Taxe de Séjour en Location Meublée : Barème, Collecte et Obligations
La taxe de séjour est un impôt local que les voyageurs paient à chaque nuitée dans un hébergement touristique. En location meublée saisonnière (Airbnb, gîte, meublé de tourisme), le propriétaire LMNP collecte cette taxe auprès des vacanciers et la reverse intégralement à la commune. LMNP.AI fait le point complet sur le barème 2025, la collecte par les plateformes, la déclaration et les obligations du loueur en meublé.
Sommaire
1. Qu'est-ce que la taxe de séjour ?
La taxe de séjour est un impôt local que les vacanciers paient lors de chaque nuitée passée dans un hébergement touristique (hôtel, camping, meublé de tourisme, chambre d'hôtes, etc.). Instaurée au choix par les communes ou intercommunalités à vocation touristique, elle sert à financer les équipements et actions destinés à améliorer l'accueil et le développement du tourisme local.
En pratique, chaque voyageur majeur doit s'acquitter de la taxe de séjour pour chaque nuit passée dans un logement touristique sur le territoire d'une commune qui l'a instituée. Le montant est généralement ajouté au prix de la réservation, et l'hébergeur perçoit la taxe pour la reverser ensuite à la commune. Il ne s'agit donc pas d'un revenu pour le propriétaire, mais d'une somme collectée pour le compte de la collectivité locale.
Qui est concerné ?
Tous les types d'hébergements touristiques sont potentiellement assujettis à la taxe de séjour, dès lors que la commune l'a mise en place :
- Hôtels (y compris palaces) et résidences de tourisme
- Meublés de tourisme et locations saisonnières entre particuliers (y compris chambres chez l'habitant)
- Villages de vacances, auberges de jeunesse
- Campings, terrains de caravanage et aires de camping-car
- Chambres d'hôtes, gîtes et autres hébergements de plein air
C'est donc le cas de toutes les locations meublées de courte durée, qu'elles soient louées par des professionnels ou des particuliers. Les locataires (voyageurs) en sont redevables, mais c'est le propriétaire (ou le gestionnaire) qui doit faire payer cette taxe à ses clients puis la reverser à la commune. Les mineurs de moins de 18 ans sont exonérés.
Attention : si une commune n'a pas institué de taxe de séjour, ni l'hébergeur ni le vacancier n'ont de formalité à accomplir. Certaines petites communes ne l'appliquent pas, mais la plupart des zones touristiques le font.
2. Quel est le barème de la taxe de séjour en 2025 ?
Les tarifs de la taxe de séjour sont fixés par délibération de chaque commune ou EPCI, dans le cadre d'un barème national actualisé chaque année. Le montant est établi par personne et par nuitée, en fonction de la catégorie d'hébergement. Un tarif minimum et un tarif maximum sont définis par la loi pour chaque catégorie, laissant la commune décider du montant exact dans cette fourchette.
| Catégorie d'hébergement | Tarif minimum | Tarif maximum (2025) |
|---|---|---|
| Meublé de tourisme 1 étoile | 0,20 € | 0,80 € |
| Meublé de tourisme 2 étoiles | 0,30 € | 1,00 € |
| Meublé de tourisme 3 étoiles | 0,50 € | 1,70 € |
| Meublé de tourisme 4 étoiles | 0,70 € | 2,60 € |
| Meublé de tourisme 5 étoiles | 0,70 € | 3,50 € |
| Palace (luxe) | 0,70 € | 4,80 € |
| Chambre d'hôtes | 0,20 € | 0,80 € |
| Terrain de camping 3*, 4*, 5* | 0,20 € | 0,60 € |
| Non classé ou en attente de classement | 1 % du prix | 5 % du prix |
Meublé non classé : si votre logement n'a pas de classement officiel (étoiles), la taxe est proportionnelle au prix HT de la nuit par personne, entre 1 % et 5 % du coût. Le pourcentage exact est fixé par la commune. Un plafond s'applique : le montant par personne ne peut dépasser la taxe de séjour maximale la plus élevée votée localement (celle du palace).
