Bail meublé 2026 : guide complet — durée, clauses, meubles obligatoires et fiscalité LMNP
Le bail meublé est un contrat de location portant sur un logement équipé des 11 meubles obligatoires définis par décret. Durée minimale d'un an, dépôt de garantie de 2 mois, préavis d'un mois — LMNP.AI détaille tout ce que propriétaire et locataire doivent savoir en 2026.
Mis à jour : février 2026 (loi ALUR, loi ELAN, loi Le Meur, calendrier DPE)
1. Les 3 types de baux meublés
La location meublée obéit à des règles distinctes selon l'usage et la durée souhaitée. La loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, modifiée par les lois ALUR (2014) et ELAN (2018), prévoit trois contrats bien distincts.
| Type de bail | Durée | Reconduction | Dépôt de garantie | Texte légal |
|---|---|---|---|---|
| Bail classique | 1 an min. | Tacite (1 an) | 2 mois max. | Art. 25-3 à 25-11 |
| Bail étudiant | 9 mois | Non (expire seul) | 2 mois max. | Art. 25-9 |
| Bail mobilité | 1 à 10 mois | Non renouvelable | ⛔ Interdit | Art. 25-12 à 25-18 |
Le bail meublé classique (1 an minimum)
C'est le contrat de droit commun pour toute location meublée constituant la résidence principale du locataire. La durée minimale est d'un an, reconduite tacitement d'année en année à l'échéance. Le propriétaire ne peut reprendre le logement qu'en donnant congé 3 mois avant l'échéance pour l'un des trois motifs légaux : vente, reprise pour habiter, ou motif légitime et sérieux.
Le bail étudiant (9 mois)
Réservé aux locataires justifiant du statut étudiant, ce bail dure 9 mois — soit une année universitaire. Il n'y a pas de tacite reconduction : à l'échéance, le bail expire automatiquement sans formalité ni congé. Avantage décisif pour le propriétaire : la liberté de récupérer le logement chaque été sans justification.
Le bail mobilité (1 à 10 mois)
Créé par la loi ELAN du 23 novembre 2018 (art. 25-12 à 25-18 de la loi de 1989), ce bail est réservé aux personnes en situation de mobilité professionnelle ou personnelle : formation, études supérieures, apprentissage, stage, service civique, mutation professionnelle ou mission temporaire. Ses règles dérogatoires :
- Aucun dépôt de garantie — la caution Visale d'Action Logement peut sécuriser le bailleur gratuitement
- Non renouvelable et non reconductible — deux baux mobilité successifs sur le même logement au même locataire sont interdits
- Asymétrie de résiliation : le locataire peut résilier avant terme avec un préavis d'1 mois, mais le propriétaire ne peut pas mettre fin par anticipation
- La sous-location est autorisée avec l'accord écrit du bailleur
2. Les 11 meubles obligatoires (décret 2015-981)
Le décret n° 2015-981 du 31 juillet 2015 dresse la liste exhaustive et obligatoire des équipements que doit comporter un logement meublé. L'absence d'un seul élément peut entraîner la requalification en bail nu, avec des conséquences fiscales et locatives lourdes. Les tribunaux refusent toute compensation entre éléments (CA Paris, 19 mai 2018 ; CA Nîmes, 14 mars 2023).
| # | Équipement obligatoire | Précisions pratiques |
|---|---|---|
| 1 | Literie (matelas + couette ou couverture) | Matelas seul insuffisant — la couette est obligatoire (CA Nîmes 2023) |
| 2 | Dispositif d'occultation des fenêtres dans les chambres | Volet, store ou rideau occultant — rideau fin translucide insuffisant |
| 3 | Plaques de cuisson | Électriques, gaz ou induction — 2 feux recommandés pour T2+ |
| 4 | Four ou four à micro-ondes | L'un ou l'autre suffit (alternatif, non cumulatif) |
| 5 | Réfrigérateur doté d'un compartiment congélateur | Un congélateur séparé est accepté (CA Paris 2018) |
| 6 | Vaisselle en quantité suffisante | 1 couvert complet par occupant + marge raisonnable |
| 7 | Ustensiles de cuisine | Casseroles, poêles, spatule, ouvre-boîte, passoire minimum |
| 8 | Table et sièges | 1 chaise par occupant + table proportionnée à la capacité |
| 9 | Étagères de rangement | Armoire, penderie ou placard dans les chambres |
| 10 | Luminaires | Chaque pièce doit être équipée — ampoules incluses |
| 11 | Matériel d'entretien ménager | Aspirateur ou balai, serpillière et seau minimum |
Pour aller plus loin sur les équipements, consultez notre guide équipements obligatoires en location meublée.
