Mis à jour le 21 août 2026. Chaque chiffre de cette page est vérifié sur les textes officiels — les sources sont listées en fin d'article.
Investir en LMNP en résidence de services : EHPAD, seniors et étudiantes
Un lot d'EHPAD vendu 160 000 € et loué 6 400 € affiche 4,00 % de rendement — le loyer rapporté au prix. Après la taxe foncière, la cotisation foncière des entreprises (CFE), l'assurance, la comptabilité et les gros travaux que le bail ne vous permet pas de transférer, il en reste 2,80 % ; après impôt, 2,19 % (section 9). La brochure ne ment pas, elle omet : vous n'achetez pas un logement, mais un lot de copropriété et le bail commercial qui le lie à un exploitant unique. Votre loyer vaut donc ce que vaut cette entreprise.
Où en êtes-vous ? Les sept gestes à poser avant de signer sont en section 13.
- On vous propose un lot neuf. Le rendement affiché n'est pas celui que vous encaisserez : section 9.
- On vous propose un lot d'occasion. La date de signature du bail commande qui paie les gros travaux : avant le 5 novembre 2014, ce peut être vous ; après, non (section 6).
- Vous détenez déjà un lot. Les grosses réparations de l'immeuble restent à votre charge malgré le bail (section 6), et vous devez la CFE même si votre exploitant la paie de son côté (section 9).
- Vous envisagez de revendre. Aucune TVA à rendre si l'acheteur reprend le bail (section 8) ; en revanche votre impôt de revente se calcule sur un prix d'achat que le fisc diminue, sauf si votre résidence figure parmi les exclusions (section 10).
- Vous louez vous-même un logement ordinaire. Ce guide n'est pas le vôtre : ni bail commercial, ni exploitant, ni TVA. Allez au guide du statut LMNP.
Rédigé par Quentin Hagnéré
Expert en gestion de patrimoine — Fondateur de LMNP.AI et Hagnéré Patrimoine. CIF, COA, COBSP. Ce guide complète le hub des guides LMNP par statut et par régime.
Sommaire
- 1. Vous achetez un bail, pas un logement
- 2. EHPAD : investissement LMNP et cadre médico-social
- 3. Seniors : un immeuble, pas un établissement de santé
- 4. Étudiantes, tourisme, affaires : qui perd l'exclusion
- 5. Comparatif : laquelle des trois familles choisir
- 6. Le bail commercial : neuf ans pour vous, trois pour lui
- 7. L'exploitant : sept vérifications
- 8. TVA : 20 % à l'achat, 5,5 ou 10 % sur le loyer
- 9. Le rendement réel : 4,00 % affichés, 2,19 % encaissés
- 10. Amortissements : l'EHPAD y échappe, le tourisme jamais
- 11. Revendre : le prix se calcule sur le loyer
- 12. Pour aller plus loin
- 13. Avant de signer : la marche à suivre
- FAQ — questions fréquentes
1. Résidence de services en LMNP : vous achetez un bail, pas un logement
Une résidence de services est un immeuble de logements meublés assortis de prestations collectives, exploité par une seule entreprise. Vous achetez un lot de copropriété et vous le louez aussitôt à cette entreprise — l'exploitant — par un bail commercial : le contrat du code de commerce, conclu pour neuf ans au minimum, qui vous interdit de reprendre le logement quand bon vous semble. L'exploitant trouve les occupants, emploie le personnel et entretient les lieux. Vous ne gérez rien : vous percevez un loyer.
Le montage relève du LMNP — loueur en meublé non professionnel, le statut par défaut du particulier qui loue meublé. Vos loyers ne sont donc pas des revenus fonciers mais des BIC, la catégorie fiscale des activités commerciales : c'est elle qui ouvre l'amortissement. Deux autres mots reviendront sans cesse. L'amortissement : la part du prix du bâtiment que le fisc vous laisse déduire chaque année sans que vous sortiez un euro. La plus-value : ce que vous encaissez en plus le jour de la revente, prix de vente moins prix d'achat. Leur mécanique générale : le guide du régime réel LMNP et le hub des guides LMNP.
