Mis à jour le 26 août 2026 — sources en fin d’article.
Meublé de tourisme classé : comment l’obtenir, ce que ça coûte, ce que ça rapporte
Un meublé de tourisme classé est un logement qu’un organisme indépendant a visité, noté sur une grille officielle et rangé dans une catégorie de 1 à 5 étoiles, pour cinq ans. La démarche est volontaire ; ce qui est obligatoire, c’est de déclarer le logement en mairie.
Au micro-BIC — le régime simplifié où le fisc efface d’office une part de vos loyers et n’impose que le reste —, cette part effacée, l’abattement, passe de 30 % à 50 % une fois le logement classé, et le plafond de recettes qui fait sortir du régime de 15 000 € à 83 600 € sur les recettes 2026 (article 7 de la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur).
Sur un studio qui encaisse 14 000 € en 2026, le classement économise 1 360 € d’impôt par an, pour une visite payée une seule fois — de l’ordre de 250 €, aucun tarif n’étant réglementé (Atout France). Le cadre général se lit dans le guide du meublé de tourisme en 2026.
Rédigé par Quentin Hagnéré
Expert en gestion de patrimoine — Fondateur de LMNP.AI et Hagnéré Patrimoine. CIF, COA, COBSP. Chaque article cité est relevé sur le code du tourisme dans sa version en vigueur.
Sommaire
1. Ce que le classement rapporte : 1 360 € par an sur un studio à 14 000 € de recettes
Le 1° bis de l’article 50-0 du CGI vise les meublés de tourisme non classés : 30 % d’abattement, sortie du micro-BIC dès 15 000 € de recettes. Le 2° vise tout le reste — meublés classés, chambres d’hôtes, locations à l’année : 50 %, et le plafond général du micro-BIC.
| Situation | Abattement | Recettes 2025 | Recettes 2026 |
|---|---|---|---|
| Meublé de tourisme classé | 50 % | 77 700 € | 83 600 € |
| Meublé de tourisme non classé | 30 % | 15 000 € | 15 000 € |
Plafonds de recettes, art. 50-0 du CGI, version au 1er juillet 2026 (décret n° 2026-562 du 29 juin 2026).
Le même studio, deux fois. Recettes 2026 : 14 000 €, tout ce qui est encaissé, sans rien déduire. Le propriétaire est dans la tranche à 30 % — le taux qui frappe son dernier euro de revenu, pas la moyenne. S’y ajoutent les prélèvements sociaux, la CSG et ses satellites : 18,6 % du bénéfice imposable, soit 48,6 % au total.
Le même studio, 14 000 € de recettes 2026
- Classé : 50 % effacés, 7 000 € imposables → 2 100 € d’impôt + 1 302 € de prélèvements sociaux = 3 402 €.
- Non classé : 30 % effacés, 9 800 € imposables → 2 940 € + 1 822,80 € = 4 762,80 €.
- Écart : 1 360,80 € par an, soit 6 804 € sur les cinq ans du classement.
Ce taux de 18,6 % a été relevé par la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (art. 12) : les 17,2 % encore souvent cités ne visent plus que la location nue et les plus-values immobilières.
Au-delà de 15 000 €, ce n’est plus un écart d’impôt : c’est un changement de régime. Un T2 à 24 000 € de recettes 2026 reste au micro-BIC s’il est classé — 12 000 € imposables, 5 832 € à payer. Non classé, il bascule au régime réel : comptes annuels et liasse n° 2031, mais aussi le droit de déduire l’amortissement, l’usure comptable du logement retirée du bénéfice chaque année sans rien débourser. Comparez les deux et lisez les règles du micro-BIC. Côté déclaration : les recettes se portent brutes sur la 2042 C PRO, sans retirer l’abattement — c’est l’administration qui l’applique. Case 5NG pour les meublés de tourisme classés et les chambres d’hôtes, case 5NH pour les non classés (5OG et 5OH pour le déclarant 2). Une location meublée classique, à l’année, relève d’une troisième case, la 5NI : ne l’y mélangez pas (impots.gouv.fr, rubrique Location meublée). Voir aussi fiscalité Airbnb 2026.