3. Clauses obligatoires et clauses interdites
Mentions obligatoires du contrat de bail meublé
Tout bail meublé à usage de résidence principale doit comporter les mentions suivantes :
- Identité et domicile des parties (bailleur et locataire)
- Adresse complète du logement loué
- Date de prise d'effet et durée du bail
- Surface habitable (en m²) — obligatoire depuis la loi ALUR 2014
- Description du logement : nature, destination, consistance, équipements
- Montant du loyer, date d'exigibilité mensuelle et modalités de révision (clause IRL)
- Montant du dépôt de garantie (si applicable)
- Liste détaillée des meubles et équipements fournis (inventaire)
- Modalités de facturation et de régularisation des charges locatives
- Désignation de la personne habilitée à recevoir les loyers (en cas de mandataire)
Clauses réputées non écrites (art. 4, loi du 6 juillet 1989)
Les clauses suivantes sont frappées de nullité de plein droit — elles sont automatiquement supprimées du bail sans remettre en cause le reste du contrat :
- Clause interdisant au locataire d'héberger des personnes à sa charge
- Clause privant le locataire d'avoir un animal de compagnie (races non dangereuses)
- Clause de majoration du loyer pour l'accueil d'un enfant
- Clause imposant la domiciliation professionnelle dans le logement
- Clause rendant le locataire responsable de troubles qu'il n'a pas causés
- Clause pénale (sauf pour non-restitution des clés à la sortie)
- Clause résolutoire pour d'autres motifs que les impayés de loyer, charges ou dépôt de garantie
- Clause imposant au locataire de souscrire une assurance auprès d'un assureur désigné par le bailleur
4. Durée du bail et reconduction tacite
Bail classique : 1 an renouvelable
Le bail meublé classique est conclu pour une durée minimale d'un an. À l'échéance, si aucune des parties ne manifeste sa volonté de mettre fin au bail, il se reconduit tacitement pour une nouvelle période d'un an dans les mêmes conditions.
Pour reprendre le logement, le bailleur doit impérativement :
- Donner congé 3 mois avant la date d'échéance (et non 3 mois avant la fin effective)
- Respecter l'un des trois motifs légaux : vente du logement, reprise pour y habiter (lui-même ou un proche désigné par la loi), ou motif légitime et sérieux (impayés persistants, troubles graves de voisinage, dégradations...)
Bail étudiant : 9 mois sans reconduction
Le bail étudiant expire automatiquement à son terme — aucune formalité n'est requise. Le locataire doit justifier de son statut d'étudiant au moment de la signature. Si le locataire perd son statut étudiant en cours de bail, le contrat reste valide jusqu'à son terme.
En revanche, si le propriétaire souhaite renouveler le bail à la demande du même locataire, il doit conclure un nouveau bail (classique d'1 an ou nouveau bail étudiant de 9 mois).
Bail mobilité : fin automatique et non renouvelable
Le bail mobilité prend fin automatiquement à l'échéance convenue. Il ne peut être ni reconduit ni renouvelé avec le même locataire. La durée choisie (entre 1 et 10 mois) doit être précisée dans le contrat ; elle ne peut être modifiée qu'une seule fois par avenant, sans que la durée totale dépasse 10 mois.
| Type de bail | Durée min. | Reconduction tacite ? | Congé bailleur | Congé locataire |
|---|---|---|---|---|
| Classique | 1 an | Oui — 1 an | 3 mois avant échéance | 1 mois (à tout moment) |
| Étudiant | 9 mois | Non — expire seul | Pas de congé nécessaire | 1 mois (à tout moment) |
| Mobilité | 1 mois | Non — non renouvelable | Impossible avant terme | 1 mois (à tout moment) |
5. Préavis : règles pour le locataire et le propriétaire
Préavis du locataire : 1 mois (meublé)
Le locataire d'un logement meublé à usage de résidence principale peut donner congé à tout moment, avec un préavis d'1 mois. Ce délai court à compter de la réception de la lettre recommandée avec accusé de réception (ou de la remise en main propre contre récépissé, ou de la signification par huissier).
Le préavis de 1 mois s'applique dans toutes les zones (tendues ou non). Contrairement à la location nue (où le préavis est réduit à 1 mois en zone tendue seulement), le meublé bénéficie déjà du délai réduit sur tout le territoire.
Préavis du propriétaire : 3 mois + motif légal obligatoire
Le bailleur ne peut donner congé qu'à l'échéance du bail, avec un préavis de 3 mois minimum, et uniquement pour l'un de ces trois motifs :
| Motif de congé | Conditions | Obligations du bailleur |
|---|---|---|
| Vente du logement | Vente à un tiers — le locataire a un droit de préemption | Notifier le prix et les conditions de vente dans le congé |
| Reprise pour habiter | Pour le bailleur, son conjoint, partenaire PACS, concubin, ascendants ou descendants | Préciser le bénéficiaire et justifier du caractère réel et sérieux |
| Motif légitime et sérieux | Impayés répétés, dégradations, troubles de voisinage graves | Décrire précisément les faits dans la lettre de congé |
6. Dépôt de garantie
Plafond légal : 2 mois (hors charges)
Pour un bail meublé classique, le dépôt de garantie est plafonné à 2 mois de loyer hors charges. Il est interdit d'exiger davantage, sous peine de sanction. Pour le bail mobilité, le dépôt de garantie est strictement interdit par la loi ELAN.
| Type de bail | Plafond dépôt | Délai restitution | Pénalité de retard |
|---|---|---|---|
| Bail classique | 2 mois hors charges | 1 mois (sans retenue) / 2 mois (avec retenue) | + 10 % du loyer mensuel par mois de retard |
| Bail étudiant | 2 mois hors charges | 1 mois / 2 mois | + 10 % par mois de retard |
| Bail mobilité | ⛔ Interdit | — | — |
Grille de vétusté (décret 2016-382)
Le bailleur peut déduire du dépôt de garantie le coût des réparations à la charge du locataire, mais en appliquant la grille de vétusté fixée par le décret n° 2016-382 du 30 mars 2016. Cette grille distingue la durée de vie théorique et le taux de vétusté annuel de chaque équipement.
