Plus-value court terme en LMP 2026 : calcul, exonération 151 septies, cotisations et étalement sous conditions
En LMP, la plus-value à court terme (PVCT) est la fraction de la plus-value professionnelle soumise aux règles du résultat. Pour un élément amortissable détenu au moins deux ans, elle correspond aux amortissements fiscalement concernés, dans la limite du gain. Elle entre dans le résultat soumis au barème progressif de l'IR (impôt sur le revenu), et son traitement social se calcule séparément, selon les règles des revenus d'activité de l'indépendant, sans taux forfaitaire.
Lorsque ses conditions sont remplies, notamment au moins cinq années d'activité professionnelle admissible et des recettes de référence jusqu'à 90 000 € HT inclus pour la location meublée ordinaire, l'article 151 septies du CGI peut exonérer totalement la PVCT d'IR. Cette exonération fiscale ne suffit pas à supprimer les cotisations : la PVCT exonérée doit être retraitée pour le calcul du revenu social.
Ce guide détaille le calcul de la PVCT (valeur nette comptable, corrections fiscales et stock d'amortissements 39 C), son imposition (barème de l'IR, traitement social distinct, étalement sur option), les quatre dispositifs à examiner (articles 151 septies, 151 septies A, 151 septies B et 238 quindecies) avec leurs champs et leurs cumuls, un exemple chiffré et ses limites, le passage LMNP → LMP, la vente à perte, la donation et l'apport à société (article 151 octies), ainsi que les différences avec la plus-value LMNP. Mis à jour le 17 septembre 2026.
Références légales mobilisées
CGI — plus-values professionnelles
Art. 39 duodecies (court terme et long terme) · 39 C (amortissements non déduits) · 39 quaterdecies (étalement sur option) · 39 quindecies (IR de 12,8 % sur la PVLT) · 151 septies (exonération selon les recettes : 90 000 € inclus / 126 000 €) · 151 septies A (départ en retraite, immeubles exclus) · 151 septies B (abattement sur la PVLT immobilière éligible) · 238 quindecies (transmission d'entreprise, immeubles exclus) · 41 (transmission à titre gratuit) · 151 octies (apport en société) · 155, IV (statut LMP) · 156, I (déficit) · 150 VB, III (plus-value immobilière privée LMNP)
BOFiP et formulaires
BOI-BIC-CHAMP-40-20 (loueurs en meublé : durée d'activité, seuils, micro-BIC) · BOI-BIC-PVMV-20-30-10 (étalement de l'article 39 quaterdecies) · BOI-BIC-PVMV-20-40-30 (151 septies B) · BOI-BIC-PVMV-40-10-10-30 (151 septies : effets et cumuls) · BOI-BIC-PVMV-40-20-20 (151 septies A) · BOI-BIC-PVMV-40-20-20-50 (ordre d'application des dispositifs) · BOI-BIC-PVMV-40-20-50 (238 quindecies) · notice 2033 de 2026 (suivi des fractions étalées)
Sécurité sociale
CSS art. L131-6 (revenu d'activité des indépendants) · L136-3 (abattement de 26 % du revenu brut social) · D136-5 (plancher et plafond de cet abattement) · L136-8 (taux de CSG) · décret n° 2025-708 (assiette sociale des non-salariés) · guide Urssaf–DGFiP du 30 avril 2026 (déclaration des revenus des indépendants)
Décisions, doctrine et lois
Cons. const. n° 2017-689 QPC du 8 février 2018 (condition d'inscription au RCS) · rapport annuel 2024 du Comité de l'abus de droit fiscal · loi de finances pour 2025 (minoration du prix d'acquisition des plus-values immobilières privées LMNP) · LFSS 2026, article 12 (prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine)
Mis à jour le 17 septembre 2026
Rédigé par Quentin Hagnéré
Expert en gestion de patrimoine — Fondateur de LMNP.AI et Hagnéré Patrimoine. CIF, COA, COBSP. Spécialiste des arbitrages fiscaux LMP/LMNP à la revente et des exonérations de plus-value professionnelle.
Sommaire
- Qu'est-ce que la PVCT en LMP ?
- Comment calculer la PVCT en LMP ?
- Revente avant deux ans : plus-value à court terme
- Imposition : barème de l'IR et traitement social distinct
- Étalement sur trois ans : option et conditions (art. 39 quaterdecies)
- Quatre dispositifs : champs, cumuls et ordre d'application
- Art. 151 septies : exonération selon les recettes (90 000 € inclus / 126 000 €)
- Art. 151 septies A : départ à la retraite (immeubles détenus directement exclus)
- Art. 151 septies B : abattement sur la PVLT immobilière éligible
- Art. 238 quindecies : transmission d'entreprise, murs exclus
- Exemple chiffré : calcul de la PVCT et traitements possibles
- Exemples et limites du calcul
- Exonération fiscale et cotisations : deux calculs distincts
- Amortissements non déduits (39 C) et passage LMNP → LMP
- Vente à perte : moins-values professionnelles
- Donation, apport et calendrier de vente : points de vigilance
- Différences avec la plus-value immobilière privée LMNP
1. Qu'est-ce que la PVCT en LMP ?
En tant que Loueur en Meublé Professionnel (LMP), la revente d'un bien immobilier relève du régime des plus-values professionnelles (articles 39 duodecies et suivants du CGI). Contrairement au LMNP, où la plus-value suit le régime des particuliers, le LMP distingue deux composantes : la plus-value à court terme (PVCT) et la plus-value à long terme (PVLT).
La plus-value fiscale est le gain retenu pour l'impôt après les corrections prévues par les textes. Elle ne correspond ni au prix de vente ni à la somme qui reste après remboursement du crédit. La PVCT est la fraction à court terme, soumise aux règles du résultat professionnel ; la PVLT est la fraction à long terme, imposée séparément lorsqu'elle est taxable. L'IR désigne l'impôt sur le revenu. Les cotisations et contributions d'activité sur la PVCT sont distinctes des prélèvements sociaux sur la PVLT.