3 402 EUR classe, 4 762 EUR non classe. Et sur votre bien ?
LMNP.AI compare micro-BIC et regime reel sur vos chiffres, calcule vos amortissements et teletransmet la liasse 2031. A partir de 179 EUR par an.
2. La procédure : une visite, un certificat sous un mois, un classement acquis par silence
Le classement ne se demande ni à la mairie ni à l’État, mais à un organisme évaluateur : une entreprise privée accréditée par le COFRAC, l’organisme public qui certifie les certificateurs, ou détentrice d’un agrément obtenu au 22 juillet 2009 (art. L. 324-1 et D. 324-2 à D. 324-6 du code du tourisme). Atout France publie la liste des organismes et tient la grille, mais ne classe personne.
- Choisir l’organisme : aucun monopole géographique, faites jouer les devis.
- Déposer la demande auprès de lui (art. D. 324-3).
- La visite, en votre présence ou celle d’un mandataire : une à deux heures.
- Le certificat de visite. L’organisme a un mois pour vous le remettre : rapport de contrôle, grille remplie, proposition de classement (art. D. 324-4).
- Les quinze jours. Vous avez ensuite quinze jours pour refuser cette proposition. Si vous ne dites rien, le classement est acquis, pour cinq ans — six semaines au plus après la visite.
- Après la décision. L’organisme transmet les classements une fois par mois (art. D. 324-5). Vous, vous affichez la décision à l’intérieur du logement (art. D. 324-6) et corrigez votre déclaration en mairie, qui doit porter le niveau de classement (art. D. 324-1-1).
3. La grille : 133 critères, et une poignée qui font tout rater
La grille est officielle : annexe I de l’arrêté du 2 août 2010, réécrite par l’arrêté du 24 novembre 2021 et appliquée à toutes les visites depuis le 1er février 2022. 133 critères, en trois chapitres : équipements et aménagement, services au client, accessibilité et développement durable.
Quatre statuts : X obligatoire, O à la carte, X ONC obligatoire et non compensable, PRQ prérequis. Un seul critère non compensable manquant fait échouer la visite, quel que soit le total des points. Celui qui recale le plus de studios, c’est la surface : elle est classée PRQ dans les cinq catégories, et se mesure cuisine ou coin cuisine compris, hors salle d’eau et toilettes, pour un logement d’une pièce accueillant 1 à 2 personnes (annexe I, chapitre 1.1) :
| Catégorie | Surface minimum |
|---|---|
| 1 étoile | 12 m² |
| 2 étoiles | 14 m² |
| 3 étoiles | 18 m² |
| 4 étoiles | 20 m² |
| 5 étoiles | 26 m² |
Annexe I de l’arrêté du 2 août 2010, tableau réécrit par l’arrêté du 24 novembre 2021, version en vigueur depuis le 1er février 2022.
Une tolérance de 10 % joue pour les seules catégories 3, 4 et 5 étoiles (annexe I, colonne « Précisions ») : le plancher réel tombe à 16,2 m² en 3 étoiles, 18 m² en 4 étoiles, 23,4 m² en 5 étoiles — un studio de 17 m² franchit donc la barre des 3 étoiles. Deux garde-fous : seules comptent les surfaces situées sous une hauteur de plafond d’au moins 1,80 m, et le prérequis d’habitabilité reste dû en toute hypothèse — 9 m² si la cuisine est séparée, 12 m² s’il existe un coin cuisine. En revanche, le nombre d’étoiles ne change rien à votre impôt : une étoile ouvre le même abattement de 50 % que cinq. Viser haut n’a d’intérêt que commercial — et fait monter la taxe de séjour que paieront vos voyageurs.