Trois familles se partagent le marché : les EHPAD — établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes —, les résidences services seniors, non médicalisées, et le bloc étudiantes, tourisme et affaires. Leur cadre juridique commande le taux de TVA, la fiscalité de la revente et la liquidité du bien.
2. EHPAD : investissement LMNP dans un établissement médico-social
Une autorisation, pas un agrément
Un EHPAD n'ouvre qu'après une autorisation délivrée conjointement par l'agence régionale de santé (ARS) et le conseil départemental (art. L. 313-1 du code de l'action sociale et des familles — CASF), valable 15 ans — le mot « agrément », courant en ligne, est inexact. Elle fixe le nombre de places et les moyens de l'établissement : d'où un produit rare, et un exploitant dépendant des financements publics.
La tarification ternaire : d'où vient votre loyer
La facture d'un résident d'EHPAD se décompose en trois sections tarifaires, avec trois financeurs distincts (art. L. 314-2 CASF).
| Section tarifaire de l'EHPAD | Ce qu'elle couvre | Qui la finance |
|---|---|---|
| Hébergement | L'immobilier — donc votre loyer —, l'hôtellerie et les repas | Le résident, avec aide sociale possible |
| Dépendance | L'aide aux actes de la vie quotidienne | Le département et le résident |
| Soins | Les soins médicaux et paramédicaux | L'assurance maladie, via l'ARS |
Seul le tarif hébergement finance votre loyer. Les deux autres ne vous reviennent jamais, mais leur niveau commande la santé financière de l'exploitant, donc sa capacité à vous payer. Jusqu'au 31 décembre 2026, 23 départements expérimentent leur fusion en un forfait unique versé par l'ARS.
Trois pièces à réclamer avant d'acheter
- L'autorisation et sa date d'échéance : sans elle, plus de résidents, donc plus de loyer.
- Le CPOM, contrat de cinq ans avec l'ARS et le département : il fige les dotations.
- Le GMP et le PMP, qui mesurent la dépendance et le besoin en soins des résidents : plus ils sont élevés, plus les dotations publiques sont fortes.
3. Résidences services seniors : un immeuble d'habitation, pas un établissement de santé
La résidence services seniors accueille des personnes âgées autonomes : des logements autonomes assortis de « services spécifiques non individualisables » (art. L. 631-13 du code de la construction et de l'habitation — CCH), qu'un décret de 2016 énumère — accueil permanent, personnel de sécurité, espaces de convivialité.
Aucune autorisation ARS n'est requise. Deux conséquences pour vous :
- le loyer versé par l'exploitant est facturé à 10 % de TVA, contre 5,5 % en EHPAD (section 8) ;
- l'exclusion de la réintégration des amortissements dans la plus-value de revente n'est pas automatique : y échapper suppose des conditions précises, détaillées en section 10.
Ne confondez pas trois objets : la résidence autonomie, ancien foyer-logement, est un établissement médico-social (6° du I de l'art. L. 312-1 CASF) ; la résidence services seniors est un produit commercial ; l'EHPAD accueille des personnes dépendantes, sous autorisation. Le nom d'un programme ne dit rien de sa catégorie.
4. Résidences étudiantes, de tourisme et d'affaires : tourisme et affaires sans exclusion fiscale
La résidence étudiante est la résidence universitaire de l'art. L. 631-12 CCH : étudiants, moins de 30 ans en formation ou en stage, apprentis. Cette liste de publics commande l'avantage fiscal de la section 10. Marché, prix par ville et exploitants : le guide de la résidence étudiante LMNP.
La résidence de tourisme est la seule des trois à imposer neuf ans fermes : son exploitant ne peut pas partir au bout de trois ou six ans comme partout ailleurs (art. L. 145-7-1 C. com., section 6). Mais cette sécurité ne vaut que pour le premier bail : une fois renouvelé, l'exploitant retrouve sa faculté de partir tous les trois ans (Cass. 3e civ., 7 septembre 2023). Voyez le meublé de tourisme. La résidence d'affaires, elle, ne relève d'aucun statut particulier : sa performance suit le cycle de l'hôtellerie urbaine.