De la valeur nette comptable à la plus-value fiscale
La valeur nette comptable (VNC) correspond à la valeur d'origine immobilisée, diminuée des amortissements comptabilisés. Les frais d'acquisition ne s'y ajoutent que s'ils ont été immobilisés. Le calcul fiscal de cession nécessite ensuite les corrections applicables : un amortissement comptabilisé n'est pas nécessairement un amortissement fiscalement déduit.
Formule
VNC = valeur d'origine immobilisée − amortissements comptabilisés
La valeur nette fiscale part de la VNC et intègre les corrections applicables, notamment l'ajout du stock d'amortissements du bien cédé encore non déduit sous l'article 39 C.
PVCT et PVLT : la distinction fondamentale
Pour un élément amortissable détenu au moins deux ans, le gain fiscal de cession (prix de cession fiscalement retenu − valeur nette fiscale) se répartit en deux fractions :
= amortissements fiscalement concernés, dans la limite du gain
Il s'agit des amortissements fiscalement déduits, ou réputés pratiqués au micro-BIC. Si le gain est inférieur à ces amortissements, la PVCT est limitée au gain.
= éventuel surplus du gain
Imposée séparément lorsqu'elle est taxable : ordinairement 12,8 % d'IR et 18,6 % de prélèvements sociaux depuis les revenus 2025, après les réductions applicables.
Cas particulier : détention inférieure à deux ans
Si l'élément cédé est détenu depuis moins de deux ans, la plus-value est à court terme : il n'y a pas de fraction à long terme pour cet élément. Le terrain, non amortissable, doit être traité séparément.
Le micro-BIC n'exclut pas toute PVCT : les amortissements linéaires réputés pratiqués dans le cadre de l'abattement forfaitaire interviennent dans les règles de plus-value professionnelle. L'absence de déduction d'une dotation comptable annuelle ne suffit donc pas à conclure à une PVCT nulle. Au régime réel, le suivi des dotations est détaillé dans le guide de l'amortissement en LMP.
2. Comment calculer la PVCT en LMP ?
Le calcul de la PVCT suit une méthode en trois étapes, menée pour chaque élément cédé. Voici le détail des formules applicables.
Étape 1 : Établir la valeur nette fiscale
Valeur nette fiscale = VNC + stock 39 C non déduit du bien cédé, sous réserve des autres corrections applicables
La VNC part de la valeur d'origine immobilisée et des amortissements comptabilisés. Les frais d'acquisition ne sont inclus que s'ils ont été immobilisés.
Étape 2 : Calculer le résultat fiscal de cession
Gain fiscal = prix de cession fiscalement retenu − valeur nette fiscale
Le terrain, la construction, le mobilier et les autres actifs sont distingués ; leur ventilation doit être justifiée.
Étape 3 : Qualifier la plus-value (PVCT ou PVLT)
| Durée de détention | PVCT | PVLT |
|---|---|---|
| Moins de deux ans | Totalité de la plus-value | Aucune |
| Au moins deux ans (élément amortissable) | Amortissements fiscalement concernés, dans la limite du gain | Éventuel surplus du gain |
En clair : pour un élément amortissable détenu au moins deux ans, la PVCT est le plus petit montant entre le gain et les amortissements fiscalement concernés ; l'éventuel surplus est une PVLT. Le terrain non amortissable est traité séparément. Si le bien cédé comporte un stock d'amortissements non déduits sous l'article 39 C, ce stock corrige la valeur nette fiscale et ne doit pas être déduit une seconde fois : voir la rubrique 14.
Que se passe-t-il si le bien est vendu à perte ?
Si le prix de cession fiscalement retenu est inférieur à la valeur nette fiscale, l'élément dégage une moins-value. Sur un élément amortissable, elle est à court terme quelle que soit la durée de détention. Ses règles d'imputation sont détaillées en rubrique 15.
3. Revente en moins de deux ans : une plus-value à court terme
L'article 39 duodecies du CGI fixe la règle : lorsque l'élément cédé est détenu depuis moins de deux ans, la plus-value est à court terme. Il n'y a alors pas de fraction à long terme pour cet élément, ni d'abattement de l'article 151 septies B, qui ne réduit que la PVLT.
Exemple chiffré — revente après 18 mois
Valeur d'origine immobilisée de 300 000 €, 25 000 € d'amortissements, cession à 340 000 € après 18 mois. Statut LMP de l'année de vente supposé établi. Hypothèse : tous les amortissements indiqués ont été fiscalement déduits, aucun stock 39 C ni régime particulier n'est à corriger et la ventilation des éléments a été effectuée.
- Valeur nette fiscale = 300 000 − 25 000 = 275 000 €
- Gain fiscal = 340 000 − 275 000 = 65 000 €
- Détention de moins de deux ans → PVCT = 65 000 €, pas de PVLT
- Impôt et cotisations : à calculer selon le foyer et la situation sociale (voir les rubriques 4 et 13)
À titre de comparaison, avec les mêmes montants et une détention d'au moins deux ans, la PVCT serait limitée aux 25 000 € d'amortissements et les 40 000 € restants constitueraient une PVLT, imposée séparément.
Point de vigilance
La fraction à long terme suppose une détention d'au moins deux ans pour l'élément concerné. Avant d'avancer ou de différer une vente, comparez l'ensemble de ses conséquences : qualification, exonérations éventuelles, traitement social et poursuite ou cessation de l'activité.
4. Imposition de la PVCT : barème de l'IR et traitement social distinct
La PVCT taxable est intégrée au résultat professionnel soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu. Elle ne bénéficie ni d'un taux forfaitaire ni de l'abattement pour durée de l'article 151 septies B, réservé à la PVLT. Une exonération peut en réduire la part imposable, et un étalement valable peut répartir cette part entre plusieurs périodes.
