Frais de notaire en LMNP : charge ou amortissement ? Guide complet 2026
Les frais de notaire en LMNP (location meublée non professionnelle) sont intégralement déductibles au régime réel. Selon LMNP.AI, le choix entre déduction en charge immédiate et amortissement sur 20-30 ans peut représenter plusieurs milliers d'euros d'écart fiscal sur la durée de détention — et la réforme des plus-values 2025 change la donne.
Ce guide détaille la composition des frais, le traitement comptable, les cas pratiques chiffrés et les erreurs à éviter. Mis à jour avec la loi de finances 2025 (réintégration des amortissements en plus-value) et les barèmes 2026.
Mis à jour le 18 mars 2026 · Temps de lecture : 20 min
Sommaire
- Que comprennent les frais de notaire en LMNP ?
- Quel est le montant des frais de notaire ? (ancien vs neuf vs VEFA)
- Les frais de notaire sont-ils déductibles en LMNP ?
- Charge ou amortissement : le choix décisif
- Réforme 2025 : pourquoi elle change la donne
- Cas pratiques chiffrés : 3 scénarios comparés
- Les 7 erreurs fréquentes sur les frais de notaire en LMNP
- Cas particuliers : VEFA, SCI, indivision, démembrement
- Astuces pour réduire vos frais de notaire
- Frais de notaire et régime micro-BIC
- Questions fréquentes (16 questions)
1. Que comprennent les frais de notaire en LMNP ?
Quand vous signez chez le notaire, vous payez une somme qui va bien au-delà de sa rémunération. Concrètement, sur 15 000 EUR de "frais de notaire", environ 12 000 EUR partent directement dans les caisses de l'État et du département — le notaire n'en garde qu'une petite partie.
L'appellation "frais de notaire" est donc trompeuse : la rémunération du notaire ne représente qu'environ 15 % du total. Le reste, ce sont des taxes reversées à l'État et aux collectivités. Voici la décomposition complète.
| Composante | Part dans l'ancien | Part dans le neuf | Base légale |
|---|---|---|---|
| Taxe départementale (DMTO) | 4,50 % | 0,715 % (TPF) | Art. 1594 D CGI |
| Taxe communale | 1,20 % | Incluse dans TPF | Art. 1584 CGI |
| Frais d'assiette et recouvrement | 0,107 % | — | Art. 1647 CGI |
| Contribution sécurité immobilière (CSI) | 0,10 % | 0,10 % | Art. 879 CGI |
| Émoluments du notaire | ~1 % (barème dégressif) | ~1 % | Décret n° 2016-230 |
| Débours (frais avancés) | ~400-800 EUR | ~400-800 EUR | — |
| Total estimé | 7 à 8 % | 2 à 3 % | — |
En clair : quand vous achetez un appartement ancien à 200 000 EUR, environ 11 600 EUR partent en taxes (DMTO + CSI), 2 000 EUR vont au notaire (émoluments), et 400-800 EUR couvrent les frais administratifs (débours). C'est la partie "taxes" qui explique la différence colossale entre ancien et neuf : dans le neuf, l'État ne prélève que 0,715 % au lieu de 5,80 %.
Les frais d'agence immobilière : un poste distinct
Si l'agence immobilière est rémunérée par l'acheteur (mention "honoraires charge acquéreur" dans l'annonce), ces frais font partie des frais d'acquisition au sens comptable. Ils suivent le même traitement que les frais de notaire : charge immédiate ou amortissement.
Si les frais d'agence sont à la charge du vendeur (cas le plus fréquent), ils ne figurent pas dans votre décompte notarié et ne sont pas déductibles de vos revenus BIC.
2. Quel est le montant des frais de notaire en LMNP ?
Le principe est simple : plus le bien est ancien, plus les taxes sont élevées. Pour un même appartement à 200 000 EUR, vous paierez environ 15 000 EUR de frais dans l'ancien contre seulement 5 000 EUR dans le neuf — soit 10 000 EUR d'écart. C'est l'équivalent d'un an de loyer sur un studio.