Exemples issus de la grille :
| Élément | Durée de vie théorique | Taux vétusté/an | Valeur résiduelle min. |
|---|---|---|---|
| Peinture/papier peint | 7 ans | 14 % | 0 % |
| Revêtement sol PVC | 10 ans | 10 % | 0 % |
| Moquette | 7 ans | 14 % | 0 % |
| Canapé, fauteuil | 10 ans | 10 % | 0 % |
| Literie (matelas) | 10 ans | 10 % | 0 % |
| Électroménager (frigo, lave-linge) | 10 ans | 10 % | 0 % |
| Fenêtres PVC | 30 ans | 3,3 % | 0 % |
Ainsi, un canapé acheté neuf à 600 € et endommagé après 5 ans d'occupation : la vétusté est de 50 % → le bailleur ne peut prélever que 300 € maximum sur le dépôt.
7. Révision du loyer (IRL)
L'Indice de Référence des Loyers (IRL)
En cours de bail, le bailleur peut réviser le loyer une fois par an, à la date prévue dans le contrat (ou à la date anniversaire du bail). La hausse est plafonnée à la variation de l'Indice de Référence des Loyers (IRL) publié trimestriellement par l'INSEE.
IRL Q4 2025 : 145,78 — soit une hausse de +0,79 % sur 12 mois.
Formule de calcul de la révision
Nouveau loyer = Loyer en cours × (IRL du trimestre de référence / IRL du même trimestre de l'année précédente)
Le trimestre de référence est celui prévu dans le bail, ou à défaut le dernier IRL publié à la date de la révision.
Zones soumises à l'encadrement des loyers
Dans les zones d'encadrement des loyers (Paris, Lille, Lyon, Bordeaux, Montpellier, etc.), le loyer initial doit respecter un loyer de référence majoré fixé par arrêté préfectoral. La révision IRL s'applique ensuite dans la même limite.
8. État des lieux et inventaire
Un état des lieux contradictoire obligatoire
L'état des lieux d'entrée et de sortie est obligatoire pour tout bail meublé. Il doit être établi de façon contradictoire (en présence des deux parties ou de leurs représentants) et signé par chacune d'elles. Si l'une des parties refuse, l'état des lieux peut être établi par un huissier — les frais sont alors partagés par moitié.
L'inventaire des meubles : la pièce maîtresse
L'inventaire détaillé des équipements est indissociable de l'état des lieux. Il doit lister chaque meuble et équipement avec son état précis (bon état, usure normale, rayure à tel endroit...). En cas de litige sur la restitution du dépôt de garantie, c'est l'inventaire contradictoire qui fait foi.
Bonnes pratiques pour un inventaire solide :
- Photographier chaque équipement et chaque pièce (photos horodatées)
- Décrire l'état précis de chaque meuble (et pas seulement "bon état")
- Relever les compteurs (eau, électricité, gaz) en entrée et sortie
- Faire signer l'inventaire par les deux parties à l'entrée et à la sortie
- Conserver l'inventaire d'entrée toute la durée du bail
Comparaison entrée/sortie et grille de vétusté
La comparaison entre l'état des lieux d'entrée et de sortie permet de distinguer :
- L'usure normale (vétusté) : à la charge du bailleur — ex. décoloration des peintures après 5 ans
- Les dégradations locatives : à la charge du locataire — ex. trou dans le mur, meuble cassé
En cas de dégradation, la réparation est chiffrée et abattue selon la grille de vétusté du décret 2016-382 (voir section 6). Le montant net peut être déduit du dépôt de garantie.
9. Charges locatives
Deux méthodes possibles : forfait ou réel
Pour un bail meublé, le bailleur a le choix entre deux modes de facturation des charges :
| Mode | Principe | Avantages | Risques |
|---|---|---|---|
| Forfait | Montant fixe mensuel, pas de régularisation | Simplicité, visibilité pour les deux parties | Si sous-estimé, le bailleur ne peut pas se retourner contre le locataire |
| Réel (provisions) | Provisions mensuelles + régularisation annuelle sur justificatifs | Reflète les dépenses réelles, pas de perte pour le bailleur | Gestion plus complexe, justificatifs à fournir |
La méthode doit être précisée dans le bail. En pratique, la grande majorité des baux meublés optent pour le forfait, ce qui simplifie la gestion au quotidien. Attention : si le forfait est manifestement sous-évalué (moins de 50 % des charges réelles), un juge peut requalifier une partie du forfait en loyer et entraîner des conséquences fiscales pour le bailleur.
Quelles charges peut-on récupérer ?
Les charges récupérables sur le locataire sont définies par le décret n° 87-713 du 26 août 1987. Elles comprennent principalement : les charges de copropriété liées aux parties communes (entretien, eau froide, ascenseur, ordures ménagères), la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, et les petits travaux d'entretien. Les travaux de réfection et les grosses réparations restent à la charge exclusive du bailleur.
10. Bail mobilité (loi ELAN 2018)
Le bail mobilité est le contrat le plus souple du parc locatif. Créé pour faciliter les déplacements professionnels et étudiants, il répond à une demande croissante de logements temporaires de qualité.