Exemple de calcul
Pour 2 adultes séjournant 2 nuits dans un meublé de tourisme 2 étoiles, avec un tarif communal au maximum de 1,00 € par nuit et par personne :
2 personnes × 2 nuits × 1,00 € = 4,00 €
Ce montant est ajouté au prix de la location et reversé intégralement à la commune.
Taxes additionnelles éventuelles
Selon les territoires, des taxes additionnelles peuvent s'ajouter aux montants communaux :
- La plupart des départements peuvent instituer une taxe additionnelle de 10 % du montant communal.
- En Île-de-France, une taxe spéciale dite "Grand Paris" de 15 % s'applique automatiquement en supplément depuis 2019.
- Depuis 2023, certains départements touristiques (Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Var) appliquent une taxe additionnelle portée à 34 % au profit de fonds spécifiques.
En pratique : ces pourcentages additionnels sont collectés en même temps que la taxe communale et reversés ensuite aux échelons concernés. Le site officiel taxesejour.impots.gouv.fr permet de rechercher par commune les tarifs votés, incluant automatiquement les éventuelles taxes additionnelles. LMNP.AI recommande de vérifier ce site avant chaque saison.
3. Taxe de séjour au réel vs taxe forfaitaire
Deux modes de perception de la taxe de séjour existent, selon le choix de la collectivité :
Taxe au réel (le plus courant)
La taxe est calculée d'après les nuitées réellement effectuées par les vacanciers. Le propriétaire collecte la somme exacte due à chaque réservation (nombre de personnes × nombre de nuits × tarif). Ce régime est adapté aux locations de type Airbnb, gîtes et hôtels.
Taxe forfaitaire
La commune perçoit un montant forfaitaire fixe, établi en fonction de la capacité d'accueil (nombre de lits) et de la période d'ouverture, indépendamment de l'occupation réelle. Un taux d'abattement entre 10 % et 80 % est appliqué. Ce mode concerne surtout certains campings ou structures saisonnières.
Attention : vérifiez la décision de votre commune. Si une taxe forfaitaire est en place, elle implique de payer la taxe même en l'absence de touristes, ce qui peut être moins avantageux sauf à avoir un très bon taux de remplissage.
4. Comment les plateformes collectent-elles la taxe de séjour ?
Depuis 2019-2020, les grandes plateformes de réservation en ligne participent au recouvrement de la taxe de séjour en France.
Airbnb : collecte automatique
Airbnb collecte automatiquement la taxe de séjour auprès des voyageurs lors de la réservation, puis la reverse annuellement aux communes concernées. La plateforme applique le calcul en fonction du type et du classement du logement (il faut donc renseigner dans votre compte Airbnb si votre logement est classé ou non). Cette collecte automatisée ne réduit pas vos revenus affichés : le montant de la taxe est prélevé en sus du loyer.
Pour en savoir plus sur l'enregistrement Airbnb en LMNP, consultez notre guide dédié.
Booking.com : activation manuelle
Du côté de Booking.com, la collecte de la taxe de séjour n'est pas activée par défaut. La plateforme permet aux hôtes d'activer l'option afin de faire payer la taxe aux voyageurs en ligne. Si vous utilisez Booking, vérifiez dans l'extranet que la taxe de séjour est configurée correctement. En l'absence de configuration, il faudra récupérer la taxe en main propre auprès du client à l'arrivée.
Attention : même si une plateforme collecte à votre place, vous restez responsable vis-à-vis de la commune. En cas de problème de reversement par la plateforme, c'est l'hébergeur qui peut être inquiété. Conservez vos relevés de réservations.
Autres plateformes
D'autres plateformes (Abritel/HomeAway, TripAdvisor, etc.) ont des politiques variables. Informez-vous pour chacune, et au besoin percevez la taxe de séjour vous-même lors de l'arrivée du voyageur.