Des calculs à mener séparément
| Composante | Règle | Ce qu'il faut connaître |
|---|---|---|
| IR sur la PVCT taxable | Barème progressif (tranches de 0 % à 45 %) | L'IR du foyer avec et sans la PVCT : tranches traversées, quotient familial, autres revenus |
| Cotisations et contributions d'activité sur la PVCT | Règles sociales des revenus d'activité | L'affiliation, l'assiette sociale de l'année et les barèmes applicables (voir la rubrique 13) |
| PVLT taxable (fraction distincte) | Ordinairement 12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux depuis les revenus 2025 (résident fiscal français, avant les éventuelles contributions sur les hauts revenus) | Les réductions applicables à chaque base ; la PVLT professionnelle est exclue de l'assiette des cotisations d'activité |
En clair : ni la TMI ni un pourcentage forfaitaire ne suffisent à chiffrer le coût de la PVCT (voir les rubriques 12 et 13). Les exonérations de plus-value LMP peuvent réduire l'IR sous conditions, mais leur effet sur le coût social doit être examiné à part.
Pas d'abattement pour durée de détention
Contrairement à la plus-value immobilière privée LMNP, la PVCT ne bénéficie d'aucun abattement lié à la durée de détention. L'abattement de l'article 151 septies B, fondé sur les années admissibles d'affectation du bien, ne réduit pas la PVCT, qui peut relever d'un autre dispositif, notamment l'article 151 septies sous ses conditions.
5. Étalement de la PVCT sur trois ans : dans quelles conditions ? (art. 39 quaterdecies)
L'article 39 quaterdecies du CGI permet, sur option, de répartir la plus-value nette à court terme taxable par tiers entre l'année de réalisation et les deux années suivantes. Le calcul porte sur la plus-value nette après les compensations applicables. L'option et son échéancier doivent être suivis dans la déclaration professionnelle ; au réel simplifié, les fractions étalées sont suivies notamment par les retraitements de la 2033-B.
Mécanique de l'étalement
- Année N (année de réalisation) : un tiers de la PVCT nette taxable est compris dans le résultat
- Année N+1 : un deuxième tiers
- Année N+2 : le dernier tiers
Vente en cours d'exploitation ou cessation
Cette faculté suppose de distinguer une vente en cours d'exploitation d'une cessation. La PVCT réalisée pendant l'exercice de cessation ne bénéficie normalement pas de l'étalement ordinaire. Une cessation ultérieure rend imposables les fractions restant à reprendre, sous réserve des exceptions légales de continuité. La vente du dernier bien impose donc de qualifier la fin effective de l'activité avant d'annoncer trois années d'étalement.
Étalement et revenu social
Au régime réel, pour les revenus d'activité depuis 2025, la lecture combinée des textes sociaux et des formulaires officiels soutient la prise en compte des fractions annuelles d'une PVCT taxable régulièrement étalée : la formule du revenu brut social conserve les réintégrations des fractions antérieures et la déduction de la fraction reportée de l'année. Il n'est donc pas exact d'affirmer, de façon générale, que toutes les cotisations portent sur la totalité de cette PVCT dès l'année de vente.
Exemple : une PVCT de 60 000 € étalée
Une PVCT nette taxable de 60 000 €, sans exonération, régulièrement étalée pendant une activité poursuivie au réel avec une affiliation inchangée sur les trois périodes, contribue à hauteur de 20 000 € au résultat fiscal et au revenu brut social de chacune des trois années, avant les autres règles annuelles. Cela ne garantit ni trois factures Urssaf identiques ni une économie d'IR déterminée à l'avance.
Une PVCT exonérée fiscalement fait l'objet d'une réintégration sociale : l'exemple précédent ne permet pas d'étaler automatiquement sa partie exonérée. La cessation, les changements de statut ou d'affiliation et les opérations d'apport doivent aussi être traités séparément.
Cette conclusion sur les fractions sociales résulte de l'articulation des textes et des instructions déclaratives 2026 ; elle ne repose pas sur une réponse Urssaf individuelle propre à une vente LMP. Elle ne démontre pas non plus qu'une règle opposée aurait nécessairement existé avant 2025.
Effet tunnel : ce qu'il faut réellement mesurer
Une PVCT importante peut faire passer une partie du revenu du foyer dans des tranches supérieures du barème. Chaque tranche conserve son propre taux : le franchissement d'un seuil ne soumet pas tous les revenus au taux supérieur. L'économie d'un étalement dépend des revenus du foyer pour chaque année concernée et ne peut pas être annoncée à l'avance comme un montant fixe (voir la rubrique 12).
Étalement et exonération 151 septies : deux mécanismes à articuler
L'étalement ne concerne que la PVCT nette taxable. La partie exonérée par l'article 151 septies n'est pas imposable à l'IR, et sa réintégration sociale ne s'étale pas automatiquement. En cas d'exonération partielle (recettes de référence au-dessus de 90 000 € et en dessous de 126 000 €), ou lorsque les conditions de l'exonération ne sont pas remplies, l'étalement peut porter sur la part taxable si l'option est valable et si l'activité se poursuit.
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6. Quatre dispositifs : champs, cumuls et ordre d'application
Quatre dispositifs sont à examiner lors d'une cession professionnelle. L'article 151 septies peut exonérer selon les recettes et la durée d'activité ; l'article 151 septies B prévoit un abattement sur la PVLT immobilière admissible. Les articles 151 septies A et 238 quindecies répondent à d'autres situations de transmission et excluent les plus-values sur les murs détenus directement.
Quelles exonérations peuvent se cumuler ?