Bénéficiaires éligibles (liste limitative)
Le bail mobilité ne peut être consenti qu'à une personne justifiant, à la date de prise d'effet du contrat, être en situation de :
Formation professionnelle
Certificat d'inscription ou convention de formation
Études supérieures
Carte étudiante ou certificat de scolarité
Contrat d'apprentissage
Contrat d'apprentissage signé
Stage en entreprise
Convention de stage
Service civique
Contrat d'engagement de service civique
Mutation professionnelle
Lettre de mutation de l'employeur
Mission temporaire
Contrat de prestation ou ordre de mission
Règles spécifiques du bail mobilité
- Durée : de 1 à 10 mois, fixée dans le contrat. Un avenant peut modifier la durée une seule fois sans dépasser 10 mois au total
- Dépôt de garantie : interdit. La caution Visale (Action Logement) peut couvrir le risque d'impayé sans frais pour le locataire ni le bailleur
- Résiliation anticipée : seul le locataire peut résilier avant terme, avec un préavis d'1 mois
- Non-renouvellement : le bail ne peut pas être renouvelé. Deux baux mobilité successifs avec le même locataire sur le même bien sont prohibés
- Sous-location : autorisée avec accord écrit du bailleur, sans supplément de loyer au-delà du montant principal
11. Colocation meublée
Bail unique : la règle de principe (art. 8-1 loi 1989)
Pour une colocation dans un logement meublé soumis à la loi du 6 juillet 1989, la règle est le bail unique signé par l'ensemble des colocataires. Chaque colocataire est solidairement tenu de l'intégralité du loyer et des charges.
La solidarité entre colocataires
La solidarité est le mécanisme qui permet au bailleur de réclamer l'intégralité du loyer à n'importe lequel des colocataires en cas d'impayé. Cette solidarité :
- Prend fin 6 mois après le départ d'un colocataire, à condition que ce dernier ait signifié son congé au bailleur et qu'un nouveau colocataire soit entré dans les lieux
- Subsiste si aucun remplaçant n'est trouvé (le colocataire sortant reste solidaire jusqu'à l'échéance du bail)
- La caution du colocataire sortant est libérée dans les mêmes conditions
Baux individuels par chambre
Alternative au bail unique, il est possible de conclure des baux individuels pour chaque chambre, à condition que les parties communes (couloir, cuisine, séjour, salle de bains) fassent l'objet d'un bail distinct ou soient clairement intégrées dans chaque contrat individuel. Cette formule est fréquente pour les colocations en maison individuelle.
Remplacement d'un colocataire en cours de bail
Le remplacement d'un colocataire est possible en cours de bail sous réserve de l'accord du bailleur. En pratique, il convient de :
- Régulariser un avenant signé par le bailleur, les colocataires restants et le nouveau colocataire
- Refaire un état des lieux de sortie pour le colocataire partant et d'entrée pour le nouveau
- Libérer la caution du colocataire sortant par un avenant explicite
12. Sous-location meublée
Accord écrit du propriétaire : condition sine qua non
La sous-location d'un logement meublé est possible uniquement avec l'accord exprès et écrit du propriétaire. Toute sous-location sans accord est un motif de résiliation judiciaire du bail principal (art. 8, loi de 1989). Le locataire principal reste personnellement responsable du paiement du loyer vis-à-vis du bailleur.
Plafond de loyer : le sous-loyer ne peut dépasser le loyer principal
Le montant du loyer de sous-location ne peut excéder le loyer payé par le locataire principal, calculé au prorata de la surface effectivement sous-louée. Si le locataire sous-loue une chambre de 12 m² dans un appartement de 60 m², il peut demander au maximum 20 % du loyer principal (12/60).
Cas particulier : sous-location de sa résidence principale
Lorsqu'un locataire sous-loue une partie de sa résidence principale (une chambre chez lui), les revenus perçus sont exonérés d'impôt si le montant reste inférieur au seuil annuel fixé par décret :
- 213 €/m²/an en Île-de-France (plafond 2026)
- 160 €/m²/an dans les autres régions
Cette exonération est prorogée jusqu'au 31 décembre 2026. Au-delà, les revenus de sous-location sont imposables en BIC.
13. Risques de requalification en bail nu
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Qu'est-ce que la requalification ?
La requalification est la transformation judiciaire d'un bail meublé en bail nu lorsque le logement ne remplit pas les conditions légales d'un logement meublé. Elle peut être demandée par le locataire à tout moment pendant le bail ou dans les 5 ans suivant la fin du bail.
Principales causes de requalification
- Absence d'un des 11 meubles obligatoires (décret 2015-981) — cause la plus fréquente
- Équipements présents mais en état inutilisable (réfrigérateur en panne depuis le premier jour, matelas en mauvais état)
- Logement qui n'est pas la résidence principale du locataire (utilisation saisonnière ou secondaire)
- Bail conclu pour une durée inférieure à 1 an sans qu'il s'agisse d'un bail étudiant ou mobilité valide
Conséquences de la requalification
| Point | Bail meublé initial | Après requalification en bail nu |
|---|---|---|
| Durée du bail | 1 an (reconductible) | 3 ans (reconductible) |
| Dépôt de garantie | 2 mois max. | 1 mois max. — excédent à rembourser |
| Fiscalité bailleur | BIC (micro-BIC ou réel) | Revenus fonciers (micro-foncier ou réel) |
| Amortissement | Déductible (régime réel BIC) | Non déductible |
| Redressement fiscal | — | Possible sur 3 ans + intérêts de retard |
| Préavis locataire | 1 mois | 3 mois (1 mois en zone tendue) |
| Préavis propriétaire | 3 mois | 6 mois |
Comment se protéger contre la requalification ?