Le montant varie fortement selon que vous achetez dans l'ancien, dans le neuf ou en VEFA (Vente en l'État Futur d'Achèvement — c'est-à-dire un bien acheté sur plan, avant ou pendant sa construction). Voici une simulation pour trois prix d'achat courants.
| Prix d'achat | Ancien (~7,5 %) | Neuf / VEFA (~2,5 %) | Écart |
|---|---|---|---|
| 100 000 EUR | ~7 500 EUR | ~2 500 EUR | 5 000 EUR |
| 200 000 EUR | ~15 000 EUR | ~5 000 EUR | 10 000 EUR |
| 300 000 EUR | ~22 500 EUR | ~7 500 EUR | 15 000 EUR |
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Simulateur frais de notaire3. Les frais de notaire sont-ils déductibles en LMNP ?
Avant d'entrer dans le détail, un rappel utile. En LMNP, deux régimes fiscaux existent : le micro-BIC (un abattement forfaitaire de 50 % sur vos loyers, sans justificatif) et le régime réel (vous déduisez vos charges réelles une par une : intérêts, taxe foncière, assurance, amortissements, etc.). La déduction des frais de notaire n'est possible qu'au régime réel.
Concrètement, "déduire" signifie que ces frais viennent diminuer le montant de vos revenus locatifs imposables. Moins de revenus imposables = moins d'impôt à payer. Sur un bien ancien à 200 000 EUR, déduire 15 000 EUR de frais de notaire peut vous faire économiser entre 2 500 et 6 750 EUR d'impôt selon votre tranche marginale d'imposition (TMI — le taux d'impôt appliqué à votre dernier euro de revenu : 11 %, 30 %, 41 % ou 45 %).
Oui, intégralement, à condition d'être au régime réel. L'article 38 quinquies de l'annexe III du CGI prévoit explicitement que les frais d'acquisition (droits de mutation, honoraires, commissions, frais d'acte) peuvent être soit déduits en charges, soit incorporés au coût de l'immobilisation.
Ce n'est pas une tolérance administrative : c'est un droit prévu par la loi, confirmé par la doctrine BOFiP (BOI-BIC-CHG-20-20-10, paragraphes 130 à 170).
Conditions de déductibilité
- Régime réel obligatoire : micro-BIC = pas de déduction individuelle des frais
- Immatriculation LMNP concomitante : la date de début d'activité doit correspondre à la date d'acquisition. Si l'immatriculation est postérieure, les frais ne sont pas déductibles.
- Bien affecté à la location meublée : le bien doit être mis en location effective. La CAA de Marseille (11 juillet 2024, n° 22MA02210) a confirmé que les charges ne sont déductibles qu'au prorata de la durée effective de location.
4. Charge ou amortissement : le choix décisif
C'est la question centrale de ce guide. Imaginez que vous venez de payer 15 000 EUR de frais de notaire. Le fisc vous offre deux façons de les "récupérer" : soit tout déduire d'un coup la première année (la charge), soit les grignoter petit à petit sur 25-30 ans (l'amortissement). C'est un peu comme un remboursement : en une fois ou en mensualités — sauf qu'ici, c'est l'impôt qui diminue.
Les deux options sont légales — mais leurs conséquences fiscales diffèrent radicalement sur 10 à 30 ans.
| Critère | Charge immédiate | Amortissement |
|---|---|---|
| Déduction | 100 % en année 1 | Étalée sur 20-30 ans |
| Création de déficit | Oui, déficit BIC meublé | Non (art. 39 C : plafonnement) |
| Report du déficit / amortissement | 10 ans maximum | Sans limite de durée |
| Réintégration en plus-value (réforme 2025) | Non | Oui |
| Irrévocabilité | Oui (art. 38 quinquies) | Oui (art. 38 quinquies) |
| Simplicité comptable | Simple (une écriture) | Plus complexe (plan d'amortissement) |
| Idéal quand... | Bénéfice en année 1 ou revente < 22 ans | Déjà en déficit ou détention très longue |
En clair : la charge, c'est le gros impact immédiat mais avec une date de péremption (10 ans). L'amortissement, c'est plus lent mais sans date limité. Et depuis 2025, la charge a un avantage bonus : elle ne revient pas vous mordre quand vous revendez.