Les articles 151 septies et 238 quindecies sont exclusifs : il faut choisir entre eux lorsqu'une opération entre dans leurs champs. En revanche, l'abattement de l'article 151 septies B peut se combiner avec l'article 151 septies, y compris lorsque l'exonération selon les recettes est partielle. L'administration recommande l'ordre suivant : B, puis A si les éléments concernés sont éligibles, puis 151 septies ou 238 quindecies. Le cumul ne supprime jamais l'exclusion immobilière propre à A ou à 238 quindecies.
| Dispositif | Vente directe des murs | IR sur PVCT | IR et prélèvements sociaux sur PVLT |
|---|---|---|---|
| 151 septies | Possible sous conditions | Exonération totale ou partielle | Exonération totale ou partielle |
| 151 septies B | Immobilier éligible, hors exclusions | Aucun abattement de PVCT | Même abattement de durée sur les deux bases |
| 151 septies A | Murs exclus | Exonération possible sur d'autres éléments éligibles | IR exonérable sur éléments éligibles ; prélèvements sociaux non supprimés par A seul |
| 238 quindecies | Murs exclus | Exonération possible sur d'autres éléments éligibles | Exonération possible sur d'autres éléments éligibles |
Ce tableau ne constitue pas un calcul de cotisations : la PVCT exonérée fiscalement doit être retraitée pour déterminer le revenu social (voir la rubrique 13).
Pour la vente directe d'un logement, ce sont donc l'article 151 septies, sous ses conditions, et l'abattement B pour la PVLT éligible qu'il faut examiner.
7. Art. 151 septies : exonération selon les recettes (90 000 € inclus / 126 000 €)
Pour la vente directe d'un logement, c'est le seul des quatre dispositifs qui peut exonérer la PVCT portant sur les murs. Selon l'étendue de l'exonération, il peut réduire ou supprimer l'IR sur la PVCT et l'IR ainsi que les prélèvements sociaux sur la PVLT. Il suppose notamment les conditions suivantes :
Les conditions principales
Au moins cinq années d'activité professionnelle admissible
Pour un loueur en meublé, les périodes d'exercice en LMP se cumulent, même lorsqu'elles ne sont pas consécutives. Les périodes LMNP ne comptent pas, mais une simple alternance LMNP/LMP ne remet pas automatiquement le compteur à zéro et ne constitue pas, à elle seule, une cessation d'activité.
Jusqu'à 90 000 € HT inclus pour l'exonération totale
La location meublée ordinaire relève des seuils de 90 000 € et 126 000 €. L'exonération est partielle au-dessus de 90 000 € et en dessous de 126 000 €. Le mode de calcul des recettes est détaillé ci-dessous.
Le point de départ de la durée n'est ni la seule date d'achat du logement ni, automatiquement, une formalité INPI ou une ancienne inscription au RCS. Il faut établir les périodes pendant lesquelles les conditions fiscales du LMP étaient effectivement réunies. Une véritable cessation, un changement d'exploitant, un apport en société ou la situation de plusieurs associés doivent être examinés séparément.
Deux compteurs à ne pas confondre
Deux compteurs sont à reconstituer : la durée professionnelle de l'activité pour l'article 151 septies, et la durée admissible d'affectation du bien vendu pour l'article 151 septies B. Dix années d'activité avec un logement acquis il y a trois ans ne donnent pas dix années d'abattement B sur ce logement.
Recettes de référence et fraction exonérée
| Recettes de référence (HT) | Fraction exonérée |
|---|---|
| Jusqu'à 90 000 € inclus | 100 % |
| Plus de 90 000 € et moins de 126 000 € | (126 000 − recettes) / 36 000 |
| À partir de 126 000 € | 0 % |
Les recettes sont appréciées selon la moyenne des exercices clos pendant les deux années civiles précédant la clôture de l'exercice de réalisation de la plus-value, avec annualisation lorsque nécessaire. Pour des exercices calendaires et une vente en 2026, il s'agit habituellement de 2024 et 2025. Baisser les loyers pendant l'année de vente ne modifie donc pas directement cette moyenne antérieure.
Les recettes de référence ne sont pas nécessairement celles du seul logement vendu. Les règles de globalisation de l'article 151 septies, IV, doivent être appliquées en présence de plusieurs activités ou participations. Lorsque la société réalise elle-même la plus-value, le seuil s'apprécie en principe à son niveau. Ce calcul est distinct du test annuel du foyer pour le statut LMP.
Meublé de tourisme classé : quels seuils retenir ?
Le classement touristique ne suffit pas à ouvrir les seuils de 250 000 € et 350 000 € de l'article 151 septies. La location meublée ordinaire relève des seuils de 90 000 € et 126 000 €, même si le logement est classé.
Les seuils de la fourniture de logement peuvent concerner une activité réellement qualifiée de para-hôtelière au regard des prestations proposées et des conditions légales. Il faut vérifier cette qualification avant de retenir l'exonération totale jusqu'à 250 000 € inclus ou l'exonération partielle au-delà de 250 000 € et en dessous de 350 000 €. Le seul classement en étoiles ne tranche pas cette question.
Exonération fiscale ne veut pas dire absence de coût social
Cette exonération n'efface pas la réintégration sociale de la PVCT exonérée : les cotisations sociales se calculent séparément (voir la rubrique 13). Les exclusions propres aux actifs cédés restent également à vérifier.
8. Art. 151 septies A : départ à la retraite (immeubles détenus directement exclus)
L'article 151 septies A peut exonérer d'IR les plus-values éligibles d'une transmission professionnelle à titre onéreux à l'occasion du départ en retraite. Il exige notamment :
- au moins cinq années d'activité ;
- une transmission répondant aux conditions légales ;
- la cessation des fonctions et la liquidation de la retraite dans les deux années précédant ou suivant la cession ;
- le respect des conditions de contrôle du cessionnaire.
Les murs détenus directement sont exclus
Le III de l'article 151 septies A exclut les plus-values sur les immeubles détenus directement. Pour un LMP qui vend un logement, le départ en retraite n'exonère donc ni la PVCT ni la PVLT portant sur les murs au titre de A. Les articles 151 septies et 151 septies B peuvent éventuellement s'appliquer selon leurs propres conditions.
L'exonération A peut concerner d'autres éléments éligibles ou certaines cessions de droits sociaux, après analyse de leur régime. Une vente de titres, notamment de parts de SARL de famille, et une vente directe d'immeuble ne sont pas équivalentes. Sources : article 151 septies A du CGI ; BOI-BIC-PVMV-40-20-20.