4. Le prix de la visite, et pourquoi il ne coûte presque rien au réel
Aucun tarif n’est réglementé : ni le code du tourisme ni l’arrêté du 2 août 2010 ne fixent le coût de la visite, qui relève de la liberté des prix (art. L. 410-2 du code de commerce). Atout France le confirme : « le coût de la visite est à la charge des exploitants — les tarifs pratiqués sont libres ». Aucune autorité ne publiant de fourchette, les 150 à 350 € TTC souvent cités sont un ordre de grandeur d’usage, pas un barème. Demandez deux ou trois devis : c’est une dépense unique, pour cinq ans (art. D. 324-4 du code du tourisme).
Au régime réel, la facture se retranche entièrement du bénéfice de l’année où vous la payez : des honoraires, une charge comme une autre (art. 39, 1 du CGI). Le mobilier acheté pour les critères se déduit en une fois sous 500 € hors taxes et s’amortit au-delà (le régime réel en LMNP). Au micro-BIC, rien à déduire : l’abattement de 50 % est réputé couvrir tous vos frais.
En combien de temps la visite est-elle remboursée ? Faute de barème, le calcul qui suit part d’une hypothèse : 250 € de visite et 600 € de mobilier, soit 850 €. L’écart d’abattement du studio ci-dessus rapporte 1 360,80 € par an, soit 113 € par mois : la dépense est effacée en moins de huit mois. Refaites-le avec vos propres devis.
5. La taxe de séjour cesse d’être un pourcentage et devient un tarif par nuitée
La taxe de séjour est due par le voyageur : vous la collectez et la reversez à la commune. Non classé, elle vaut 1 % à 5 % du prix de la nuitée par personne selon le vote de la collectivité, dans la limite du tarif le plus élevé voté par cette même collectivité (art. L. 2333-30 du CGCT, version en vigueur depuis le 16 février 2025). L’ancien plafond aligné sur les hôtels 4 étoiles a été supprimé par la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 (art. 101) : un meublé non classé peut désormais être taxé jusqu’à 4,90 € par personne et par nuit là où la commune a voté ce tarif. Classé, elle devient un montant fixe par personne et par nuit, selon la catégorie (barème 2026 de la DGCL).
| Catégorie | Plafond 2026, par personne et par nuitée |
|---|---|
| 5 étoiles | 3,60 € |
| 4 étoiles | 2,60 € |
| 3 étoiles | 1,70 € |
| 2 étoiles | 1,00 € |
| 1 étoile | 0,80 € |
| Non classé | 1 % à 5 % de la nuitée, plafonnés au tarif le plus élevé voté par la commune |
Ce sont les plafonds nationaux 2026 : la commune vote en dessous, et des taxes additionnelles s’y ajoutent. La ligne « palaces », à 4,90 €, ne concerne que l’hôtellerie — mais elle devient la limite du non classé dans une commune qui l’a votée.
Exemple. Une nuit à 150 € pour deux adultes, soit 75 € par personne. Non classé au taux plein de 5 %, le calcul donne 3,75 € par personne, soit 7,50 € la nuit dès lors que la commune a voté un tarif au moins égal à 3,75 €. Classé 3 étoiles : 3,40 €. Sur 100 nuitées à deux, 750 € contre 340 € — 410 € qui restent dans la poche de vos voyageurs, pas dans la vôtre. L’avantage s’inverse d’ailleurs sur les nuitées bon marché : à 30 € par personne, 5 % font 1,50 €, moins que le forfait d’un 3 étoiles. Détail dans la taxe de séjour en location meublée.
6. CFE et taxe foncière : deux exonérations qui dépendent de votre commune, pas de vos étoiles
La CFE d’abord. La cotisation foncière des entreprises est l’impôt local de toute activité professionnelle, même une seule location meublée. Le 3° de l’article 1459 du CGI en exonère les meublés classés (le b) comme non classés (le c), à une même condition : le logement doit faire partie de l’habitation personnelle du loueur. L’exonération joue alors toute seule, sauf délibération contraire de la commune — qui peut délibérer séparément sur les deux.