- Vérifier les 11 meubles avant chaque entrée de locataire et les lister dans l'inventaire
- Conserver les factures d'achat des équipements
- Remplacer rapidement tout équipement défectueux ou manquant
- Ne pas conclure de bail meublé si le logement est utilisé à titre secondaire
14. Annexes obligatoires au bail meublé
Un bail meublé à usage de résidence principale doit impérativement être accompagné d'une série de documents annexes. L'absence d'une annexe obligatoire ne rend pas le bail nul mais peut engager la responsabilité du bailleur.
| Document | Obligatoire si... | Conséquence si absent |
|---|---|---|
| Notice d'information ALUR | Tout bail meublé résidence principale | Bailleur privé du droit d'expulsion amiable |
| DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) | Tout logement mis en location | Bail nul si logement G (depuis 2025) |
| ERNT (État des Risques Naturels et Technologiques) | Tout logement dans une zone prescrite | Action en résiliation ou réduction de loyer |
| CREP (plomb) | Immeuble construit avant 1949 | Responsabilité pénale du bailleur |
| Diagnostic amiante | Immeuble construit avant 1997 | Responsabilité civile du bailleur |
| Diagnostic électricité | Installation électrique > 15 ans | Bailleur ne peut se prévaloir de la clause de responsabilité |
| Diagnostic gaz | Installation gaz > 15 ans | Bailleur ne peut se prévaloir de la clause de responsabilité |
| État des lieux d'entrée + inventaire | Tout bail | Présomption de logement rendu en bon état |
| Règlement de copropriété (extraits) | Logement en copropriété | Locataire non lié par le règlement |
15. DPE et interdictions de louer 2025–2034
La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 instaure un calendrier progressif d'interdiction à la location des logements énergivores. Ces interdictions s'appliquent aux nouveaux baux et aux renouvellements.
| Classe DPE | Conso. énergétique | Date d'interdiction (France métr.) | Statut 2026 |
|---|---|---|---|
| G | > 420 kWh/m²/an | 1ᵉʳ janvier 2025 | ⛔ Interdit depuis 2025 |
| F | 331–420 kWh/m²/an | 1ᵉʳ janvier 2028 | ⚠️ Location encore possible |
| E | 251–330 kWh/m²/an | 1ᵉʳ janvier 2034 | ✅ Location autorisée |
| D et mieux | ≤ 250 kWh/m²/an | Pas d'interdiction | ✅ Conforme |
Zone tendue et Loi Le Meur : DPE E interdit dès maintenant
La loi Le Meur (novembre 2024) a anticipé l'interdiction en zone tendue : dans les communes soumises à l'encadrement des loyers, les logements classés E peuvent déjà faire l'objet d'une interdiction locale de louer lorsque la commune le décide. Paris et plusieurs métropoles étudient l'extension de cette mesure.
Gel de loyer pour les passoires thermiques F et G
Depuis le 24 août 2022, le loyer d'un logement classé F ou G ne peut plus être augmenté lors d'un renouvellement de bail ou d'une relocation, ni même indexé sur l'IRL. Cette règle s'applique sur tout le territoire national, indépendamment des zones d'encadrement.
Pour mieux comprendre les règles fiscales liées à la rénovation énergétique (MaPrimeRénov', déficit foncier étendu), consultez notre guide régime réel LMNP.
16. Fiscalité du bailleur en location meublée (LMNP)
Les revenus tirés d'une location meublée sont imposés dans la catégorie des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC), et non dans celle des revenus fonciers. Cette distinction est fondamentale : elle ouvre l'accès au régime d'amortissement, lequel constitue le principal avantage fiscal de la location meublée.
Comparatif des régimes fiscaux
| Régime | Plafond recettes | Abattement / Déduction | Amortissement | Idéal pour... |
|---|---|---|---|---|
| Micro-BIC (meublé classique) | 77 700 € (2026) | 50 % forfaitaire | Non | Charges < 50 % des loyers |
| Micro-BIC (tourisme classé) | 77 700 € (2026) | 50 % | Non | Petits patrimoines, simplicité |
| BIC réel simplifié | < 267 000 € | 100 % charges réelles | Oui | Charges > 50 % ou emprunt en cours |
| BIC réel normal | > 267 000 € | 100 % charges réelles | Oui | Grands portefeuilles |
Le régime réel : la force des amortissements
Au régime réel, le bailleur peut déduire non seulement ses charges réelles (intérêts d'emprunt, assurances, frais de gestion, travaux d'entretien...) mais aussi l'amortissement du bien immobilier et des meubles. L'amortissement représente la dépréciation annuelle théorique calculée sur la valeur d'acquisition :
- Immobilier (hors terrain) : 2 à 3 % par an — soit 30 à 40 ans d'amortissement
- Travaux de gros oeuvre : 1,3 % par an (75 ans)
- Toiture : 2,8 % par an (35 ans)
- Meubles et équipements : 10 à 20 % par an (5 à 10 ans)
Simulation : T2 à 200 000 € — micro-BIC vs réel sur 10 ans
Hypothèses : loyer 900 €/mois, charges annuelles 3 500 €, financement 70 % sur 20 ans, TMI 30 %
MICRO-BIC
Loyers bruts : 108 000 €
Abattement 50 % : — 54 000 €
Base imposable : 54 000 €
Impôt (30 % + PS 17,2 %) : ≈ 25 400 €
RÉGIME RÉEL
Loyers bruts : 108 000 €
Charges réelles : — 35 000 €
Amortissements (~3%) : — 60 000 €
Base imposable : ≈ 0 € (déficit ARD)
Impôt sur 10 ans : ≈ 0 €
Simulation indicative. Votre situation peut différer selon le financement, les travaux et les charges réelles.
