41 CGI : si l'héritier ou le donataire reprend l'activité LMNP dans les mêmes conditions, la plus-value latente est placée en sursis d'imposition (pas de purge pure, mais un report). Les amortissements antérieurs ne sont pas réintégrés au moment de la transmission, mais pourront l'être lors de la revente ultérieure par l'héritier. Distinguer la simple purge (héritier qui cesse) du sursis (héritier qui continue).
Basculer LMP 5 ans avant cession
En LMP avec recettes < 90 000 € HT et activité > 5 ans, exonération totale PV pro (art. 151 septies). Stratégie puissante mais à anticiper : la bascule doit être objective (seuils 23 000 € + recettes > autres revenus), pas opportuniste. Sinon risque abus de droit (art. L64 LPF).
Passer en résidence principale avant revente
Occupation effective 12-24 mois comme RP avant revente → exonération totale PV résidence principale (art. 150 U II 1 CGI). Efface complètement la réintégration. Inconvénient : perte des ARD à la cessation LMNP, et nécessité de déménager réellement dans le bien.
8. Quelles sont les 8 erreurs à ne surtout pas commettre ?
| Erreur | Conséquence | Solution |
|---|---|---|
| Oublier la 2031 de cessation (60 jours) | Majoration 10 % (art. 1728) → 40 % après mise en demeure | Déposer sous 60 j via EDI-TDFC |
| Ne pas radier l'INPI | Activité « active » maintenue, CFE due, amende 750 € | formalites.entreprises.gouv.fr sous 30 j |
| Oublier de reverser la TVA (résidences services) | Reversement 1/20e/an restant, intérêts de retard | Anticiper avec l'acquéreur (continuation activité) |
| Ignorer la perte des ARD | Stock fiscal perdu (plusieurs 10aines de k€) | Consommer ARD avant cession ou basculer LMP |
| Confondre cessation et interruption | Taxation d'office, majorations | Qualifier juridiquement avant toute démarche |
| Cession mal timée (avant 22 ans) | Surcoût fiscal +20 000 à +40 000 € | Attendre 22 ans ou basculer LMP |
| Bascule LMP opportuniste 1-2 ans avant cession | Abus de droit L64 LPF, majoration 80 % | Bascule 5 ans avant + conditions objectives |
| Ignorer la perte des déficits BIC 10 ans | Déficits devenus inutilisables faute de revenus de même nature : le 1° ter du I de l'art. 156 les reporte 10 ans, mais sur les seuls revenus de location meublée non professionnelle du foyer | Consolider avec un autre bien meublé avant cessation totale |
| Oublier CFE prorata temporis | Continuer à recevoir des avis CFE injustifiés | Réclamation au SIE jusqu'au 31/12 de l'année suivante |
Pour approfondir, consultez notre guide des 12 erreurs LMNP les plus coûteuses.
9. Arbre de décision : quelle stratégie de sortie en 2026 ?
En 2026, sortir d'un LMNP ne consiste plus à cocher une case : le choix stratégique engage 10 à 50 000 EUR d'impôt. Répondez aux questions dans l'ordre — la première réponse "OUI" vous oriente.
Calendrier des délais procéduraux à respecter
La cessation LMNP enchaîne jusqu'à 5 délais distincts. Manquer un seul expose à des majorations. Voici le calendrier consolidé.
| Formalité | Délai | Texte | Sanction |
|---|---|---|---|
| Radiation Guichet Unique INPI | 30 jours | Art. R.123-37 C. com. | CFE maintenue + amende |
| Avis de cession ou de cessation à l'administration | 45 jours | Art. 201, 1 CGI | Majoration de retard (art. 1728) |
| Liasse 2031 de cessation + annexes 2033 — six mois en cas de décès (art. 201, 4) | 60 jours | Art. 201, 3 CGI | 10 % (art. 1728) / 40 % après MED |
| Déclaration TVA CA3 finale (résidences services) | 30 jours | Art. 287 CGI | Régularisation différée + intérêts |
| Réclamation CFE de l'année de cessation | Jusqu'au 31/12 de l'année suivante | Art. 1478, I CGI | CFE N+1 maintenue à tort |
| Radiation SSI (LMP uniquement) | Automatique via guichet unique | Décret 2022-1015 | Cotisations continues à payer |
| 2042-C-PRO N+1 (report résultat + PV) | Mai-juin N+1 | Art. 170 CGI | 10 % automatique (art. 1728) |
10. Jurisprudence clé 2024-2026
Quatre prises de position récentes qui éclairent la cessation LMNP et qui comptent pour la sécurité juridique de votre dossier :
Cons. const. 13 février 2025 n° 2025-874 DC — Contrôle de la loi de finances 2025
Saisi a priori de la LF 2025, le Conseil constitutionnel a prononcé la non-conformité partielle de la loi (10 articles censurés comme cavaliers budgétaires). L'article 84 (réintégration des amortissements) n'a pas été examiné explicitement dans cette décision — il n'a donc pas été validé au fond, mais n'a pas non plus été censuré. Une QPC ultérieure reste théoriquement ouverte sur le principe de rétroactivité économique, mais aucune n'a été déposée au 8 septembre 2026.