5. Comment déclarer et reverser la taxe de séjour ?
Si vous gérez vous-même la collecte (réservations en direct, Booking sans collecte automatique, etc.), vous devez faire une déclaration périodique auprès de la commune ou de l'EPCI.
Les étapes de la déclaration
- Tenir un registre de vos locations : nombre de personnes accueillies, nombre de nuitées, catégorie du logement. Exportez l'historique des réservations sur les plateformes.
- Remplir la déclaration (souvent trimestrielle ou annuelle) en indiquant le nombre total de personnes, de nuitées et le total de taxe correspondant.
- Reverser le montant dû au Trésor Public, en ligne via le portail dédié de la commune, ou par virement/chèque selon les instructions locales.
Conseil LMNP.AI : conservez systématiquement vos relevés de réservations et la preuve de chaque reversement. En cas de contrôle, ces documents vous protègent. Un expert-comptable LMNP.AI peut vous accompagner dans la gestion de vos obligations déclaratives.
6. La taxe de séjour est-elle déductible en LMNP ?
Non, la taxe de séjour n'est pas déductible de vos revenus locatifs en LMNP (ni en LMP). La raison est simple : il s'agit d'un flux transparent.
| Critère | Taxe de séjour | Charge déductible LMNP |
|---|---|---|
| Qui paie ? | Le voyageur | Le propriétaire |
| Revenu pour le propriétaire ? | Non (flux transparent) | Diminue le résultat |
| Apparaît dans la liasse fiscale ? | Non | Oui |
| Exemple | Taxe de séjour | Taxe foncière, CFE, assurance |
Vous collectez la taxe auprès des voyageurs et la reversez à la commune : elle ne transite pas par votre compte de résultat. En comptabilité, la taxe de séjour collectée est enregistrée en dette (compte de tiers), jamais en produit ni en charge. Elle n'apparaît donc pas dans votre liasse fiscale LMNP.
En pratique : ne confondez pas la taxe de séjour (non déductible car non supportée par vous) avec la taxe foncière ou la CFE, qui sont des charges réelles du propriétaire et donc déductibles en LMNP au régime réel. LMNP.AI distingue automatiquement ces flux dans votre comptabilité.
7. Qui est exonéré de taxe de séjour ?
La loi prévoit des exonérations de taxe de séjour (uniquement dans le régime au réel) pour certaines catégories de personnes :
- Les mineurs de moins de 18 ans : les enfants et adolescents hébergés ne paient jamais de taxe de séjour.
- Les personnes bénéficiant d'un hébergement d'urgence ou d'un relogement temporaire (par exemple relogement après sinistre).
- Les travailleurs saisonniers employés dans la commune, titulaires d'un contrat de travail saisonnier local.
- Les personnes occupant un local dont le loyer est inférieur au seuil fixé par la commune pour exonération.
À ces exonérations légales s'ajoutent deux cas particuliers : les propriétaires séjournant dans leur propre résidence secondaire n'ont pas à payer la taxe de séjour pour eux-mêmes, et un habitant domicilié dans la commune n'est pas assujetti à la taxe s'il loue un logement dans sa ville de résidence.
8. Quels risques en cas de non-reversement ?
Ne négligez pas vos obligations de reversement. Si vous ne reversez pas la taxe de séjour alors que vous l'avez collectée (ou auriez dû la collecter), vous vous exposez à des pénalités :
- Intérêts moratoires de 0,20 % par mois de retard (soit environ 2,4 % l'an).
- En l'absence de régularisation, le maire ou le président de l'EPCI peut engager une procédure de taxation d'office, après mise en demeure, pour recouvrer les sommes non versées.
- Des amendes peuvent frapper les plateformes ou les gros opérateurs en défaut.
Attention : pour un loueur particulier, le risque principal est de devoir payer rétroactivement la taxe non versée, avec des pénalités. Tenez un registre précis de vos locations saisonnières pour éviter tout oubli.