A ne supprime pas, à lui seul, les prélèvements sociaux sur une PVLT qu'il exonère d'IR, ni les retraitements sociaux de la PVCT. Pour les éléments qu'il peut concerner, il s'articule avec les articles 151 septies B et 151 septies selon l'ordre rappelé en rubrique 6, sans jamais permettre d'exonérer les murs.
9. Art. 151 septies B : un abattement sur la PVLT immobilière éligible
L'article 151 septies B du CGI prévoit un abattement de 10 % par année admissible au-delà de la cinquième. Il réduit la base de l'impôt sur le revenu et celle des prélèvements sociaux sur la PVLT concernée. Après quinze années admissibles révolues, cette PVLT est entièrement exonérée. Cet abattement ne réduit pas la PVCT.
Selon la doctrine administrative publiée, au régime réel, le compteur part en principe de l'inscription du bien à l'actif si celui-ci est alors affecté à une exploitation LMP ; si cette affectation est postérieure, c'est cette dernière date qui compte. Au micro-BIC sans bilan, la date d'affectation à l'exploitation sert de départ. Les périodes LMNP, de placement ou d'usage privé sont exclues. Les périodes admissibles successives se cumulent pour la même activité, sous réserve des règles de cessation ou de changement d'activité. Une affectation mixte impose de déterminer la fraction éligible. Les terrains à bâtir sont exclus.
Mécanique de l'abattement
| Années admissibles révolues | Abattement | Base restant soumise à l'IR et aux prélèvements sociaux |
|---|---|---|
| Jusqu'à 5 ans inclus | 0 % | 100 % |
| 6 ans | 10 % | 90 % |
| 7 ans | 20 % | 80 % |
| 8 ans | 30 % | 70 % |
| 9 ans | 40 % | 60 % |
| 10 ans | 50 % | 50 % |
| 11 ans | 60 % | 40 % |
| 12 ans | 70 % | 30 % |
| 13 ans | 80 % | 20 % |
| 14 ans | 90 % | 10 % |
| 15 ans et plus | 100 % | 0 % |
Exemple : pour 100 000 € de PVLT immobilière et dix années admissibles, la base est de 50 000 €. Dans la situation ordinaire, l'IR est de 6 400 € et les prélèvements sociaux de 9 300 €, soit 15 700 €. Après quinze années admissibles, ces deux montants sont nuls. La PVCT doit toujours être traitée séparément, avec ses éventuelles exonérations.
Attention — PVLT uniquement, pas la PVCT
L'abattement 151 septies B s'applique uniquement à la PVLT immobilière éligible. L'abattement B ne réduit pas la PVCT, qui peut relever d'un autre dispositif, notamment l'article 151 septies. Les années d'activité du loueur et celles d'affectation de l'immeuble ne sont pas interchangeables.
Selon l'ordre recommandé par l'administration, l'abattement B s'applique en premier ; il peut se combiner avec l'article 151 septies, y compris en exonération partielle. Avec des recettes de référence d'au moins 126 000 €, l'article 151 septies ne s'applique pas sur le fondement de ces seuils : B reste alors à examiner pour la PVLT éligible. Sources : article 151 septies B du CGI ; BOI-BIC-PVMV-20-40-30.
10. Art. 238 quindecies : transmission d'entreprise, murs exclus
L'article 238 quindecies du CGI vise, sous conditions, la transmission d'une entreprise, d'une branche complète d'activité ou de droits assimilés. Pour une transmission d'entreprise ou de branche complète, la valeur de référence comprend le prix ou la valeur des éléments transmis, ainsi que les charges en capital et indemnités prévues au profit du cédant. Les actifs immobiliers exclus ne sont pas retenus pour ce seuil ; les stocks et créances participent à la valorisation. Les transmissions de parts suivent leurs règles propres. Pour les opérations relevant des seuils ordinaires :
| Valeur retenue | Exonération (seuils ordinaires) |
|---|---|
| Jusqu'à 500 000 € inclus | Totale |
| Plus de 500 000 € et moins de 1 000 000 € | Partielle : (1 000 000 − valeur retenue) / 500 000 |
| À partir de 1 000 000 € | Aucune |
Les seuils ordinaires de 500 000 € et 1 000 000 € proviennent de la loi de finances pour 2022, avec application à l'IR dû au titre de 2021 et des années suivantes. Les seuils agricoles spécifiques ne constituent pas des seuils généraux applicables au LMP.
La valeur d'un appartement ne suffit pas : les murs restent exclus
Les plus-values sur les biens immobiliers sont exclues par le V de l'article 238 quindecies. Cette exclusion subsiste lorsque les murs sont compris dans la transmission complète d'une activité. Vendre un appartement 220 000 € n'ouvre donc pas une exonération de sa plus-value par ce seul dispositif. Certaines transmissions de titres ont leurs propres règles et ne se confondent pas avec une vente directe de murs. Ce dispositif est exclusif de l'article 151 septies ; pour les éléments éligibles, il s'articule avec B et A selon l'ordre rappelé en rubrique 6. Sources : article 238 quindecies du CGI ; BOI-BIC-PVMV-40-20-50.
11. Exemple chiffré : calcul de la PVCT et traitements possibles
Prenons un cas concret pour illustrer le calcul de la PVCT, puis les traitements possibles de cette PVCT selon le régime effectivement applicable.
Données de départ
Hypothèse : tous les amortissements indiqués ont été fiscalement déduits, aucun stock 39 C ni régime particulier n'est à corriger et la ventilation des éléments a été effectuée.
Calcul de la plus-value
| Étape | Calcul | Résultat |
|---|---|---|
| Valeur nette fiscale | 250 000 € − 80 000 € | 170 000 € |
| Gain fiscal de cession | 350 000 € − 170 000 € | 180 000 € |
| PVCT | Plus petit montant entre le gain (180 000 €) et les amortissements déduits (80 000 €) | 80 000 € |
| PVLT (surplus) | 180 000 € − 80 000 € | 100 000 € |
La PVLT de 100 000 € est imposée séparément : dans la situation ordinaire, 12,8 % d'IR et 18,6 % de prélèvements sociaux sur la base restant taxable après les réductions applicables, notamment l'abattement de l'article 151 septies B si le bien en remplit les conditions (voir la rubrique 9 et le guide de la plus-value à long terme).