LF2025 — Réintégration des amortissements dans la plus-value (art. 84)
La loi de finances pour 2025 (art. 84) a modifié le régime des plus-values lors de la cession d'un bien LMNP détenu au régime réel. Depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits sont partiellement réintégrés dans la base de calcul de la plus-value des particuliers (régime des plus-values immobilières, avec abattement pour durée de détention).
Cette mesure réduit mécaniquement l'avantage fiscal net du régime réel pour les propriétaires qui envisagent de revendre à moyen terme. Une analyse au cas par cas avec un expert-comptable spécialisé LMNP est recommandée avant de choisir le régime fiscal.
Pour aller plus loin : guide micro-BIC LMNP, régime réel LMNP, plus-value LMNP.
17. Nouveautés 2025–2026 à connaître
18. Logement décent : critères légaux obligatoires
Indépendamment des 11 meubles obligatoires, tout logement meublé mis en location doit répondre aux critères de décence définis par l'article 6 de la loi du 6 juillet 1989 et le décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002. Ces critères constituent le socle minimal en dessous duquel le bailleur ne peut légalement louer.
Critères de surface et volume
| Critère | Seuil minimum légal | Texte de référence |
|---|---|---|
| Surface habitable | 9 m² minimum | Décret 2002-120, art. 4 |
| Volume habitable | 20 m³ pour les logements < 14 m² | Décret 2002-120, art. 4 |
| Hauteur sous plafond | 2,20 m minimum | Décret 2002-120, art. 4 |
| Pièce principale | 9 m² ou 20 m³ | Décret 2002-120, art. 4 |
Équipements et installations obligatoires
Le logement doit comporter les installations en bon état de fonctionnement suivantes :
- Alimentation en eau potable avec pression et débit suffisants
- Évacuation des eaux usées sans risque de reflux d'odeurs ni de débordement
- Cuisine ou espace cuisson avec four ou micro-ondes et réfrigérateur
- Installation sanitaire : WC séparé de la cuisine et de la pièce principale, baignoire ou douche
- Réseau électrique permettant l'éclairage suffisant de chaque pièce et le fonctionnement des équipements
- Chauffage adapté aux caractéristiques du logement
- Protection contre les infiltrations d'eau (toiture, murs, fenêtres étanches)
- Garde-corps et vitrage en bon état sur balcons, terrasses et fenêtres
Absence d'équipements ou installations nuisibles
Un logement décent ne doit comporter aucun des éléments suivants :
- Matériaux dangereux (amiante friable non confinée, plomb à concentration excessive)
- Risque d'intoxication au monoxyde de carbone (conduits de ventilation obstrués)
- Infestation de nuisibles ou de parasites (punaises de lit, rats, cafards)
- Humidité excessive rendant le logement insalubre
- Exposition aux intempéries (toiture ou murs non étanches)
Conséquences si le logement n'est pas décent
Si le logement ne répond pas aux critères de décence, le locataire dispose de plusieurs recours :
- Mise en demeure du bailleur de mettre le logement en conformité (lettre AR)
- Saisine du tribunal judiciaire pour obtenir une réduction de loyer ou une consignation jusqu'aux travaux
- Saisine de la CAF ou de la MSA : suspension des aides au logement (APL) versées au bailleur
- En cas de danger pour la sécurité ou la santé : signalement à la préfecture ou à la mairie pour procédure d'insalubrité
19. Zones tendues et encadrement des loyers
En France, deux mécanismes distincts limitent la liberté du bailleur sur le montant du loyer : la réglementation des zones tendues (qui encadre les hausses à la relocation) et l'encadrement des loyers (qui plafonne le loyer initial). Ces dispositifs s'appliquent cumulativement dans certaines villes.
Les zones tendues : qu'est-ce que c'est ?