La condition qui coince. L’habitation personnelle, c’est un logement que vous occupez vous-même, en résidence principale ou secondaire, en dehors des périodes de location (BOI-IF-CFE-10-30-30-50, § 175). Un appartement acheté pour être loué n’en fait pas partie : il paie la CFE, classé ou non. La cotisation minimum va de 250 à 7 769 € en 2026 ; seules des recettes de 5 000 € ou moins en dispensent (art. 1647 D du CGI). Voir la CFE du loueur en meublé et le simulateur.
La taxe foncière ensuite. L’article 1383 E bis du CGI permet à une commune d’exonérer les meublés classés situés en zone France Ruralités Revitalisation, le zonage rural qui a remplacé les ZRR. Sans délibération, rien — et les anciennes délibérations ZRR ont cessé de produire effet au 1er janvier 2025.
7. Ce que le classement ne vous dispense pas de faire
Le classement est un label de confort, ni une autorisation ni un bouclier. Trois obligations demeurent.
- L’enregistrement en mairie, dû dans toutes les communes depuis le 20 mai 2026 (art. L. 324-1-1, III du code du tourisme), le niveau de classement devant y figurer. Le téléservice national n’est pas encore ouvert aux loueurs : la direction générale des entreprises annonce sa mise en service pour le 4e trimestre 2026 (DGE, API meublés — calendrier prévisionnel, juillet 2026). En attendant, on déclare selon la procédure de sa commune : Cerfa 14004*04 ou téléservice communal. Louer sans être enregistré expose à 10 000 € d’amende au plus, prononcée par la commune sans juge (art. L. 324-1-1, V) — 20 000 € en cas de fausse déclaration ou d’usage d’un numéro frauduleux. Voir l’enregistrement d’un meublé en mairie.
- Le changement d’usage : l’autorisation de transformer un logement d’habitation en meublé touristique, exigée dans les villes qui l’ont instaurée. Aucune étoile n’en tient lieu, et s’en passer coûte jusqu’à 100 000 € par logement depuis le 21 novembre 2024 (art. L. 651-2 du code de la construction et de l’habitation). Voir la réglementation ville par ville.
- Le règlement de copropriété, qui peut interdire la location de courte durée : aucun classement ne l’écarte. Voir meublé de tourisme et copropriété.
8. Pour aller plus loin
Trois gestes, dans l’ordre.
- Avant de payer, vérifiez la délibération de votre commune sur la CFE si c’est votre seul motif — un bien acheté pour louer n’est pas concerné.
- Demandez la visite avant le 31 décembre. L’abattement de 50 % vaut pour les loyers encaissés après la décision ; l’exonération de CFE ne démarre qu’au 1er janvier suivant.
- Dès la décision reçue, mettez à jour votre déclaration en mairie et affichez-la dans le logement. Le classement s’éteint au bout de cinq ans : notez la date.
Mise à jour : 26 août 2026. Sources : Légifrance — code du tourisme art. L. 324-1, L. 324-1-1, D. 324-1-1 à D. 324-6 et R. 324-7 ; CCH art. L. 651-2 ; arrêté du 2 août 2010 modifié par l’arrêté du 24 novembre 2021 (annexe I) ; CGI art. 39, 50-0, 1383 E bis, 1459 et 1647 D ; CGCT art. L. 2333-30 (version en vigueur depuis le 16 février 2025) ; code de commerce art. L. 410-2 ; loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, art. 7 ; loi n° 2025-127 du 14 février 2025, art. 101 ; loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, art. 12 ; décrets nos 2026-196 et 2026-197 du 19 mars 2026 ; décret n° 2026-562 du 29 juin 2026 ; DGE — API meublés ; impots.gouv.fr — location meublée ; BOFiP BOI-IF-CFE-10-30-30-50 et BOI-IF-TFB-10-50-50-60 ; barème de taxe de séjour 2026 (DGCL) ; Atout France.
Guide informatif. Les tarifs de visite ne sont pas réglementés et les délibérations communales varient : vérifiez auprès de votre mairie.
Classé ou non classé, micro ou réel : le calcul sur vos chiffres
lmnp.ai tient votre comptabilité de meublé de tourisme, calcule vos amortissements, génère la liasse 2031 et la télétransmet au SIE. À partir de 179 € par an.