Exemple : une PVCT de 80 000 €
Le calcul de la cession, supposé fiscalement vérifié, aboutit à une PVCT de 80 000 €. Les conséquences dépendent du régime effectivement applicable :
| Situation | Traitement de la PVCT pour l'IR | Point social à traiter |
|---|---|---|
| Aucune exonération, aucune option d'étalement | Intégration de 80 000 € au résultat de l'année | Assiette et cotisations selon les règles de l'indépendant |
| Étalement ordinaire valable, activité poursuivie | Un tiers par année sur N, N+1 et N+2 | Fractions annuelles selon la lecture des textes et formulaires détaillée dans la rubrique Étalement |
| Exonération totale sous 151 septies | IR nul sur cette PVCT | Réintégration sociale de la PVCT exonérée ; montant de cotisations à calculer |
12. Exemples et limites du calcul
Les exemples de ce guide isolent une fraction de la plus-value. Ils ne permettent pas, à eux seuls, de chiffrer le coût complet d'une vente pour un foyer donné.
Pourquoi la TMI seule ne permet pas de chiffrer le coût
La seule TMI de 11 %, 30 %, 41 % ou 45 % ne permet pas de calculer l'impôt supplémentaire : les tranches traversées, le quotient familial et les autres éléments du foyer sont nécessaires. De même, un taux forfaitaire de 30 % ne permet pas de calculer les cotisations. Deux contribuables ayant une TMI différente peuvent aussi avoir des assiettes et cotisations différentes.
Pour mesurer l'impôt supplémentaire, il faut comparer l'IR du foyer avec et sans la PVCT, et refaire cette comparaison pour chaque année concernée en cas d'étalement.
Des hypothèses à établir avant tout chiffrage
Pour le scénario d'exonération, les recettes doivent être celles de l'ensemble de l'activité pertinente et les conditions LMP de l'année de vente doivent être établies. Une recette isolée de 15 000 € sur un logement ne démontre pas à elle seule le statut professionnel du foyer.
13. Exonération fiscale et cotisations : deux calculs distincts
L'exonération fiscale d'une PVCT ne suffit pas à supprimer les cotisations et contributions d'activité. Les plus-values à court terme exonérées doivent faire l'objet des retraitements prévus pour déterminer le revenu social de l'indépendant.
Que signifie « réintégrer socialement » ?
« Réintégrer socialement » une PVCT exonérée signifie la rajouter au revenu servant de départ au calcul social lorsque les textes le prévoient. Cela ne signifie ni payer cette somme à l'Urssaf ni lui appliquer un taux forfaitaire de 30 %.
Pour un loueur au régime réel relevant de l'assiette sociale des travailleurs indépendants, les revenus d'activité de 2025 et suivants suivent les règles réformées : le revenu brut social fait notamment l'objet d'un abattement de 26 %, dont le montant comporte un plancher et un plafond. L'Urssaf applique cet abattement ; il ne faut pas le soustraire une seconde fois dans la déclaration. Le micro-fiscal, le micro-social et les autres affiliations suivent leurs règles propres. Les cotisations dépendent ensuite de la situation de l'assuré et des barèmes applicables.
Un calcul « PVCT × 30 % » n'est donc pas une simulation individuelle. De même, additionner la TMI et 30 % ne donne pas un taux global fiable. Il faut connaître les autres revenus professionnels, la situation sociale, les plafonds et les régularisations.
Ce que financent les cotisations sociales de l'indépendant
- Maladie-maternité : couverture santé
- Retraite de base et complémentaire (RCI) : validation de trimestres
- Allocations familiales
- Invalidité-décès
Exonération d'IR et revenu social : l'exemple des 80 000 €
Avec une exonération totale éligible à l'article 151 septies, l'IR sur les 80 000 € de PVCT est nul. Ces 80 000 € de PVCT exonérée restent toutefois à retraiter dans le calcul du revenu social. Le montant des cotisations ne peut pas être déduit de ces seules données.
Anticiper la trésorerie
Le calendrier des appels Urssaf doit être distingué de l'année de prise en compte du revenu. Le montant à provisionner se déduit d'une simulation fondée sur l'assiette sociale et la situation de l'assuré, pas d'un pourcentage fixe de la PVCT.
Le simulateur de plus-value LMP repose sur des hypothèses à vérifier avant toute décision.
14. Amortissements non déduits (39 C) et passage LMNP → LMP
Amortissements comptabilisés, déduits et non déduits
Les amortissements encore non déduits sous l'article 39 C ne doivent pas être assimilés à des déductions déjà obtenues. Pour calculer la plus-value fiscale, le stock 39 C du bien cédé qui n'a pas encore été déduit est ajouté à sa valeur nette comptable. Cette correction réduit le gain fiscal par rapport au gain comptable ; le même stock ne doit pas être déduit une seconde fois ni conservé comme report après la sortie de ce bien. Les amortissements définitivement exclus sous certains régimes, notamment l'article 39 G lié au Censi-Bouvard, doivent faire l'objet d'une analyse distincte.
Passage LMNP → LMP : ce n'est pas une cessation d'activité
Le statut LMP résulte des conditions de l'article 155, IV du CGI, appréciées au niveau du foyer (voir la rubrique 16). Une simple alternance LMNP/LMP ne constitue pas une cessation : elle doit être distinguée d'un retrait du bien de l'actif ou d'un arrêt réel de l'activité. L'historique comptable et fiscal reste nécessaire : il faut distinguer amortissements déduits, stock 39 C non déduit et exclusions particulières. Les amortissements fiscalement déduits pendant les années LMNP font partie de l'historique à prendre en compte lors d'une cession relevant du régime professionnel ; au micro-BIC, les amortissements réputés pratiqués doivent également être examinés. Tous les amortissements comptabilisés ne deviennent donc pas automatiquement une PVCT.