La charge immédiate en détail
Vous déduisez l'intégralité des frais de notaire de vos revenus BIC meublé l'année de l'achat. Si vos frais dépassent vos loyers (ce qui est fréquent en année 1), vous créez un déficit BIC meublé — autrement dit, vos charges dépassent vos recettes, ce qui génère une "perte fiscale" que vous pourrez utiliser pour ne pas payer d'impôt les années suivantes. Ce déficit est reportable sur les revenus de même nature pendant 10 ans (art. 156 I 1° ter du CGI).
C'est l'option qui maximise l'impact fiscal immédiat. Elle est particulièrement intéressante si le bien génère un bénéfice dès la première année (les frais en charge viennent absorber ce bénéfice).
L'amortissement en détail
Vous incorporez les frais au coût d'acquisition du bien. Ils sont amortis sur la même durée que le composant principal (gros oeuvre), soit généralement 25 à 30 ans. L'amortissement est soumis au plafonnement de l'article 39 C du CGI : il ne peut pas excéder le montant des loyers diminué des autres charges.
En clair, le plafond de l'article 39 C signifie que l'amortissement ne peut pas vous mettre dans le rouge : si vos loyers annuels sont de 9 600 EUR et vos autres charges de 5 200 EUR, l'amortissement déductible cette année-là est plafonné à 4 400 EUR (9 600 - 5 200). Le reste n'est pas perdu — il est simplement reporté à l'année suivante.
L'avantage : les amortissements excédentaires (non déduits une année car plafonnés) sont reportables sans limite de durée. Contrairement au déficit charges (10 ans), vous ne perdez jamais le bénéfice fiscal de l'amortissement. C'est un stock qui se constitue et qui s'utilisé au fil des années, aussi longtemps que nécessaire.
Règle d'irrévocabilité
Le choix est définitif et uniforme. L'article 38 quinquies de l'annexe III du CGI impose la permanence des méthodes : si vous choisissez la charge pour votre premier bien, vous devez appliquer le même traitement à tous vos biens suivants. L'option est formalisée sur papier libre, annexée à votre première déclaration de résultat (formulaire 2031).
5. Réforme 2025 : pourquoi elle change la donne
Pour comprendre cette section, un rappel sur la plus-value. Quand vous revendez un bien immobilier plus cher que vous ne l'avez acheté, la différence est appelée plus-value. Cette plus-value est imposée (19 % d'impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux), avec des abattements progressifs selon la durée de détention : exonération totale d'IR après 22 ans, et de CSG/CRDS après 30 ans.
La loi de finances 2025 (article 84) a introduit la réintégration des amortissements dans le calcul de la plus-value LMNP à la revente. C'est un changement majeur qui impacte directement le choix entre charge et amortissement des frais de notaire.
Le mécanisme
Désormais, le prix d'acquisition retenu pour le calcul de la plus-value est diminué des amortissements déduits pendant la période de location. Cela augmente mécaniquement la plus-value imposable.
Autrement dit, le fisc considère que si vous avez "récupéré" une partie du prix d'achat via les amortissements, alors votre gain réel à la revente est plus important. C'est comme si votre prix d'achat avait baissé de tout ce que vous avez amorti — et donc votre gain augmente d'autant.
L'impact sur les frais de notaire
C'est ici que le choix charge vs amortissement prend une dimension nouvelle :
- Non réintégrés dans la plus-value
- Déduction obtenue et définitivement acquise
- Aucun impact sur la fiscalité de sortie
- Réintégrés dans la plus-value
- Augmentent la plus-value imposable à la revente
- Effet négatif si revente avant 22 ans (IR) ou 30 ans (CSG)
- Les frais de notaire passés en charge ne sont jamais réintégrés en plus-value
- Les frais de notaire amortis augmentent la plus-value imposable à la revente
- Si revente envisagée avant 22 ans, la charge immédiate est désormais souvent préférable
- Résidences services : non concernées par la réforme
6. Cas pratiques chiffrés : 3 scénarios comparés
La théorie, c'est bien — mais rien ne vaut des chiffres concrets. Voici trois profils d'investisseurs réels avec, pour chacun, la simulation des deux options. Ces exemples utilisént des données réalistes pour des investissements LMNP en 2026, et le verdict LMNP.AI tient compte de la réforme des plus-values 2025.