5. Comparatif EHPAD, résidence seniors et résidence étudiante
| Critère | EHPAD | Résidence services seniors | Résidence étudiante |
|---|---|---|---|
| Base légale | Art. L. 312-1 I 6° CASF | Art. L. 631-13 CCH | Art. L. 631-12 CCH |
| Contrôle administratif | Autorisation ARS et département, 15 ans | Aucune | Aucune |
| TVA sur le loyer perçu | 5,5 % (art. 278-0 bis C CGI) | 10 % (art. 279 a CGI) | 10 % (art. 279 a CGI) |
| Amortissements réintégrés dans la plus-value de revente ? | Non : exclusion acquise | Sous conditions : accueil exclusif des plus de 65 ans, ou aide à domicile agréée | Sous conditions : accueil exclusif des publics de l'art. L. 631-12 |
| Ce qui finance le loyer | Le tarif hébergement, encadré si l'établissement est habilité à l'aide sociale | Les redevances, librement fixées | Les loyers étudiants et les aides au logement |
| Risque principal | Dépendance de l'exploitant aux dotations publiques | Taux d'occupation et concurrence des programmes récents | Concurrence du CROUS et des programmes neufs |
| Liquidité à la revente | Faible : investisseurs uniquement | Faible à moyenne | Moyenne : un studio peut redevenir un logement classique |
Ce que ce tableau tranche. La sécurité fiscale à la revente, c'est l'EHPAD : son exclusion est acquise sans condition. La liquidité, c'est l'étudiante : un studio peut redevenir un logement ordinaire. Le tourisme et les affaires n'offrent ni l'une ni l'autre.
Les rendements bruts annoncés — 4 à 5 % en EHPAD, un peu moins en seniors, un peu plus en étudiante — sont des fourchettes commerciales, avant charges et avant impôt. La section 9 les refait en net.
6. Le bail commercial : neuf ans pour vous, trois ans pour lui
Durée : un bail de douze ans n'engage l'exploitant que sur trois
Le statut des baux commerciaux impose neuf ans minimum. Mais le preneur — ici, l'exploitant — peut résilier à la fin de chaque période de trois ans : c'est la faculté triennale (art. L. 145-4 du code de commerce). En résidence gérée, les baux vont de neuf à douze ans ; l'engagement réel de l'exploitant ne dépasse jamais trois. C'est la principale fragilité du montage, et seule la résidence de tourisme y échappe (section 4).
Triple net : la clause ne tient pas pour les gros travaux
Ces baux sont vendus comme « triple net » : le preneur supporterait toutes les charges, jusqu'aux grosses réparations de l'art. 606 du code civil — gros murs et voûtes, poutres, couvertures entières, murs de soutènement.
Or pour tout bail conclu ou renouvelé depuis le 5 novembre 2014, l'art. R. 145-35 C. com. interdit de les mettre à la charge du preneur : la clause contraire est sans effet, et ces travaux, les plus lourds d'une copropriété, restent à votre charge. Le bail doit en outre comporter l'inventaire précis et limitatif des charges (art. L. 145-40-2 C. com.).
Indexation : une soupape se déclenche au quart
Votre loyer ne suit un indice que si le bail contient une clause d'échelle mobile. Deux indices sont admis : l'ILC, indice des loyers commerciaux, et l'ILAT, celui des activités tertiaires, tous deux publiés par l'Insee — ce sont ceux des premier et deuxième alinéas de l'art. L. 112-2 du code monétaire et financier, repris par les art. L. 145-34 et L. 145-38 C. com. pour plafonner le loyer au renouvellement et à la révision triennale. Vérifiez lequel le bail retient, la périodicité, et l'existence d'un tunnel encadrant la variation : depuis le 28 mai 2026, une clause peut plafonner la variation annuelle de l'ILC, mais seulement dans les mêmes proportions à la hausse et à la baisse (art. L. 145-38-1 C. com., créé par la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026, art. 62). Ce texte ne vise que l'ILC, pas l'ILAT.