Une zone tendue est une agglomération de plus de 50 000 habitants où l'offre de logements est nettement inférieure à la demande. Y sont applicables des règles spécifiques sur la révision du loyer entre deux locataires. La liste est fixée par décret (décret n° 2013-392 du 10 mai 2013) et comprend 28 agglomérations :
Règle de relocation en zone tendue
En zone tendue, lors d'un changement de locataire, le nouveau loyer ne peut pas dépasser le loyer du locataire précédent (hors révision IRL), sauf exceptions limitées :
- Si le logement n'a pas été loué depuis plus de 18 mois
- Si des travaux d'amélioration d'un montant au moins égal à la dernière année de loyer ont été réalisés depuis le dernier locataire
- Si le loyer précédent était manifestement sous-évalué (écart > 30 % par rapport au loyer de référence)
L'encadrement des loyers : un dispositif plus strict
L'encadrement des loyers va plus loin que la simple zone tendue : il plafonne le loyer initial selon un loyer de référence médian fixé par arrêté préfectoral, variable selon le quartier, la surface, le type de bien et l'époque de construction. Le mécanisme :
| Indice | Définition | Règle pour le bailleur |
|---|---|---|
| Loyer de référence minoré | Médian − 30 % | Sous ce seuil : locataire peut exiger une hausse |
| Loyer de référence médian | 50ᵉ percentile du marché | Référence de base |
| Loyer de référence majoré | Médian + 20 % | Plafond légal — le loyer ne peut pas dépasser ce seuil |
Un complément de loyer peut être exigé au-delà du loyer de référence majoré, mais uniquement pour des caractéristiques exceptionnelles de localisation ou de confort (vue exceptionnelle, terrasse privative, prestations haut de gamme) qui ne sont pas prises en compte par l'indice de référence. Ce complément doit être justifié dans le bail.
Villes où l'encadrement des loyers est en vigueur (2026)
| Ville / Zone | Depuis | Outil de vérification |
|---|---|---|
| Paris (75) | Juillet 2019 | encadrementdesloyers.fr |
| Lille, Hellemmes, Lomme | Mars 2020 | Plateforme officielle Lille Métropole |
| Plaine Commune (Seine-Saint-Denis) | Juin 2021 | Plateforme officielle |
| Lyon et Villeurbanne | Novembre 2021 | Plateforme officielle Lyon |
| Est Ensemble (Seine-Saint-Denis) | Décembre 2021 | Plateforme officielle |
| Montpellier | Juillet 2022 | Plateforme officielle Montpellier |
| Bordeaux | Juillet 2022 | Plateforme officielle Bordeaux |
| Grenoble | Mars 2023 | Plateforme officielle Grenoble |
| Pays Basque (Bayonne) | En cours 2024 | Plateforme à venir |
20. Garanties contre les loyers impayés : GLI, Visale et caution
Face au risque d'impayé, le propriétaire dispose de plusieurs mécanismes de protection cumulables ou alternatifs. Le choix dépend du profil du locataire, du type de bail et de l'appétence du bailleur pour la gestion administrative.
La caution solidaire (garant personnel)
C'est la garantie la plus ancienne et la plus répandue. Une personne physique (parent, ami) ou morale (employeur) s'engage à payer le loyer si le locataire défaille. Points clés :
- L'acte de cautionnement doit être manuscrit et mentionner précisément le montant garanti et la durée
- La caution simple permet d'actionner le garant seulement après avoir poursuivi le locataire — la caution solidaire permet de l'actionner dès le premier impayé
- Durée illimitée si le bail est à durée indéterminée, ou limitée à la durée du bail
- Interdit de cumuler caution personnelle + assurance GLI, sauf si le locataire est étudiant ou apprenti
La Garantie Visale (Action Logement) — gratuite
La Visale est une caution gratuite proposée par Action Logement. Elle couvre les loyers impayés pendant 36 mois consécutifs ou non sur toute la durée du bail. Conditions d'éligibilité du locataire :
| Profil locataire | Conditions | Plafond loyer couvert |
|---|---|---|
| Moins de 30 ans | Sans condition (hors propriétaires) | 1 500 €/mois IDF / 1 300 € ailleurs |
| Salarié 30 ans et + | En mobilité pro (CDI période essai, CDD, intérim, alternance) | 1 500 €/mois IDF / 1 300 € ailleurs |
| Bail mobilité | Tout locataire éligible bail mobilité | 1 500 €/mois IDF / 1 300 € ailleurs |
La Visale couvre aussi les dégradations locatives jusqu'à 2 mois de loyer (hors charges). Elle se souscrit sur visale.fr — le locataire obtient un visa avant la signature du bail.
L'assurance loyers impayés (GLI)
La GLI (Garantie des Loyers Impayés) est un produit d'assurance souscrit par le bailleur auprès d'un assureur privé. Elle offre une couverture plus large que la Visale mais est payante :
| Critère | GLI classique | Visale | Caution solidaire |
|---|---|---|---|
| Coût | 2,5 à 4 % des loyers annuels | Gratuit | Gratuit |
| Déductible (régime réel) | Oui | N/A | Non |
| Loyers impayés couverts | 12 à 36 mois | 36 mois | Illimité (si solvable) |
| Dégradations locatives | Oui (selon contrat) | Jusqu'à 2 mois | Non (pas automatique) |
| Frais de procédure | Souvent inclus | Non | Non |
| Cumul avec caution ? | Interdit (sauf étudiant) | Autorisé | N/A |
| Délai de carence | 1 à 3 mois | 0 | 0 |
| Critères locataire imposés | Oui (3 fois le loyer min.) | Oui (profils ciblés) | Non |
21. Bail meublé vs bail nu : le comparatif complet
Le choix entre location meublée et location nue est l'une des décisions les plus importantes pour un propriétaire bailleur. Les deux régimes diffèrent sur la quasi-totalité des aspects : durée, fiscalité, rendement, gestion et flexibilité.