Situation : Sophie achète un T2 ancien à Lyon pour 180 000 EUR. Frais de notaire : 13 500 EUR. Loyers annuels : 9 600 EUR. Autres charges déductibles (intérêts, taxe foncière, assurance) : 5 200 EUR. TMI : 30 %.
Résultat année 1 : 9 600 - 5 200 - 13 500 = -9 100 EUR
Déficit reportable sur 10 ans
Économie IR immédiate : 0 EUR (déficit), mais 9 100 EUR viendront effacer des revenus BIC futurs
Amortissement frais : 13 500 / 30 = 450 EUR/an
Reportable sans limite de durée
Mais soumis au plafond art. 39 C et réintégré en plus-value à la revente
Verdict LMNP.AI : Sophie envisage une revente dans 12 ans. La charge immédiate est préférable : elle absorbe les futurs bénéfices ET n'est pas réintégrée en plus-value.
Situation : Marc achète un studio neuf en VEFA à Bordeaux pour 150 000 EUR. Frais de notaire réduits : 3 750 EUR. Il possède déjà 2 biens en LMNP (amortissement choisi). Loyers annuels : 6 000 EUR.
Marc a déjà choisi l'amortissement pour ses 2 premiers biens
Permanence des méthodes = pas le choix
Amortissement : 3 750 / 30 = 125 EUR/an
Frais = 2,5 % du prix (neuf)
L'enjeu fiscal est modeste : 125 EUR/an sur 30 ans. La question charge/amortissement est peu déterminante dans le neuf.
Verdict LMNP.AI : dans le neuf, les frais de notaire sont si faibles que le choix a un impact mineur. Marc n'a de toute façon pas le choix (permanence des méthodes).
Situation : Fatima achète son premier bien LMNP à Nantes pour 220 000 EUR. Frais de notaire : 16 500 EUR. Elle prévoit de conserver le bien 25+ ans (patrimoine retraite). TMI : 30 %. Loyers annuels : 10 800 EUR. Charges : 6 500 EUR.
Déficit année 1 : 10 800 - 6 500 - 16 500 = -12 200 EUR
Reportable 10 ans max
Risque : si les loyers restent faibles 10 ans, une partie du déficit est perdue
Amortissement : 16 500 / 25 = 660 EUR/an
Reportable sans limité
Sur 25 ans, la totalité sera déduite. Réintégration en PV peu impactante (exonération IR après 22 ans)
Verdict LMNP.AI : avec une détention de 25+ ans et une exonération IR de la plus-value acquise à 22 ans, l'amortissement est préférable. Le report illimité sécurise la déduction, et la réintégration en plus-value est neutralisée par les abattements pour durée de détention.
7. Les 7 erreurs fréquentes sur les frais de notaire en LMNP
Ces erreurs reviennent chaque année dans les déclarations fiscales LMNP. Certaines coûtent quelques centaines d'euros, d'autres plusieurs milliers. La bonne nouvelle : elles sont toutes évitables si vous les connaissez à l'avance.
Oublier de déduire les frais de notaire
C'est l'erreur la plus coûteuse. Sur un bien à 200 000 EUR ancien, ne pas déduire les 15 000 EUR de frais revient à payer entre 2 500 et 6 750 EUR d'impôt en trop (selon votre TMI).
Choisir charge pour un bien, amortissement pour un autre
Interdit par la permanence des méthodes (art. 38 quinquies). En cas de contrôle, l'administration peut requalifier l'ensemble de vos déclarations.
Déduire les frais alors que l'immatriculation LMNP est postérieure à l'achat
Si vous achetez en mars et ne vous immatriculez qu'en septembre, les frais payés en mars ne sont pas rattachables à votre activité LMNP. Pensez à déclarer votre début d'activité au plus tard à la date de l'acte authentique.
Amortir les frais sur une durée différente du bien
Les frais d'acquisition incorporés suivent le même plan d'amortissement que le composant principal (gros oeuvre). Amortir les frais sur 5 ou 10 ans alors que le bien est amorti sur 25-30 ans est une erreur de méthode.
Ne pas ventiler le décompte notarié
Inscrire un montant global "frais de notaire" sans distinguer droits de mutation, émoluments et débours peut poser problème en cas de contrôle. Conservez le décompte définitif et ventilez dans votre comptabilité.