Exemple — investisseur qui bascule LMNP → LMP
Bien acquis 250 000 € en 2015. Amortissements LMNP 2015-2022 : 50 000 €. Passage LMP en 2023 (recettes de location meublée du foyer supérieures à 23 000 € et aux autres revenus retenus par la loi). Amortissements LMP 2023-2025 : 15 000 €. Vente en 2026 à 320 000 €. Statut LMP du foyer supposé établi pour 2026, année de la vente. Hypothèse : tous les amortissements indiqués ont été fiscalement déduits, aucun stock 39 C ni régime particulier n'est à corriger et la ventilation des éléments a été effectuée.
- Valeur nette fiscale = 250 000 − 65 000 = 185 000 €
- Gain fiscal = 320 000 − 185 000 = 135 000 €
- PVCT = 65 000 € (50 000 € LMNP + 15 000 € LMP) : les 65 000 € interviennent ici parce qu'ils sont supposés intégralement déduits ; le résultat serait différent en présence d'un stock non déduit
- PVLT = 135 000 − 65 000 = 70 000 €
Sans période LMP antérieure admissible, cinq années ne sont pas acquises en 2026 pour l'article 151 septies ; elles le seront au plus tôt à la date anniversaire de 2028, sous réserve de la continuité et des autres conditions. Pour l'abattement B, les années LMNP 2015 à 2022 sont exclues : seules les années d'affectation admissible du logement à l'exploitation LMP comptent.
15. Vente à perte : moins-values professionnelles
En régime professionnel, la moins-value sur un élément amortissable est à court terme, quelle que soit la durée de détention. Pour un élément non amortissable, comme un terrain, la durée détermine la qualification : court terme avant deux ans, long terme à partir de deux ans. La ventilation entre les éléments doit être justifiée ; une clé terrain de 20 % n'est pas une règle générale.
| Critère | Moins-value professionnelle LMP | Moins-value immobilière privée LMNP |
|---|---|---|
| Qualification | Court terme pour un élément amortissable ; pour un terrain, court terme avant deux ans et long terme à partir de deux ans | Moins-value des particuliers |
| Moins-value nette à court terme | Entre dans le résultat professionnel ; si elle contribue à un déficit LMP imputable sur le revenu global, le reliquat suit les règles de report du déficit global (article 156, I du CGI) | En principe ni déductible ni reportable sur les ventes futures ; exceptions limitées, notamment pour certaines ventes en bloc d'immeubles acquis par fractions |
| Moins-value nette à long terme | Suit ses propres règles, notamment l'imputation sur les plus-values nettes à long terme des dix exercices suivants |
Ces mécanismes ne sont pas interchangeables : la qualification de chaque élément commande son imputation. Côté LMNP, le régime des moins-values immobilières privées ne doit pas être confondu avec celui des moins-values sur titres financiers.
16. Donation, apport et calendrier de vente : points de vigilance
Donation avant vente : pas de purge automatique
La donation d'un actif professionnel ne purge pas automatiquement sa plus-value. Pour la transmission à titre gratuit d'une entreprise individuelle, l'article 41 peut permettre un report d'imposition sous conditions et sur option. Les plus-values encore en report peuvent être définitivement exonérées lorsque l'activité est poursuivie pendant au moins cinq ans après la transmission. Conserver matériellement un logement cinq ans ne remplace pas cette condition de poursuite de l'activité.
Une cession ou une cessation antérieure peut mettre fin au report selon les règles du texte. La donation isolée d'un logement parmi plusieurs actifs ne bénéficie donc pas automatiquement du régime de transmission de l'entreprise. Il faut examiner le périmètre transmis, les engagements, les autres exonérations éventuelles et les droits de donation avant de conclure.
Donations, apports et démembrements : vérifier l'opération complète
Une donation, un apport, une vente de titres et la vente directe d'un logement n'obéissent pas aux mêmes règles. Il faut identifier les personnes concernées, les actifs transmis, le régime fiscal et les conditions de continuité applicables.
Un délai d'attente, même de douze ou vingt-quatre mois, ne garantit pas l'absence d'abus de droit. Les faits, les actes et les flux doivent être cohérents avec l'opération annoncée. Les sanctions dépendent du fondement retenu et de la situation ; une majoration de 80 % n'est pas automatique dans toute opération requalifiée.
Apport à société (art. 151 octies)
L'article 151 octies du CGI prévoit, sous conditions et sur option, un régime applicable à certains apports d'une entreprise individuelle à une société. Points clés :
- Éléments non amortissables (terrain) : leurs plus-values peuvent être placées en report
- Éléments amortissables : leurs plus-values suivent un mécanisme propre dans la société bénéficiaire
- Option à exercer conjointement par l'apporteur et la société dans l'acte d'apport
Ce régime est distinct : le report des éléments non amortissables et le traitement des éléments amortissables ne se confondent pas avec l'étalement ordinaire sur trois ans de l'article 39 quaterdecies. Le contribuable, la société bénéficiaire et la nature des actifs doivent être identifiés avant de déterminer l'impôt et les conséquences sociales. Ce guide ne permet pas de promettre un report des cotisations ni, à l'inverse, leur taxation intégrale immédiate dans tous les cas d'apport.
Vérifier le statut fiscal de l'année de vente
Le statut LMP est déterminé au niveau du foyer fiscal : les recettes annuelles de location meublée, retenues toutes taxes et charges comprises selon les règles applicables, doivent dépasser 23 000 € et les autres revenus du foyer compris dans les catégories prévues par la loi. Ce second test inclut les salaires et pensions, les BIC autres que ceux de la location meublée même non professionnels, les bénéfices agricoles, les bénéfices non commerciaux et les rémunérations de l'article 62 du CGI. Ces revenus de comparaison sont retenus nets des charges ou abattements applicables, selon les règles du BOFiP ; il ne faut donc pas comparer les loyers aux salaires ou pensions bruts, ni au revenu fiscal de référence. Une égalité ne remplit pas une condition formulée « dépasser ».