Lorsque cette clause a fait varier le loyer de plus d'un quart, chaque partie peut demander une révision au juge (art. L. 145-39 C. com.). Un loyer de 6 400 € porté à 8 100 € a progressé de 26,6 % : le seuil est franchi, et l'exploitant peut le faire redescendre à la valeur locative (art. L. 145-33 C. com.) — le loyer que le local rapporterait sur le marché.
Fin de bail : quatre issues, dont une qui vous coûte cher
- Renouvellement aux conditions actuelles, quand la résidence tourne bien.
- Renouvellement à la baisse : l'exploitant oppose la rentabilité réelle de la résidence. Un propriétaire isolé négocie mal ; une association de propriétaires pèse davantage.
- Changement d'exploitant, en général à des conditions renégociées.
- Refus de renouvellement par le propriétaire : l'issue la plus coûteuse. L'art. L. 145-14 C. com. ouvre alors au preneur une indemnité d'éviction due par vous — souvent plusieurs années de loyer. C'est pourquoi on ne récupère pas librement son lot.
Vérifiez enfin la clause de déspécialisation — celle qui autorise l'exploitant à changer l'activité de la résidence (art. L. 145-47 C. com.) : une résidence étudiante autorisée à louer aux touristes l'été perd la condition d'accueil exclusif dont dépend son avantage fiscal à la revente (section 10). Ce bail parmi les autres : le panorama des baux meublés.
7. L'exploitant : sept vérifications à faire soi-même
Votre loyer ne dépend pas du logement : il dépend d'une entreprise. Depuis 2022, le secteur a connu plusieurs restructurations de grande ampleur, avec renégociations de loyers et procédures collectives — redressement ou liquidation judiciaire.
- Les comptes annuels sur trois exercices, que vous sortez vous-même sur infogreffe.fr : résultat d'exploitation, endettement net, capitaux propres. Les procédures collectives se publient au BODACC. Un dépôt manquant est en soi une information.
- L'identité du signataire du bail : la société qui exploite la résidence, ou la société mère du groupe ? Une filiale peu capitalisée n'offre pas la même sécurité.
- La caution de la société mère : existe-t-elle, sur quel montant, sur quelle durée ?
- Le taux d'occupation de votre résidence, pas celui du groupe, et sur trois ans.
- L'échéance du bail : à moins de deux ans du terme, le prix doit intégrer le risque de renégociation — l'encadré de la section 6 chiffre ce qu'une baisse de loyer de 20 % coûte à la valeur du lot.
- La part du parc que l'exploitant détient en propre : investir dans ses propres murs aligne ses intérêts sur les vôtres.
- Votre propre concentration : trois lots chez le même exploitant, ce n'est pas diversifier, c'est tripler votre dépendance à une seule entreprise.
8. TVA : 20 % récupérés à l'achat, 5,5 ou 10 % sur le loyer
Votre location à l'exploitant est taxable de plein droit (art. 261 D 4° c CGI). Vous devenez donc assujetti à la TVA : vous en facturez sur vos loyers et, en contrepartie, vous récupérez celle payée sur l'acquisition d'un logement neuf.
Prenons une chambre d'EHPAD neuve affichée 160 000 € TTC, notre exemple jusqu'à la fin du guide. Prix hors taxes : 160 000 / 1,2 = 133 333 €. TVA récupérable : 26 667 €. Votre coût réel n'est donc pas 160 000 € mais 133 333 € — le chiffre qui comptera à la revente (section 11).
| Type de résidence | TVA sur le loyer | Fondement |
|---|---|---|
| EHPAD, maison de retraite | 5,5 % | Art. 278-0 bis C CGI |
| Résidence seniors, étudiante, tourisme, affaires | 10 % | Art. 279 a CGI |
La règle des 20 ans n'oblige à rien si l'acheteur reprend le bail
On lit partout qu'il faut « garder vingt ans ». En réalité, la TVA déduite se régularise par vingtièmes (art. 207 II de l'annexe II au CGI) : si le bien sort de l'activité taxable, vous ne reversez que les années restantes.