Cons. const. 8 février 2018 n° 2017-689 QPC — Censure de la condition d'inscription au RCS (art. 151 septies VII)
Décision fondatrice, mais qu'il faut situer exactement : le Conseil constitutionnel a déclaré contraires à la Constitution les mots « inscrites en cette qualité au registre du commerce et des sociétés » figurant au VII de l'article 151 septies du CGI, et non à l'article 155 IV — dont la condition d'inscription au RCS a été supprimée plus tard, par la loi de finances pour 2020. Résultat aujourd'hui : seuls les deux critères de l'art. 155 IV CGI s'appliquent, recettes > 23 000 € ET supérieures aux autres revenus d'activité du foyer. Ce statut se constate, il ne s'opte pas : on n'agit que sur les faits, jamais sur une case à cocher.
CE 24 avril 2019 n° 419912 — Amortissement de l'usufruit en LMNP
Le Conseil d'État a confirmé que l'usufruitier d'un bien démembré peut amortir l'usufruit en BIC meublé, sur la durée d'usage restante et selon les tables INSEE pour un usufruit viager. À la cessation (fin d'usufruit temporaire, décès de l'usufruitier), les règles spécifiques s'appliquent : le nu-propriétaire reconstitue la pleine propriété et peut inscrire à l'actif à la valeur vénale actuelle. Impact pratique : les montages d'usufruit temporaire pour optimiser la cession doivent être rigoureusement documentés et cohérents économiquement.
Rép. min. n° 10097 (AN, 24 mars 2026) — la seule prise de position publiée sur l'art. 84 LF 2025
Aucune doctrine administrative ne commente encore l'article 84 de la LF 2025 : au 8 septembre 2026, le BOFiP n'a publié ni instruction ni rescrit sur le III de l'art. 150 VB. Deux précisions ressortent toutefois du texte lui-même. D'abord, les amortissements pratiqués sous le régime micro-BIC ne sont pas réintégrés : le III ne vise que les amortissements « admis en déduction », or le micro n'en déduit aucun. Ensuite, son premier alinéa écarte expressément les amortissements « constitutifs de dépenses prises en compte pour la détermination de l'impôt sur le revenu en application de la première phrase du 4° du II », ce qui interdit toute double réintégration des travaux. La réponse ministérielle n° 10097 (AN, 24 mars 2026) a confirmé la portée temporelle : application aux seules cessions postérieures au 15 février 2025, y compris pour des amortissements antérieurs à cette date.
Zone grise : au 8 septembre 2026, le BOFiP n'a toujours publié aucun commentaire de l'article 84 de la LF 2025 ni du III de l'article 150 VB du CGI. Aucune doctrine administrative ne sécurise donc l'application de la réintégration : seuls le texte de loi et la réponse ministérielle n° 10097 font foi. Vérifiez la publication d'une mise à jour du BOI-RFPI-PVI-20-20 avant toute cession significative.
Pour les stratégies avancées, consultez également nos guides plus-value LMNP, LMP vs LMNP, et succession et donation LMNP.
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Mise à jour : 8 septembre 2026. Sources : CGI (art. 41, 150 U, 150 VB II, 150 VB III, 150 VC, 151 septies, 151 septies B, 155 IV, 156 I 1° ter, 170, 201, 39 C II, 39 duodecies, 257 bis, 669, 777, 779, 1447, 1478 I, 1609 nonies G, 1728), Livre des procédures fiscales (art. L64), Code de commerce (art. R.123-37), CCH (art. L631-12, L631-13), annexe II CGI (art. 207 III), BOFiP (BOI-BIC-AMT-10-30-30, BOI-BIC-AMT-10-50-40, BOI-BIC-BASE-10-20, BOI-BIC-CESS, BOI-BIC-PVMV-40-20-10, BOI-RFPI-PVI-10-20-10, BOI-RFPI-PVI-20-20, BOI-TVA-CHAMP-10-10-50-10, BOI-TVA-DED-60-20-20), loi de finances 2025 n°2025-127 du 14 février 2025 (art. 84), Rép. min. n° 10097 AN du 24 mars 2026. Jurisprudences : Cons. const. 13 février 2025 n° 2025-874 DC, Cons. const. 8 février 2018 n° 2017-689 QPC, CE 24 avril 2019 n° 419912.
Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé. Consultez un expert-comptable spécialisé LMNP ou un avocat fiscaliste avant toute cession significative.