Le statut ne résulte pas d'une simple option choisie avant la vente. Le statut applicable à l'année de cession commande le régime de plus-value. Lorsqu'il n'est pas encore connu, le traitement provisoire fondé sur l'année précédente doit être régularisé selon la situation effective de l'année de vente.
Pour les non-résidents, à compter des revenus 2026, la prépondérance s'apprécie au regard des revenus nets des catégories prévues par la loi effectivement imposés dans leur État de résidence, selon les règles du CGI et du BOFiP. Les revenus exonérés dans cet État par une disposition particulière ne sont pas retenus. Cette réforme peut changer le statut applicable à la vente.
Cession partielle et calendrier des ventes
Fractionner ou avancer des ventes ne garantit pas une exonération : les recettes de référence de l'article 151 septies portent normalement sur des années antérieures, et les conditions doivent être vérifiées pour chaque opération. Quinze ans depuis l'achat ne prouvent pas quinze années admissibles à l'abattement B.
Cesser l'activité puis vendre en particulier : pas d'effacement du gain
Une cessation réelle ou un retrait du logement de l'actif peut déclencher une plus-value professionnelle avant la vente ultérieure. L'opération ne permet donc pas, à elle seule, d'effacer le gain acquis pendant la période professionnelle. Cette plus-value n'est pas nécessairement tout entière à court terme : la qualification suit les règles de durée et d'amortissements rappelées en rubrique 2. Une simple alternance annuelle LMNP/LMP doit être distinguée de ces opérations.
17. Différences entre plus-value professionnelle LMP et plus-value immobilière privée LMNP
La plus-value en LMNP et la plus-value professionnelle en LMP relèvent de régimes différents. Il faut comparer l'ensemble de la cession, et pas opposer la seule PVCT à toute la plus-value LMNP. Le tableau suivant synthétise les écarts clés.
| Point comparé | Plus-value immobilière privée LMNP | Plus-value professionnelle LMP |
|---|---|---|
| IR ordinaire, avant réductions | 19 % | Barème pour la PVCT ; 12,8 % pour la PVLT |
| Traitement social ordinaire | Prélèvements sociaux de 17,2 % | PVCT : règles des revenus d'activité ; PVLT taxable : prélèvements sociaux de 18,6 % depuis les revenus 2025 |
| Durée de détention | Abattements pouvant aboutir à l'exonération d'IR à 22 ans et des prélèvements sociaux à 30 ans | B : abattement sur la seule PVLT immobilière admissible, total à quinze années admissibles |
| Autres exonérations | Plusieurs exonérations légales peuvent exister avant 22 ans selon le cas | Notamment 151 septies, sous conditions d'activité, de recettes et d'actifs |
| Amortissements | Minoration du prix d'acquisition prévue par 150 VB, III, avec ses exceptions | Valeur nette fiscale et qualification CT/LT à vérifier ; attention au stock 39 C |
| Moins-value immobilière | En principe non imputable, sous exceptions légales | Qualification CT/LT et imputation selon la nature de chaque élément |
En clair : il n'existe pas de régime toujours plus avantageux. Il faut comparer la base de plus-value, les amortissements, l'historique professionnel, les abattements, les exonérations et le traitement social. Les seuils du statut LMP, les recettes de référence de l'article 151 septies et le prix de vente répondent à trois calculs différents. La PVCT professionnelle suit les règles sociales des revenus d'activité. Elle doit être distinguée des prélèvements sur la plus-value immobilière privée LMNP et de ceux applicables aux revenus locatifs non soumis aux cotisations : ces catégories n'ont pas nécessairement le même taux. Pour approfondir la comparaison entre les deux statuts, consultez notre guide LMP vs LMNP.
Réforme de 2025 : une règle propre à la plus-value privée LMNP
La loi de finances pour 2025 a modifié le calcul de certaines plus-values immobilières privées LMNP en minorant le prix d'acquisition des amortissements admis en déduction, avec des exceptions légales. Cette règle relève de l'article 150 VB, III du CGI. En LMP, le calcul demeure celui des plus-values professionnelles : il ne faut pas ajouter une seconde réintégration à une valeur nette fiscale qui tient déjà compte des amortissements concernés. Cette différence ne suffit pas à déterminer quel régime sera le moins coûteux dans un cas individuel.
Récapitulatif : la PVCT en LMP en 5 points
- 1. La PVCT est la fraction à court terme de la plus-value fiscale : pour un élément amortissable détenu au moins deux ans, elle correspond aux amortissements fiscalement concernés, dans la limite du gain ; avant deux ans, la plus-value est à court terme.
- 2. Elle entre dans le résultat soumis au barème de l'IR ; son traitement social suit les règles des revenus d'activité et se calcule séparément, sans forfait de 30 %.
- 3. Pas d'abattement pour durée sur la PVCT : l'abattement de l'article 151 septies B, fondé sur les années admissibles d'affectation du bien, ne réduit que la PVLT immobilière éligible. L'étalement sur trois ans (art. 39 quaterdecies) suppose une option valable et la poursuite de l'activité ; il n'est normalement pas ouvert pendant l'exercice de cessation.
- 4. Exonération d'IR possible (art. 151 septies) avec au moins cinq années professionnelles admissibles : totale jusqu'à 90 000 € HT de recettes de référence inclus, partielle strictement au-dessus de 90 000 € et en dessous de 126 000 €, nulle à partir de 126 000 €. La PVCT exonérée reste à retraiter socialement.
- 5. Avant de vendre, vérifier : le statut fiscal de l'année de cession ; les valeurs fiscales et le stock 39 C de chaque actif ; les années professionnelles admissibles ; les recettes de référence de septies ; la durée d'affectation propre à B ; l'exclusion des murs sous A et 238 quindecies ; le traitement social distinct de la PVCT ; et l'existence éventuelle d'une cessation ou de fractions déjà étalées.
Pour aller plus loin
Voir aussi la réforme LMNP 2025-2026, qui concerne notamment la plus-value immobilière privée LMNP, et LMNP à la retraite.