| Critère | Location meublée | Location nue |
|---|---|---|
| Durée bail standard | 1 an (reconductible) | 3 ans (reconductible) |
| Bail étudiant | 9 mois possible | ⛔ Non disponible |
| Bail mobilité | 1-10 mois possible | ⛔ Non disponible |
| Préavis locataire | 1 mois | 3 mois (1 mois zone tendue) |
| Préavis propriétaire | 3 mois | 6 mois |
| Dépôt de garantie | 2 mois max. | 1 mois max. |
| Catégorie fiscale | BIC | Revenus fonciers |
| Abattement forfaitaire | 50 % (micro-BIC) | 30 % (micro-foncier) |
| Amortissement du bien | ✅ Oui (régime réel) | ⛔ Non |
| Déficit imputable sur revenu global | ⛔ Non (report illimité) | ✅ Oui (10 700 €/an max) |
| Loyer moyen vs nu | +15 à +30 % | Référence |
| Charges d'investissement initial | Meubles (1 000–5 000 €) | Nulles |
| Turnover locataire | Plus fréquent | Plus stable |
| Taxe CFE | ✅ Due (LMNP) | ⛔ Non due |
| DPE G interdit (2025) | ✅ Oui | ✅ Oui |
| Gel loyer logement F/G | ✅ Oui | ✅ Oui |
Quand choisir le meublé ?
- Votre bien est un studio ou T2 dans une grande ville ou ville universitaire
- Vous souhaitez une flexibilité maximale pour récupérer votre bien (bail 1 an ou 9 mois)
- Vous êtes au régime réel et souhaitez neutraliser la fiscalité sur les revenus locatifs
- Votre emprunt immobilier est récent (intérêts + amortissements = résultat nul ou négatif)
Quand choisir la location nue ?
- Votre bien est un T3 ou plus, loué à une famille souhaitant une stabilité longue
- Vous préférez ne pas investir dans l'ameublement ni gérer le renouvellement du mobilier
- Vous avez un déficit foncier important à imputer sur votre revenu global (travaux)
- Vous souhaitez une gestion minimale avec des locataires stables sur plusieurs années
22. Modèles de lettres de congé
Le congé (préavis) est l'acte par lequel le locataire ou le propriétaire met fin au bail à son échéance. Il doit être notifié par lettre recommandée avec accusé de réception, par remise en main propre contre récépissé, ou par acte d'huissier.
À envoyer par lettre recommandée avec AR. Le préavis d'1 mois court à compter de la réception.
À envoyer par LRAR au moins 3 mois avant la date d'échéance du bail. Le locataire bénéficie d'un droit de préemption.
Le motif de reprise doit être réel et sérieux. Préciser nominativement le bénéficiaire de la reprise.
23. Réparations : qui paie quoi ?
La répartition des charges de réparation entre bailleur et locataire est définie par la loi et le décret n° 87-712 du 26 août 1987 (pour les réparations locatives). Toute clause du bail qui s'y oppose est réputée non écrite.
| Élément | Locataire | Propriétaire | Précisions |
|---|---|---|---|
| Remplacement joint robinet | ✅ | Réparation locative classique | |
| Remplacement d'une chasse d'eau cassée | ✅ | Flotteur, mécanisme de chasse | |
| Remplacement d'une vitre brisée | ✅ | Sauf bris suite à vice de construction | |
| Entretien du chauffe-eau (détartrage) | ✅ | Entretien courant à charge du locataire | |
| Peintures et tapisseries abîmées | ✅ | Dégradation locative — hors usure normale | |
| Joints de fenêtres et volets | ✅ | Petite réparation à charge du locataire | |
| Remplacement d'un robinet vétuste | ✅ | Vétusté normale — charge propriétaire | |
| Remplacement du chauffe-eau (panne) | ✅ | Grosse réparation — charge propriétaire | |
| Réfection de toiture | ✅ | Art. 606 Code civil | |
| Remplacement chaudière collective | ✅ | Équipement collectif | |
| Dégâts des eaux par infiltration toiture | ✅ | Vice de construction ou vétusté | |
| Mise aux normes électriques | ✅ | Travaux de mise en conformité | |
| Remplacement d'un meuble usé | ✅ | En meublé : à charge du bailleur si vétusté | |
| Dégradation d'un meuble par le locataire | ✅ | Imputable sur le dépôt de garantie (grille vétusté) | |
| Nuisibles (punaises, rats) | Partagé | Partagé | Selon origine : locataire si apport, bailleur si infestation préexistante |
Le cas des meubles en location meublée
En location meublée, la répartition des réparations de mobilier obéit à une règle simple :
- Usure normale (vétusté) : à la charge du propriétaire, qui doit remplacer les meubles hors d'usage au fil du temps
- Dégradation locative (choc, tache, casse volontaire) : à la charge du locataire, imputable sur le dépôt de garantie avec application de la grille de vétusté
En pratique, si un canapé est neuf à l'entrée du locataire et présenté comme tel dans l'inventaire, toute dégradation anormale est à la charge du locataire. Si le même canapé a 8 ans (sur une durée de vie théorique de 10 ans), la vétusté de 80 % est déjà amortie : le propriétaire ne pourra prélever au maximum que 20 % de la valeur de remplacement.
FAQ — 47 questions sur le bail meublé
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