Oublier les frais de garantie bancaire
Caution Crédit Logement, hypothèque, IPPD, frais de dossier bancaire : ces frais sont déductibles en charge (pas amortissables). Ils sont souvent oubliés car ils ne figurent pas sur le décompte du notaire.
Ignorer la réforme 2025 dans le choix initial
Depuis 2025, choisir l'amortissement sans considérer l'impact sur la plus-value future est une erreur stratégique. Faites la simulation des deux scénarios avant de prendre votre décision.
LMNP.AI vous accompagne sur le traitement comptable de vos frais de notaire — charge ou amortissement, nous calculons tout pour vous.
Essayer gratuitement8. Cas particuliers : VEFA, SCI, indivision, démembrement
Tous les investisseurs ne sont pas dans la même situation. Si vous achetez un bien neuf sur plan, à travers une société, à plusieurs, ou en démembrant la propriété, les règles se nuancent. Voici les principaux cas de figure, en commençant par les plus courants.
VEFA et neuf
La VEFA (Vente en l'État Futur d'Achèvement) désigne l'achat d'un logement sur plan, avant qu'il soit construit. Vous payez par tranches au fur et à mesure de l'avancement des travaux, et vous ne percevez des loyers qu'à la livraison, souvent 12 à 24 mois après la signature.
En VEFA, les frais de notaire sont réduits à 2-3 % grâce à la taxe de publicité foncière à 0,715 % (au lieu des DMTO à 5,80 %). L'enjeu du choix charge/amortissement est donc moindre. En revanche, pensez à déduire les intérêts intercalaires payés pendant la construction (1 à 2 ans) — ils créent un stock de déficit reportable avant même la première mise en location.
Si le bien est en résidence services avec bail commercial et TVA, la TVA sur le prix d'acquisition est récupérable. Les frais de notaire sont alors calculés sur le prix HT.
SCI et SARL de famille
La SCI (Société Civile Immobilière) est une société créée pour détenir et gérer un bien immobilier à plusieurs. La SARL de famille est une variante réservée aux membres d'une même famille, qui permet de cumuler société et régime fiscal de la location meublée.
En SCI à l'IR pratiquant la location meublée, la situation est risquée : l'activité commerciale entraîne une requalification à l'IS (art. 206 2° CGI). Les frais de notaire ne sont déductibles des revenus fonciers que pour la location nue.
En SCI à l'IS ou en SARL de famille au BIC (art. 239 bis AA CGI), l'option charge/amortissement de l'article 38 quinquies s'applique normalement. La SARL de famille est le véhicule sociétaire le plus adapté pour le LMNP à plusieurs.
Indivision
L'indivision, c'est quand plusieurs personnes achètent un bien ensemble sans créer de société. Chaque propriétaire détient une "quote-part" (par exemple, 50/50 pour un couple non marié).
L'indivision conserve la transparence BIC. Les frais de notaire sont répartis entre les indivisaires au prorata de leurs quotes-parts. Chaque indivisaire déduit ou amortit sa part dans sa propre déclaration 2031. Le seuil LMP de 23 000 EUR s'apprécie au niveau du foyer fiscal de chaque indivisaire. Pour comparer avec les autres structures, consultez notre comparatif LMNP ou SCI.
Démembrement
Le démembrement consiste à séparer la propriété en deux : l'usufruit (le droit d'utiliser le bien et d'en percevoir les revenus) et la nue-propriété (le droit d'en être propriétaire, sans en jouir). C'est comme prêter les clés de votre appartement à quelqu'un qui perçoit les loyers pendant 10 ou 20 ans, avant que vous récupériez tout.
Seul l'usufruitier peut exploiter le bien en LMNP. L'amortissement porte sur la valeur de l'usufruit (pas la pleine propriété). Les frais de notaire liés à l'acquisition du démembrement suivent le même traitement. Le Conseil d'État (24 avril 2019, n° 419912) a confirmé la possibilité d'amortir des droits démembrés en BIC meublé.
Conversion de résidence principale en LMNP
Cas fréquent : vous avez acheté un appartement pour y vivre, puis vous décidez de le mettre en location meublée. La question se pose naturellement : pouvez-vous déduire les frais de notaire que vous avez payés à l'époque ?