Sur notre lot : TVA récupérée de 26 667 €, bien sorti de l'activité taxable pendant la neuvième année — huit années sont donc révolues, douze restent à courir sur les vingt : 26 667 × 12/20 = 16 000 €. Sorti au bout de quinze années révolues, il ne resterait que 6 667 €.
Et le cas standard de la revente n'entraîne aucun reversement : cédé à un acquéreur lui aussi assujetti qui reprend le bail en cours, le bien est dispensé de toute régularisation (art. 257 bis du CGI). La période de vingt ans suit le bien, pas le propriétaire : l'acquéreur en reprend le solde. Détail dans le guide de la TVA en LMNP.
9. Le rendement réel : 4,00 % affichés, 2,19 % encaissés
Reprenons la chambre de la section 8 : 160 000 € TTC, louée 6 400 € HT par an. Rendement de la brochure : 6 400 / 160 000 = 4,00 %. Ce qu'il en reste après une année pleine :
Chambre d'EHPAD à 160 000 € TTC, louée 6 400 € HT par an — une année pleine. Remplacez le prix et le loyer par les vôtres.
| Poste | Montant annuel | Commentaire |
|---|---|---|
| Loyer encaissé HT | + 6 400 € | Facturé 6 752 € TTC à 5,5 %, TVA reversée au Trésor |
| Taxe foncière | − 850 € | Souvent refacturée au preneur, pas toujours : à lire au bail |
| CFE | − 350 € | Base minimum communale (art. 1647 D CGI) |
| Assurance propriétaire non occupant | − 120 € | Guide de l'assurance PNO |
| Comptabilité et liasse fiscale | − 300 € | Obligatoire au régime réel |
| Provision grosses réparations | − 300 € | Art. 606, non transférables depuis 2014 |
| Revenu net de charges, avant impôt | 4 480 € | Soit 2,80 % du prix payé, contre 4,00 % affichés |
Reste l'impôt, et d'abord un choix. Sans démarche, vous êtes au micro-BIC : un abattement forfaitaire de 50 % remplace toutes vos charges, soit 3 200 € imposables. Le régime réel se demande, et il gagne presque toujours ici (conditions et marche à suivre) : la première année, l'amortissement du bâti — 3 778 €, calculé en section 10 — laisse 6 400 − 1 920 − 3 778 = 702 € imposables.
Ce résultat monte ensuite, le loyer étant indexé chaque année alors que l'amortissement ne bouge pas. À 2 000 € de résultat — atteint quand l'indexation a fait monter le loyer —, l'impôt devient sensible : il supporte votre TMI, le pourcentage qui frappe votre dernier euro de revenu, lisible sur votre avis d'imposition, plus les prélèvements sociaux. À 30 % de TMI : 30 + 18,6 = 48,6 %, soit 972 €. Rapportés au revenu net de notre année pleine (4 480 €), ces 972 € le ramènent à 3 508 €, ou 2,19 % du prix payé.
Ces 18,6 % ne sont pas les 17,2 % applicables jusqu'aux revenus 2024 : la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a porté la CSG du patrimoine de 9,2 % à 10,6 %, dès les revenus 2025. Voyez l'amortissement et les charges déductibles.
Les deux impôts qu'on oublie de vous annoncer
La CFE. Vous la devez comme propriétaire, alors même que l'exploitant la paie de son côté (réponse ministérielle Lottiaux du 17 février 2026). Montant et exonération sous 5 000 € de recettes : le guide de la CFE en LMNP.
L'IFI. Vos lots comptent pour leur valeur de marché dans l'assiette de l'impôt sur la fortune immobilière, sans l'exonération des biens professionnels — encore faut-il que votre patrimoine immobilier net franchisse le seuil d'entrée, que donne le guide de l'IFI en LMNP, avec le cas du loueur professionnel.
2,19 % sur notre exemple. Et sur votre lot ?