Non. Les frais de notaire payés lors de l'achat initial ne sont pas déductibles. Ils étaient liés à un usage personnel, pas à l'activité LMNP. Seuls les frais engagés à compter de la date de début d'activité sont déductibles. En revanche, la valeur du bien au moment de sa mise en location peut servir de base pour calculer les amortissements futurs.
9. Astuces pour réduire vos frais de notaire
Les droits de mutation (la partie "taxes") ne sont pas négociables — c'est un impôt. Mais il existe des leviers légaux pour réduire la base sur laquelle ces taxes sont calculées, ou pour diminuer la part qui revient au notaire. Voici les trois principaux.
Déduire le mobilier dans l'acte
Si le bien est vendu meublé (cuisine équipée, électroménager, meublés), demandez au notaire de distinguer le prix du mobilier du prix de l'immobilier dans l'acte. Les droits de mutation sont calculés sur le prix immobilier seul. Un mobilier valorisé à 5-10 % du prix (estimation réaliste) permet d'économiser 300 à 1 200 EUR de DMTO.
Négocier les émoluments du notaire
Depuis la loi Macron (2016), les émoluments du notaire sont négociables à hauteur de 20 % maximum pour les transactions dépassant 100 000 EUR. Peu d'acheteurs le savent et encore moins le demandent. L'économie est modeste (200-400 EUR) mais réelle.
Adhérer à un OGA (ex-CGA)
Jusqu'aux revenus 2024, l'adhésion à un Centre de Gestion Agréé (CGA) donnait droit à une réduction d'impôt de 2/3 des frais de comptabilité. Cette réduction a été supprimée par la loi de finances 2025 (article 11). Depuis les revenus 2025, l'adhésion à un OGA n'offre plus d'avantage fiscal direct. En revanche, les frais de comptabilité et d'adhésion OGA restent intégralement déductibles en charges de votre résultat BIC.
10. Frais de notaire et régime micro-BIC
Pour rappel, le micro-BIC est le régime fiscal le plus simple en location meublée : l'administration applique un abattement forfaitaire (50 % en location classique, 30 % en meublé de tourisme non classé depuis la loi Le Meur 2024) et vous ne déclarez rien d'autre que vos recettes brutes. Pas de comptabilité, pas de liasse fiscale, pas de choix charge/amortissement. Mais cette simplicité a un prix.
En régime micro-BIC, aucune charge réelle n'est déductible individuellement. L'administration applique un abattement forfaitaire de 50 % sur les recettes brutes (50 % pour les meublés de tourisme classés, 30 % pour les non-classés depuis la loi Le Meur 2024, contre 71 % auparavant). Les frais de notaire sont "couverts" par cet abattement.
Si vos charges réelles (frais de notaire + intérêts d'emprunt + taxe foncière + assurance + amortissements) dépassent 50 % de vos recettes, le régime réel est plus avantageux. C'est le cas dans la grande majorité des situations, surtout les premières années avec les frais de notaire.
Recettes : 10 000 EUR/an. Frais de notaire : 15 000 EUR (année 1). Autres charges + amortissements : 8 000 EUR/an.
Verdict : au réel, non seulement vous ne payez aucun impôt sur les loyers, mais vous créez un déficit de 13 000 EUR reportable 10 ans. Au micro-BIC, vous payez de l'impôt dès la première année.
11. Questions fréquentes sur les frais de notaire en LMNP (16 questions)
- Revente envisagée avant 22 ans — privilégiez la charge immédiate (pas de réintégration en plus-value)
- Détention longue (25+ ans) — l'amortissement est sécurisant (report illimité, exonération PV acquise)
- Déjà en déficit BIC — amortissement préférable (la charge créerait un déficit supplémentaire limité à 10 ans)
- Premier bien, bénéfice en année 1 — charge immédiate pour maximiser l'effacement fiscal
- Multi-biens — vous êtes lié par le choix fait pour le premier bien (permanence des méthodes)
- Achat neuf / VEFA — l'enjeu est faible (2-3 % de frais), concentrez-vous sur les autres postes
- Résidence services avec bail commercial — réforme 2025 non applicable, amortissement sans risque
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