LMNP.AI reprend votre prix hors taxes, vos charges et votre amortissement, calcule votre résultat BIC et produit votre déclaration, à partir de 179 € par an.
10. Réintégration des amortissements : l'EHPAD y échappe, le tourisme jamais
Pour toute cession réalisée depuis le 15 février 2025, le prix d'acquisition retenu pour la plus-value est minoré des amortissements déduits, années antérieures comprises (art. 150 VB III du CGI, retouché sans changement d'exclusions par la loi de finances pour 2026) : prix d'achat abaissé, donc plus-value plus élevée, donc impôt plus élevé.
Ce que cela coûte, sur notre lot. Prix hors taxes 133 333 €, terrain 15 %, bâti amortissable 113 333 € sur 30 ans, soit 3 778 € par an. Après dix ans, 37 780 € d'amortissements majorent d'autant la plus-value imposable : 13 676 € d'impôt au taux plein de 36,2 %, ramenés à environ 11 000 € par les abattements pour durée de détention acquis en dix ans (leur barème : le guide de la plus-value LMNP).
D'où le poids des exclusions, argument commercial numéro un de la résidence gérée. Elles sont réelles mais conditionnelles : le texte raisonne par statut juridique, jamais par appellation commerciale. Trois cas y échappent.
- une résidence des art. L. 631-12 ou L. 631-13 CCH, à condition qu'elle soit destinée à l'accueil exclusif des publics listés en section 4, ou de personnes de plus de 65 ans ;
- un établissement des 6° ou 7° du I de l'art. L. 312-1 CASF — ce qui couvre les EHPAD —, ou une résidence avec services pour personnes âgées ou handicapées dont le service d'aide à domicile est agréé (art. L. 7232-1 du code du travail) ou autorisé (art. L. 313-1 CASF) ;
- un établissement de soins de longue durée, hébergeant des personnes privées de leur autonomie de vie.
11. Revendre : le prix se calcule sur le loyer, pas au mètre carré
Le marché secondaire est étroit : une chambre d'EHPAD ne s'adresse pas à une famille, seul un investisseur l'achète. Et il ne raisonne pas au mètre carré — il divise le loyer par le rendement qu'il exige.
Reprenons notre lot loué 6 400 € par an. Un acheteur qui exige 5,5 % le paiera 6 400 / 5,5 % = 116 400 €, à comparer non aux 160 000 € affichés mais aux 133 333 € réellement supportés (section 8). Cette arithmétique — et non la conjoncture — explique l'essentiel de la décote : le prix du neuf intégrait la TVA ensuite récupérée et des frais de commercialisation que l'acheteur suivant ne paie pas.
Trois facteurs pèsent ensuite :
- l'échéance du bail : un bail solide à sept ans du terme se vend mieux qu'un bail expirant dans dix-huit mois ;
- les travaux à venir — sécurité incendie, accessibilité, rénovation énergétique : ils relèvent de l'art. 606 et restent à votre charge (section 6). Un acquéreur informé les déduit du prix ;
- la TVA, selon que l'acquéreur reprend ou non le bail (section 8).
Neuf ou occasion ? Le neuf récupère la TVA et évite les travaux, contre un ticket d'entrée plus élevé. L'occasion se vend hors taxes, sans récupération, mais avec un historique vérifiable : loyers encaissés, taux d'occupation, bail lisible avant de signer.
L'impôt sur la plus-value est celui des particuliers : 19 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 36,2 %. Ne confondez pas ces 17,2 % avec les 18,6 % de la section 9 : la hausse de 2026 frappe vos loyers, pas votre plus-value, que la loi a expressément laissée à 17,2 %. Et ce taux ne frappe jamais le gain brut : les abattements pour durée de détention effacent l'impôt sur le revenu à 22 ans, les prélèvements sociaux à 30 ans. Barème, surtaxe au-delà de 50 000 € et modalités de cession : le guide de la plus-value LMNP et celui de la revente d'un bien LMNP.
12. Pour aller plus loin
- Le bail commercial signé avec l’exploitant — le contrat qui décide de votre rendement : durée, indexation du loyer, répartition des travaux et conditions de sortie.
- Investir en résidence étudiante LMNP.
- Investir en LMNP dans une résidence d’affaires — l’appart-hôtel pour salariés en mission : TVA à 20 %, classement, rendement net et risque exploitant.
- Censi-Bouvard : ce qu’il reste en 2026 — le dispositif est clos aux acquisitions postérieures au 31 décembre 2022, mais l’engagement de neuf ans court toujours.
- La réforme LMNP 2025-2026, la plus-value et la revente d'un bien LMNP.
- Le régime réel, l'amortissement, la TVA et la CFE en LMNP.
- Le panorama des baux meublés et le meublé de tourisme.
- LMNP ou LMP, LMNP ou SCI, le démembrement, le financement à crédit, le complément de retraite et la fiscalité LMNP.
13. Avant de signer : la marche à suivre
- Demandez au vendeur le bail complet et sa date de signature — le promoteur dans le neuf, le propriétaire actuel ou son mandataire dans l'ancien. Signé avant le 5 novembre 2014, il peut vous transférer les grosses réparations ; renouvelé après, non. Sinon : vous découvrirez la répartition des travaux au premier appel de fonds.
- Réclamez au vendeur, par écrit, la pièce dont dépend l'exclusion des amortissements : autorisation ARS, agrément L. 7232-1 ou clause d'accueil exclusif. Sinon : environ 11 000 € d'impôt en plus à la revente.
- Sortez vous-même les comptes de l'exploitant sur trois exercices et vérifiez le BODACC : les deux adresses sont en section 7, rien à demander à personne. Sinon : vous vous liez neuf ans à une entreprise inconnue.
- Notez l'échéance du bail et la prochaine faculté triennale. Sinon : vous achetez un loyer renégociable dans dix-huit mois, alors que le prix se négociait.
- Refaites le tableau de la section 9 avec la taxe foncière estimée par le vendeur et le taux de CFE de la commune. Sinon : vous raisonnez sur le rendement de la brochure.
- Calculez votre prix de revente : loyer annuel divisé par le rendement qu'exigera l'acheteur suivant, à comparer au prix hors taxes. Sinon : la décote vous surprendra.
- Une fois le lot livré et loué, déclarez votre activité au guichet des formalités des entreprises dans les 15 jours pour obtenir votre SIRET, puis déposez la 1447-C avant le 31 décembre de l'année où vous commencez à louer (le formulaire 1447-C, puis la déclaration LMNP). Sinon : sans SIRET, aucune déclaration de résultat n'est possible.
Mise à jour : 21 août 2026. Sources — Légifrance. CGI : 150 VB III, 150 VC, 207 II ann. II, 257 bis, 261 D 4°, 278-0 bis C, 279 a, 1447, 1609 nonies G, 1647 D. C. com. : L. 145-4, L. 145-7-1, L. 145-14, L. 145-33, L. 145-34, L. 145-38, L. 145-38-1, L. 145-39, L. 145-40-2, L. 145-47, L. 622-13, R. 145-35. C. civ. : 605, 606. CMF : L. 112-1, L. 112-2. CASF : L. 312-1, L. 313-1, L. 313-12, L. 314-2. CCH : L. 631-12, L. 631-13. C. tourisme : L. 321-1. CSS : L. 136-8. BOFiP ; lois n° 2015-1776, n° 2025-127, n° 2025-1403, n° 2026-103 et n° 2026-403 (bail commercial, art. L. 145-38-1) ; décrets n° 2014-1317 (loi Pinel), n° 2016-1737 et n° 2025-168 ; réponse ministérielle Lottiaux n° 11156 (JO AN 17/02/2026), Cass. 3e civ. 07/09/2023 n° 21-14.279, DREES (Études & Résultats n° 1351, novembre 2025), Insee Première n° 2078 (octobre 2025).
Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée. Avant tout engagement, consultez un expert-comptable ou un conseiller en investissements financiers.